Lumineux Julien Doré: découvrez une pop sensible et conscientisée avec «aimée» | Bible urbaine

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Lumineux Julien Doré: découvrez une pop sensible et conscientisée avec «aimée»

Lumineux Julien Doré: découvrez une pop sensible et conscientisée avec «aimée»

Entrevue avec un artiste en phase avec son temps

Publié le 12 octobre 2020 par Mathilde Recly

Crédit photo : Goledzinowski

C'est officiel, Julien Doré nous revient avec un quatrième album studio, intitulé aimée! Et c'est un démarrage en trombe pour l'auteur-compositeur-interprète français qui, rapidement, s'est hissé à la première place du top des ventes d'albums en France et en Belgique... avant d'être certifié disque d'or en moins d'un mois. Mais qui se cache derrière le «phénomène Doré», et comment expliquer un tel succès depuis près de 13 ans? Nous avons tenté de percer le mystère lors d'un entretien privilégié avec l'artiste.

Une profonde prise de conscience sur notre monde

Avec aimée, qu’il a co-réalisé avec Tristan Salvati, Julien sort des sentiers battus et nous prouve qu’il ne maîtrise pas seulement l’art de nous susurrer des chansons de ruptures amoureuses mélancoliques et sensuelles.

Son premier single, «La fièvre», semble au premier abord parler d’une planète asphyxiée du point de vue environnemental. Mais en fait, le sens est encore plus profond, puisque le chanteur en appelle à une prise de conscience politique, ni plus ni moins. «Dans cette chanson, […] j’interroge ceux qui ont la possibilité de mettre en place de vrais changements. Où sont-ils, en ce moment? En fait, La fièvre est une mise en garde envers les décideurs de ce monde qui ont plutôt tendance à culpabiliser les populations, plutôt qu’à agir véritablement», explique-t-il.

Et, dans ce nouvel album, Julien Doré admet avoir quitté «[sa] vision peut-être un peu plus nombriliste» pour parler «d’un point de vue qui est finalement tout aussi intime, mais qui est beaucoup plus universel, celui de faire des chansons en se posant des questions sur le monde d’aujourd’hui et de demain.»

Une mise en lumière de ses collègues du spectacle, très touchés par la crise

Forcément, dans un contexte de pandémie, on est tentés de demander au chanteur quels sont ses ressentis alors qu’il est en pleine promotion d’un nouvel album et qu’il enchaîne plateaux télé et studios radio. Sa réponse est sans équivoque: tout en ayant conscience de la chance qu’il a de pouvoir faire de la musique, ce n’est pas sur lui que les projecteurs devraient être braqués au sujet du coronavirus.

«Ce qui me préoccupe le plus en ce moment, c’est l’état du spectacle vivant aujourd’hui, l’urgence dans laquelle le monde du spectacle est plongé […] Je me rends bien compte que des milliers de techniciens, d’intermittents du spectacle, de prestataires ne travaillent plus depuis des mois; donc, je suis bien plus inquiet pour eux, qui font partie de ma famille, que pour ma petite personne. Il faut vite trouver des réponses à ces questions pour que les concerts puissent reprendre et que des milliers et des milliers de personnes puissent à nouveau travailler dans ce domaine-là», explique-t-il à l’autre bout du fil.

On comprend donc que, quand vient le temps de parler des choses sérieuses, Julien Doré sait humblement se mettre en retrait pour poser la lumière sur ses collègues du milieu du spectacle. Et c’est vraiment tout à son honneur.

Photo: Goledzinowski.

Un hommage à ceux qui illuminent sa vie

À explorer les chansons et les paroles qui peuplent aimée, on note que l’artiste a tenu à mettre en avant ses proches et leurs compagnies qui lui tiennent à coeur.

D’abord, parce que le nom de l’album est en fait un hommage à sa grand-mère, Aimée. Alors qu’il avait terminé d’enregistrer les chansons, le confinement en France a empêché Julien Doré de rendre visite à son aïeule de 99 ans. 

«Donner le prénom de ma grand-mère à ce nouvel album a été une évidence, parce qu’il m’apparaissait comme une enveloppe protectrice de douceur de ces chansons-là. C’était aussi une façon de traverser toutes les générations, avec l’album qui porte le nom de ma grand-mère, les chansons écrites et composées par la mienne, et les enfants qui ont chanté sur cet album et à qui je m’adresse. Il y avait une boucle générationnelle que je trouvais très intéressante!»

Aussi, dans aimée, Julien Doré a dédié la chanson «Waf» à ses deux bergers blancs suisses, Jean-Marc et Simone, dont il a samplé les aboiements. «Ils sont avec moi depuis quasiment deux ans maintenant, et ça fait partie d’un très joli rêve au quotidien dans lequel ils m’accompagnent. Ça permet de relativiser plein de choses: quand on s’occupe des animaux, on prend vite conscience qu’il y a des choses très importantes et ils en font partie», conclut l’artiste avec un petit sourire dans la voix.

En conclusion, se recentrer sur l’essentiel et se poser les vraies questions, voilà le voyage initiatique et passionnant auquel nous convie Julien Doré à travers aimée. Et en temps de crise, cette invitation est la bienvenue, plus que jamais. Vous embarquez?

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