«In Rolling Waves» de The Naked and Famous | Bible urbaine

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«In Rolling Waves» de The Naked and Famous

«In Rolling Waves» de The Naked and Famous

Un détour obligé vers des sonorités intemporelles

Publié le 9 octobre 2013 par Éric Dumais

Crédit photo : Polydor

Comme une fleur atteignant la maturité, les membres de The Naked and Famous, après l’ambitieux Passive Me, Aggressive You (2011), ont étalé au grand jour leurs gammes chromatiques pour revenir en force avec une pop électronique et mélancolique qui nous offre à entendre une douzaine de chansons teintées d’une nuance sombre mais poétique.

Originaire de la Nouvelle-Zélande, la chanteuse Alisa Xayalith et ses musiciens Thom Powers, David Beadle et Aaron Short n’ont pas hésité à bien s’entourer pour offrir aux mélomanes une musique qui allait davantage demeurer dans les esprits. C’est la raison pour laquelle Powers et Short ont accepté la collaboration précieuse de Justin Meldal-Johnsen (Beck, Nine Inch Nails) sur les pièces «I Kill Giants» et «The Mess», ce qui a eu pour résultat de propulser les sonorités pop de The Naked and Famous vers des territoires plus sombres et alternatifs.

La signature intimiste d’In Rolling Waves a provoqué un sérieux changement de cap à cette formation qui s’est d’abord fait connaître avec ses mélodies pop électroniques ultra catchy qui ont pourtant permis à des groupes tels que Chvrches ou Icona Pop d’atteindre la gloire. Plutôt que de suivre leurs traces et d’offrir des sonorités sans âme, c’est-à-dire plus entraînantes mais moins recherchées, The Naked and Famous s’est penché sur la réalisation de pièces intemporelles qui allaient isoler les différentes forces de chacun.

«A Stillness», la pièce d’ouverture de ce second opus, fait étalage d’ambiances électroniques davantage songées qui dressent la table de belle façon. Le chant d’Alisa Xayalith s’est modéré au profit d’un ton doucereux qui rejoint celui d’Amy Kirkpatrick de la formation Data Romance. Exit la voix fluette des débuts: le caractère de The Naked and Famous s’est tempéré tant au niveau vocal que musical, démontrant par le fait même une maturité qui fait un grand bien à leur image. Par contre, lorsque la chanteuse pousse la note, on retrouve néanmoins le caractère puéril des deux formations citées ci-haut, mais réjouissons-nous: au moins on a pas droit à deux voix stridentes dans nos tympans, comme c’est le cas avec le duo suédois Icona Pop.

L’engouement pop n’a pas pour autant perdu sa drive. Les pièces «Hearts Like Ours», «Rolling Waves» et «I Kill Giants» témoignent d’un désir de rester fidèles à leurs racines, avec un lot de refrains accrocheurs et de voix en chœurs qui dynamisent un ensemble plus terne mais musicalement riche en émotions. L’évolution s’est davantage faite au niveau des pièces «Waltz», «The Mess» et «Grow Old», au sein desquelles les voix de Powers et Xayalith se marient pour offrir un ensemble ressemblant ici et là à The XX (pour l’alternance des voix masculine-féminine) ou Crystal Castles (pour les effets appliqués sur la voix).

C’est donc à un bel équilibre de pièces tantôt accrocheuses, tantôt introspectives, que les membres de The Naked and Famous nous convient avec In Rolling Waves. C’est, malgré la grisaille de certaines pièces, l’album idéal pour se réchauffer l’âme un soir d’automne.

The Naked and Famous seront de passage au Centre Bell de Montréal en première partie de la formation Imagine Dragons le lundi 3 mars 2014.

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