«Les dépêches musicales» de Bible urbaine – Octobre 2018 | Bible urbaine

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«Les dépêches musicales» de Bible urbaine – Octobre 2018

«Les dépêches musicales» de Bible urbaine – Octobre 2018

Électro, encore et toujours!

Publié le 9 octobre 2018 par Isabelle Lareau

Crédit photo : Montage: Isabelle Lareau

Une musicienne du collectif Broken Social Scene nous prouve, encore une fois, son immense talent grâce à ses chansons oniriques. Une artiste électro montréalaise nous démontre tout son savoir-faire ainsi que son énergie brute, et un duo français nous charme autant par sa voix que son clin d’œil aux années 80.

Les découvertes et les nouveautés

 

Working Class Woman – Marie Davidson

Paru le 5 octobre, il s’agit ici du quatrième disque solo de cette artiste électro qui peut, par son attitude et sa musique hétéroclite, faire penser à Peaches ou à Princess Superstar. Sur Working Class Woman, la musicienne montréalaise explore les aléas de la vie d’artiste, les difficultés reliées à la vie en tournée et le moment où l’on commence à acquérir une certaine reconnaissance tout en éprouvant le syndrome de l’imposteur.

Avec un ton parfois défiant («Your Biggest Fan», «Work It»), parfois très chantant et rythmé («So Right»), elle vogue sur cet album avec une assurance digne du dicton «prétendez-le jusqu’à ce que vous le deveniez» (fake it until you make it); tout porte à croire qu’elle est très près de son but.

Plutôt introspective et avec beaucoup d’autodérision, elle revisite ses états d’esprit, son année à Berlin, mais aussi l’anxiété qu’elle ressent face à la musique électronique et à la culture des clubs. Ses inspirations sont variées et oscillent entre l’Italo Disco, le proto-industriel et l’électro. Elle parvient à créer un mélange solide et sans fissure, un son très brut et agressif, mais terriblement captivant. L’auditeur sera séduit par le fait qu’elle incorpore des paroles très personnelles à sa musique, ce qui fait en sorte qu’il est plus facile de s’identifier à la musicienne et à son monde.

De plus, elle fait preuve d’originalité en optant, sur certains morceaux, pour le texte parlé. Il y a également des extraits instrumentaux, dont «Burn Me», qui est légèrement trance, alors que «Workaholic Paranoid Bitch» est particulièrement dense et possède des accents industriels.

Cette offrande est vivante et enlevante, les titres sont énergiques, parfaits pour le plancher de danse.

Les revenants d’entre les morts

 

La Force – La Force

Ariel Engle de Broken Social Scene ose un premier projet solo sous la dénomination La Force. Cet album se devait d’être, au début du moins, une collaboration avec son époux et collègue de BSS, Andrew Whiteman (ils font également équipe dans le duo AroarA). Éventuellement, les deux artistes réalisèrent que cette offrande fonctionnerait mieux si Engel était la seule maîtresse. Considérant qu’elle a une affection immense pour les chanteuses aux voix singulières, peut-être qu’un opus solo s’inscrit davantage dans son évolution en tant qu’artiste féminine. Son nom d’artiste est très révélateur.

Cela ne l’a pas empêché de faire appel aux musiciens et amis Charles Spearin (Broken Social Scene) Warren Spicer (Plants & Animals) et Nyles Spencer, ainsi qu’aux musiciens d’Apostle of Hustle, de Suuns et des Barr Brothers. Les textes sont inspirés par sa vie personnelle; elle se questionne autant sur les réseaux sociaux et la façon de redéfinir des souvenirs («TBT») que sur l’immigration («Ready To Run»), la naissance de sa fille et le décès de son père («Lucky One»). «Can’t Take» a un jeu de basse qui nous rappelle la vague cold wave, tandis que «The Tide» a un rythme doux et entraînant avec des saveurs électro. «TBT» laisse à entendre des sonorités obnubilantes et «Ready To Run», pour sa part, des airs plus rétros.

Les textures musicales sont aussi variées, alternant entre le synthé pop et les sonorités légèrement plus dépouillées. Sa voix, si délicate, mystérieuse et éthérée par moments, rayonne sur ce disque homonyme, lancé en septembre dernier.

À surveiller ce mois-ci:

 

The Dog And The Future – Agar Agar

Le duo parisien a présenté, le 28 septembre, son deuxième album en carrière. Après des débuts remarqués en Europe grâce à un premier album intitulé Cadran (2016) et un premier extrait «Prettiest Virgin», Clara Cappagli et Armand Bultheel charment par leur pop électro inspirée des années 80, joliment peaufinée et lascive.

Voulant créer des chansons qui permettent à l’auditeur d’avoir «un pied sur le plancher de danse», leur musique est un amalgame de textures douces, de rythmes hop la vie et d’instants plus contemplatifs («Duke», «Requiem» et «Schlaflied Für Gestern»).

La voix chaleureuse et profonde de Cappagli (qui chante en anglais) est très agréable. Son registre lui permet de chanter de différentes manières et d’offrir une certaine variété, ce qui constitue un élément fort appréciable. Le tout est accentué par le synthétiseur de Bultheel, qui offre un jeu à la fois moderne et disco.

«Lost Dog» est plutôt rigolote avec ses paroles et sa batterie, et «Sorry About The Carpet» a un petit côté sombre, illustré par la façon de chanter et les notes répétitives, marquant ainsi une certaine nonchalance enivrante. «Fangs Out» est un tantinet mélancolique tout en étant captivante et «Shivers», avec ses sonorités saturées par moments, et les variations de la voix en font un titre légèrement lugubre.

Cette offrande convient davantage aux fins de soirée qu’au plancher de danse cependant.

Surveillez la prochaine chronique «Les dépêches musicales» de Bible urbaine le 5 novembre 2018. Découvrez nos suggestions des mois passés au www.labibleurbaine.com/Lesdépêchesmusicales.

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