«Other» de Data Romance | Bible urbaine

Musique_Critiques d'albums

«Other» de Data Romance

«Other» de Data Romance

Un premier album abouti mais linéaire

Publié le 1 mars 2013 par Éric Dumais

Crédit photo : www.data-romance.com

Le jeune tandem Data Romance, dont les membres sont originaires de Vancouver, au Canada, ont finalement mis l’eau à la pâte afin d’enregistrer douze nouvelles chansons qui forment Other, un premier album abouti mais un peu linéaire.

La sortie de leur EP homonyme en 2011, qui contenait les excellentes et transcendantes «The Deep», «Bullets», «Arms» et «Street Lights», sans oublier «Spark», sorti plus tard, était la preuve indéniable que Data Romance détenait un petit bijou entre les mains, comme en fait d’ailleurs foi leur dernier passage à la Société des arts technologiques (SAT) de Montréal, où ils avaient joué timidement en première partie de Digitalism. Bercées par la voix doucereuse d’Amy Kirkpatrick et rythmées par les platines d’Ajay Bhattacharyya, les mélodies du duo mettaient de l’avant un tempo pouvant justement rivaliser avec les Allemands.

Other est l’aboutissement d’un travail léché qui offre une expérience sonore à des années-lumière de ce que Data Romance nous avait offert il y a bientôt deux ans. Chaque chanson est auréolée d’une puissance boostée à l’électronique, qui rappelle les platines pesantes de Jamie XX, lequel a offert un travail de maître sur Coexist, le plus récent effort du groupe The XX.

Signe d’une approche avant tout sonore mais également esthétique, Other s’ouvre sur la très contemplative «Caves», un morceau qui ressemble beaucoup à «The Deep», pour la douceur de ses couplets et la montée progressive de ses couches électroniques. Les claviers de Kirkpatrick et Bhattacharyya se juxtaposent à merveille, laissant ainsi s’agencer une sonorité pointilleuse sur fond sonore lourd et rebondissant.

La chanson «Others» offre une rythmique saccadée qui rebondit sans cesse, distorsion sonore nous rappelant le génie du DJ californien Nosaj Thing, surtout sur son premier album, Drift. Voix murmurée, presque susurrée, Amy Kirkpatrick incarne la douceur, surtout sur une piste comme «Cargo», dont la mélodie bat le tempo grâce à une harpe électrique, style M’Michèle, qui agit comme un baume sur cette ballade qui s’apparente à une comptine de bonne nuit.

Les premières minutes de l’album peuvent paraître assez linéaires, voire sans grand rebondissements, un peu comme si on avait étiré une chanson à la manière d’un élastique. Le single «Can’t Keep Your Mind Off», à la mi-parcours, vient sauver les apparences, alors que Kirkpatrick adopte une assurance vocale frôlant la fougue d’Elisapie dans ses moments les plus tendres. Les autres pistes de l’album, dont la très éparpillée «They», l’étourdissante «Only a Few» ou la robotique «She’s Been High», nous transporte dans des contrées synthétiques singulières, plaisantes à l’oreille, mais décidément Other manque de substances et d’effets de surprises.

Dans l’ensemble, ce premier album de Data Romance, quoique linéaire, offre une inventivité musicale et une approche sonore leur permettant sans contredit de se démarquer dans le paysage de la musique électro. Au final, des pièces telles que «Paper Thin» et «Waiting Pace» démontre un savoir-faire qui donnera le rouge aux joues de Jamie XX et une claque sur la gueule à Crystal Castles, qui n’a pas bien doser son talent sur très bien décevant Crystal Castles (III).

L'avis


de la rédaction

Vos commentaires

Revenir au début