«Dans la peau de...» Jean-Michel Blais | Bible urbaine

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«Dans la peau de…» Jean-Michel Blais

«Dans la peau de…» Jean-Michel Blais

La musique et le piano, des passions pour la vie

Publié le 10 juin 2016 par Emilie Matthews

Crédit photo : Gracieuseté

Chaque semaine, tous les vendredis, Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d’en connaître un peu plus sur la personne interviewée et de permettre au lecteur de se glisser dans sa peau, l’espace d’un instant. Cette semaine, nous avons interviewé le pianiste québécois Jean-Michel Blais, qui nous parle des origines de sa musique et des effets que celle-ci a sur son public.

1- Qu’est-ce qui a éveillé ta passion pour jouer de la musique et à quel moment as-tu décidé d’en faire ta profession?

«La musique a toujours été présente dans ma vie, même avant que je naisse. Mes parents faisaient des compétitions de danse et me faisaient écouter beaucoup de musique lorsque j’étais encore dans le ventre de ma mère. Vers 9 ans, j’ai commencé à m’amuser avec un orgue électronique, et en grandissant j’écoutais beaucoup de musique folklorique. C’est devenu ma profession il y a 8 mois, lorsque le label Arts & Crafts m’a contacté après avoir découvert mon album en ligne.»

2- Y a-t-il un artiste qui t’inspire particulièrement?

«C’est une question difficile. J’ai un passé teinté de musique pop, et la chanson française est une très grande source d’inspiration. Mes voyages à travers le monde influencent aussi ma musique. Par exemple, après avoir passé un an à Berlin au rythme de l’électronique; j’ai fini par en être imprégnée. Je suis aussi très admiratif d’Erik Satie, pas seulement pour sa carrière musicale, mais aussi sa personnalité.»

3- Trouves-tu que Montréal est une ville particulièrement favorable aux musiciens débutant leur carrière?

«Oui et non. L’augmentation du coût de la vie ne simplifie pas les choses pour un musicien qui veut tenter sa chance, qui n’est pas encore reconnu et qui n’en vit pas encore. L’embourgeoisement freine la démocratisation de l’entrée sur la scène musicale. Certains quartiers qui “appartenaient” aux artistes autrefois deviennent branchés et plus chers. Je dirais que c’est une ville plus accessible que New York, Paris ou Los Angeles pour les nouveaux artistes, mais moins que Berlin. Montréal est assez petit comparé à ces autres villes, ce qui peut faciliter la construction d’un réseau. De plus, ayant vécu ici assez longtemps, j’ai mes références culturelles que je ne peux trouver ailleurs.»

4- Qu’est-ce que tu essayes de transmettre au public à travers ta musique?

«Je pense que ce que transmet la musique dépend en grande partie du contexte dans lequel elle apparaît. Depuis la Révolution tranquille, j’ai l’impression que la laïcité s’est répandue. Les gens se retrouvent moins pour se recueillir, prennent moins le temps de prendre une pause dans leur quotidien pour réfléchir et méditer. Lorsque des personnes viennent assister à un de mes concerts, j’ai l’impression qu’ils prennent ce temps. Mes compositions ne contiennent pas de paroles, n’importe qui peut s’y reconnaître. C’est un moment d’intimité pour se poser des questions, ou même être en communion parfois. C’est à ce moment, à travers la musique, qu’un langage humaniste unit beaucoup de personnes très variées.»

5- Quel serait le projet le plus fou que tu aimerais réaliser s’il n’y avait aucun obstacle?

«Je pense que les obstacles sont une source de créativité et de motivation. Trop de liberté peut être dangereux pour un artiste: on peut se perdre dedans, ne pas savoir quelle direction prendre… Par exemple, lors d’un concert, le piano était désaccordé. Il a fallu que j’improvise pour offrir une belle prestation, m’adapter à l’instrument. C’était unique. Le projet le plus fou que j’aimerais réaliser serait de créer un piano avec des modules électroniques pour lire la musique et ajouter des sons par-dessus le piano. C’est un instrument qui n’a pas connu d’évolution depuis longtemps.»

Ne le ratez pas au Festival international de Jazz de Montréal cet été! Le 30 juin et 1er juillet à 18h au Balcon Cabaret Music-Hall.

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