Les 45 ans de «Tago Mago» du groupe allemand Can | Bible urbaine

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Les 45 ans de «Tago Mago» du groupe allemand Can

Les 45 ans de «Tago Mago» du groupe allemand Can

L'album phare n'a pas pris une ride!

Publié le 24 mars 2016 par Édouard Guay

Crédit photo : United Artists

Janvier 1971, Cologne, en Allemagne. Privé des services de son chanteur Malcolm Mooney, le groupe Can recrute Damo Suzuki, un jeune artiste de rue japonais, et se retire au château de Cologne pour composer leur troisième album. Sans jamais se concerter sur un quelconque fil conducteur, les musiciens enfilent les expérimentations et les séances d’improvisations. Cette suite ininterrompue de jams spontanés puis retravaillés durera plus d’un mois et mènera à un album double si dense et important qu’on en mesure encore l’ampleur 45 ans plus tard.

Guidé par l’éclair de génie de Suzuki, le groupe conserve toute la pureté et l’authenticité de leurs transes musicales où chaque note a son importance, dans une œuvre avant-gardiste et multiforme, qui s’écoute comme un long voyage cosmique. Chaque morceau se déconstruit, tantôt mélodieux, tantôt chaotique. La première partie, plus accessible et harmonieuse est brisée par la progressive «Halleluhwah», une pièce de 18 minutes, qui marque la transformation vers une seconde identité: Can nous invite dans les confins de notre subconscient avec «Aumgm», une troublante messe noire, basculant vers l’anarchie sonore la plus totale.

Si l’œuvre est marquante, c’est pour la qualité de ses compositions et pour sa diversité musicale, passant allègrement de rock psychédélique, au jazz, au blues ou à l’électronique. Tago Mago s’est ainsi imposé comme un album phare des années 1970. L’aura de mystère qui l’entoure intrigue également, le groupe a d’ailleurs toujours refusé d’expliquer le sens des paroles et du titre.

Tantôt méditatif, tantôt sombre ou lumineux, Can a su aller plus loin que le krautrock qui le définissait auparavant, en créant des textures sonores uniques, qui serviront d’influence à des artistes comme Radiohead, Public Image Ltd, Talk Talk, Primal Scream ou The Jesus and Mary Chain.

Si le groupe n’a jamais pu égaler ce génie improbable par la suite, il a néanmoins ouvert toute grande la porte du rock alternatif et du krautrock, malgré la forte concurrence de Kraftwerk à la même époque. Il faudra plus de vingt ans avant que l’œuvre puisse se hisser parmi les incontournables. Réédité en 2004, Tago Mago a bénéficié d’une seconde vie, de nouveaux fans ayant découvert ce brillant produit d’une époque éclatée que l’on ne reverra pas de sitôt!

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