«If You Leave» de Daughter | Bible urbaine

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«If You Leave» de Daughter

«If You Leave» de Daughter

Se loger dans un lyrisme triste et confortable

Publié le 29 avril 2013 par Valérie Collette

Crédit photo : Glassnote

Après les maxis His Young Heart et The Wild Youth, voilà que la formation Daughter nous offre If You Leave, un album complet où l’on ressent une certaine évolution chez le groupe, une sincérité ainsi qu'une maturité qui démentent leur jeunesse à travers une année mouvementée. Une profondeur troublante, une ambiance vaporeuse et une littérature unique qui nous englobent, rien de moins.

Depuis les débuts de Daughter en 2010, ce qui nous frappe de plein fouet à chaque écoute c’est la puissance de la voix d’Elena Tonra; celle-ci nous effleure, nous donne la chair de poule, nous fait pleurer et réfléchir. Le temps reste en suspens et il se crée une ambiance bouleversante, voire enveloppante. C’est en effet ce qu’on retrouve avec If You Leave. Le trio, établi à Londres et formé d’Elena Tonra, Igor Haefeli et Rémi Aguilella nous transporte carrément dans cette ambiance mythique digne des soirées pluvieuses et brumeuses, où l’on tente de s’y perdre; et c’est exactement ce qu’on ressent dès la première chanson, «Winter».

Le single de cet album, «Still», nous transpose bien ce que l’opus nous procure: une douceur délicate, presque froide nous emporte, puis on apprend à lâcher-prise au fil que la musique avance en se laissant bercer par la voix diffuse d’Elena, avant que les arrangements vaporeux et faussement calmes nous traversent. Contrôlant à la perfection deux hémisphères émotionnels au long de l’album, on apprend à se loger dans ce lyrisme à la fois triste et confortable. Chacune des pièces évolue dans le même sens en nous apportant une profondeur à chaque écoute.

On apprécie la pièce «Human», un peu plus à l’écart des autres morceaux, comme si on sortait pendant quelques minutes de cette mélancolie englobant l’album. La littérature d’Elena y reste profonde, mais la batterie maitrisée par Rémi Aguilella nous fait danser et bouger d’une belle façon. Puis l’album se termine par «Shallows», complétant parfaitement la boucle de If You Leave. Il ne nous reste plus qu’à fermer les yeux et se laisser emporter.

On ne peut passer à côté de la superbe collaboration de Rodaidh McDonald (ingénieur de son pour The XX, The Horrors et Adele), lequel accompagne le guitariste Igor Haefeli à la production. Ce nouvel album de Daughter est délicieux, c’est un de ceux-là qu’on ne veut jamais terminer, qu’on souhaite mettre en boucle des heures durant, et qu’à chaque fois l’écoute est différente et nous fait vivre une émotion unique.

If You Leave sera en magasin dès le 30 avril. Daughter sera en spectacle le 6 mai prochain au Café Campus de Montréal avec l’invité spécial Wilsen. Les billets se vendent 17,50 $ chacun. Un rendez-vous à ne pas manquer!

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