Le flamenco au bout des doigts avec la guitariste passionnée Caroline Planté | Bible urbaine

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Le flamenco au bout des doigts avec la guitariste passionnée Caroline Planté

Le flamenco au bout des doigts avec la guitariste passionnée Caroline Planté

Entrevue avec la cofondatrice du Festival Flamenco de Montréal

Publié le 9 septembre 2015 par Morgane De Capèle

Crédit photo : Dominique Soulard

Caroline Planté est guitariste, compositrice, professeure, mais surtout passionnée. Rencontrée un soir d’hiver au Snack N' Blues, il a fallu deux phrases avant qu’elle me parle avec une sincérité captivante de son rapport au flamenco. La jeune femme témoigne d’une effervescence créative et hors du commun, ainsi que d’une volonté de diffusion et de partage des plus fortes. Contactée par e-mail, elle raconte, entre deux avions européens, son histoire, depuis les leçons de guitare données par son père au Festival Flamenco de Montréal, dont elle est la cofondatrice.

Tu es actuellement en tournée en Europe. Comment ça se passe pour toi? Ensuite le Festival, et hop tu repars?

«Ça se passe très bien. J’ai fait des spectacles au Mela Festival à Édimbourg avec la compagnie La Otra Orilla. Nous avons présenté Moi&lesAutres, la nouvelle création de la compagnie, dont j’ai composé la musique. Je suis maintenant à Madrid jusqu’au 10 septembre. Le Festival Flamenco Montréal a débuté le 5 septembre et je serai de retour à Montréal pour le spectacle de clôture le 11 septembre. Je repars ensuite pour Toronto le 21 pour répéter avec Esmeralda Enrique Spanish Dance Company, avec qui je ferai des spectacles à Vancouver et à Toronto à la fin septembre et en octobre.»

Parle-moi de ta rencontre avec la guitare et le flamenco? Il n’y a pas de règles, mais c’est plutôt inhabituel pour une Québécoise d’en faire sa vie.

«Mon père est guitariste flamenco, je suis donc née en écoutant du flamenco et j’ai commencé à jouer à l’âge de 7 ans. C’est inhabituel, oui, mais comme le flamenco fait partie de ma vie depuis toujours, pour moi ça s’est fait de façon plutôt naturelle.»

Qu’est-ce qui te séduit dans cet art?

«La musique, la complexité des rythmes, le mélange d’influences d’autres musiques (indienne, arabe, africaine, etc.), le partage avec les autres musiciens, la sensibilité, le travail d’équipe, qui fait partie du flamenco, et l’écoute qui se développe entre chaque membre du groupe (que ce soit la danse, le chant, la percussion, etc.).»

Comment as-tu bâti ta carrière?

«Après avoir travaillé professionnellement pendant plus de 10 ans avec plusieurs troupes de Montréal en tant que guitariste et compositrice, j’ai commencé à aller me perfectionner en Espagne en 2001 grâce à des bourses du Conseil des Arts du Canada et du Conseil des Arts et Lettres du Québec. J’ai ensuite passé presque 10 années en Espagne, dont 8 ans et demi à Madrid au sein de la cie Cruceta Flamenco du chorégraphe et danseur Mariano Cruceta avec qui j’ai partagé six spectacles, un court-métrage et aussi mon disque 8reflexiones, qui a aussi été enregistré et réalisé à Madrid. Le fait d’être si bien entourée et dans le pays d’où vient le flamenco a évidemment grandement contribué à la carrière que j’ai aujourd’hui.»

Comment s’affirme une femme en tant que guitariste dans la tradition flamenco? Et en tant qu’étrangère?

«J’ai eu la chance de travailler avec des gens ouverts avec qui j’ai aussi beaucoup appris. Je m’exprime en tant qu’artiste avant tout et le fait d’être une femme dans un milieu majoritairement d’hommes m’a amené à vouloir mettre l’accent sur qui je suis à travers mes compositions. Évidemment, le fait d’être une femme guitariste et en plus, étrangère, m’a amené à vivre certaines expériences qui pourraient être considérées discriminatoires, mais comme je l’ai dit précédemment, j’ai eu la chance d’être bien entourée en Espagne et de travailler avec des gens qui ont vu la musicienne au-delà de l’image de la femme guitariste de flamenco étrangère».

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