«Modern Vampires of the City» de Vampire Weekend | Bible urbaine

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«Modern Vampires of the City» de Vampire Weekend

«Modern Vampires of the City» de Vampire Weekend

Toujours un plaisir

Publié le 27 mai 2013 par Mathieu St-Hilaire

Crédit photo : www.rollingstone.com

Lorsque Vampire Weekend est arrivé avec son rafraîchissant premier album en 2008, les réactions furent divisées parmi les fans de musique indépendante. Les heureux soulignaient, à juste titre, le savoureux amalgame de rock, de pop baroque, de rythmes africains et de reggae dans un emballage très indie. Les opposants semblaient se plaindre du manque de profondeur et du côté trop ensoleillé du groupe. Après tout, ça peut devenir éreintant de voir un groupe indé exprimer une si grande joie de vivre! Le dernier album des New-Yorkais, sans être déprimant, est sûrement leur travail le plus profond et songé à ce jour.

Le troisième opus du groupe débute de façon beaucoup plus posée que ses deux prédécesseurs. «Obvious Bicycle» ne gambade pas facilement à nos oreilles, avec son rythme ralenti, ses notes de piano délicates et un Ezra Koenig beaucoup plus, disons, émotif. «Unbelievers» nous ramène en terrain un peu plus connu musicalement, l’instinct pop du groupe revenant davantage à l’avant-plan. Par contre, après deux chansons, les thèmes semblants ressortir sont ceux de la mort et de la religion.

Premier extrait de l’album, «Step» est une petite beauté très mélodique où le groupe maîtrise plus que jamais leur côté pop baroque. Il s’agit sans contredit d’un des moments forts de Modern Vampires of the City, et Koenig poursuit avec ses réflexions existentielles: «Wisdom’s a gift but you’d trade it for youth / Age is an honor / It’s still not the truth». «Diane Young», très énergique, traite encore de la mort mais de façon plus entraînante. Koenig se permet même quelques mimiques vocales à la Elvis Presley.

«Don’t Lie» et «Hannah Hunt» se dévoilent après quelques écoutes et montrent que le groupe est capable de compositions plus subtiles, tout en restant dans un élément traditionnel pop de couplet-refrain. Somme toute, il s’agit d’une première moitié d’album très solide.

Les choses se compliquent quelque peu par la suite, car la deuxième partie débute en dents de scie. «Everlasting Arms», bien que sympathique, est un moment où le groupe semble rendre hommage à Paul Simon sur Graceland tellement c’est ressemblant. Le résultat est stérile et n’a rien de trop original. «Finger Back» est très rythmée et agréable, mais la performance vocale accélérée d’Ezra peut vraiment tomber sur les nerfs. À prendre ou à laisser. Et sur «Worship You», est-ce que Koenig est en train de yodler? Le fait de se poser la question est sans doute mauvais signe.

«Ya Hey» représente à la fois le bon et le mauvais côté de Vampire Weekend. Il s’agit sans contredit d’une des meilleures chansons que le groupe ait composée. Tous les ingrédients y sont bien dosés, les paroles y sont intelligentes (sur un combat personnel contre la religion) et la construction ainsi que l’évolution vers les refrains sont irréprochables. Toutefois, lors de chaque refrain, un backvocal machiné vient complètement troubler une sublime chanson. Ces «Ya-Hey» que l’on entend ont un effet dévastateur, mais pas pour les bonnes raisons. Une chance que le groupe se reprend avec «Hudson», pièce la plus sombre du disque où percussions militaires et orchestrations forment un tout dévoilant une autre facette de Vampire Weekend. «Young Lion», bien qu’une jolie petite composition, nous laisse un peu sur notre faim comme dernière chanson.

Mis à part quelques chansons difficiles à digérer, Vampire Weekend réussit son passage à l’âge adulte avec son troisième album Modern Vampires of the City. Plus le groupe évolue, plus les détracteurs ont peine à trouver des failles à l’intérieur de l’œuvre du quatuor. Ne devrions-nous pas tous s’unir pour mieux aimer ces vampires charitables?

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