«Lendemains», le mini-album des sœurs Boulay | Bible urbaine

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«Lendemains», le mini-album des sœurs Boulay

«Lendemains», le mini-album des sœurs Boulay

Désillusion amoureuse et musique berçante

Publié le 2 novembre 2016 par Isabelle Lareau

Crédit photo : Grosse Boîte / Jeanne Joly et Eli Bissonnette

Ce mini-album numérique va assurément ravir les admirateurs qui attendent impatiemment de nouvelles pièces du duo. Après le succès des opus Le poids des confettis et 4488 de l’Amour, Stéphanie et Mélanie sont devenues des favorites de la scène québécoise. Les musiciennes ont décidé, de façon impulsive, d’offrir quatre nouvelles compositions dès maintenant plutôt que d’attendre l'arrivée d'un disque complet.

Le résultat est quelque peu surprenant; beaucoup moins folk que les parutions précédentes, les sœurs y révèlent un certain chagrin. À l’aube de la trentaine, elles constatent que l’amour peut être une source de tracas. Lendemains est un regard lucide sur la désintégration de l’espoir amoureux.

«Déjeuner», écrite par leur collaborateur Philippe B (lequel a réalisé l’offrande), est une ode à la temporalité d’une relation, entre le début où un couple apprend à se connaître et le moment où la/le protagoniste se demande quand se terminera le cheminement en commun.

«Mamie, mamie» est la confession d’une jeune femme qui explique qu’elle n’ose présenter à sa grand-mère son amoureux, soupçonnant que l’idylle sera éphémère, comme d’autres auparavant. Cet écho à un mal que l’on associe à notre époque risque de résonner auprès des femmes qui, malgré leur désir de fonder une famille, ne savent pas si ce souhait se concrétisera. Le tout est chanté simplement, avec une analogie qui frappe droit dans le mille: «C’est comme les bijoux d’oreille, on sait qu’on peut les enlever, pour dormir ou juste pour changer».

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Le morceau «La moitié de toi qui dort», pour sa part, relate le point de vue d’une personne qui constate qu’elle n’est plus au même diapason que son amoureux, qu’elle est déjà rendue à l’étape suivante. L’aspect jazzé de la pièce, grâce au jeu de batterie, soutenue par les chœurs qui procurent un sentiment de vacances, confèrent un air enjoué à celle-ci. Il s’agit du titre le plus joyeux de ce mini-album.

La dernière chanson est délicieuse et mélancolique, le piano y accentue le sentiment de tristesse avec brio. Les sœurs Boulay explorent l’implosion d’une histoire vouée à l’échec. Les deux amants, désirant tous deux des choses différentes, se retrouvent avec un cœur émietté lorsque la fin inévitable se produit. S’ensuit la résolution d’une reconstruction d’une âme qui se sent dès lors souillée.

Cet opus, axé sur les harmonies vocales des deux chanteuses, est particulièrement tranquille et paisible. Les deux premiers extraits sont peut-être trop doucereux, la guitare acoustique étant le seul instrument, le rythme étant définitivement d’une grande lenteur. En ce qui concerne les deux derniers titres, ceux-ci sont plus dynamiques et plus riches sur le plan sonore.

Lendemains est un chapitre quelque peu différent au cœur du parcours des sœurs et musiciennes, mais il appartient définitivement à leur belle histoire.

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