«Post Pop Depression» de Iggy Pop | Bible urbaine

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«Post Pop Depression» de Iggy Pop

«Post Pop Depression» de Iggy Pop

L'iguane est en feu!

Publié le 28 mars 2016 par Édouard Guay

Crédit photo : Loma Vista Recording

Debout, fière et lucide, un brin nostalgique, l’iguane du rock se tient bien droite… La perte récente de deux de ses comparses rockeurs (Lou Reed et David Bowie) ne l'a pas ralentie: elle continue de mener sa barque, au gré du temps, se revendiquant le droit inaliénable de poursuivre son legs musical tout en sortant de sa zone de confort.

Si l’aventure The Stooges semble bel et bien terminée, après deux albums très décevants, il n’en demeure pas moins qu’Iggy Pop, le musicien multidisciplinaire, est encore bien vivant, et il a toujours des choses à dire. Son virage «chansonnier» des dernières années en a dérouté plus d’un, mais quoi de mieux que de s’allier avec un autre rockeur émérite, soit Josh Homme de Queens of the Stone Age, pour revenir en force?

Complété par Dean Fertita, le deuxième guitariste de QOSA, et Matt Heldens, le batteur des Arctic Monkeys, le super groupe alternatif formé sur Post Pop Depression allie la puissance du rock garage et la pop entraînante d’un David Bowie. En effet, l’esprit du Thin White Duke, grand ami d’Iggy Pop, transcende le disque de long en large: «Gardenia» pourrait facilement passer pour une pièce du défunt chanteur. L’influence est confirmée lorsque Pop évoque sur «German Days» ses belles années avec Bowie lors de la Trilogie Berlinoise des années 70. Il est cependant difficile pour un artiste de flirter autant avec les souvenirs nostalgiques sans basculer dans une pâle relecture du passé, et il arrive à Iggy Pop de tomber dans le piège sur Post Pop Depression.

Heureusement, la guitare et les judicieux choix musicaux d’Homme viennent pallier à ce manque d’originalité, insufflant une bonne dose de stoner rock mordant à un album parfois un peu sage, notamment sur la très western «Vulture», qui rappelle des classiques de Sergio Leone, ou sur l’excellente «American Valhalla». Ainsi, Homme est la force tranquille qui garde le cap et évite à l’album de s’éparpiller.

Si l’époque rugueuse des Stooges et de «I Wanna Be Your Dog» est révolue, le Iggy Pop qui se déhanche sans gêne sur «Lust For Life» est bien vivant: on le retrouve notamment sur «Sunday» ou sur l’introspective «Paraguay». Dès les premières secondes de l’ouverture, la très accrocheuse «Break Into Your Heart», il réussit à nous accrocher au cœur (et surtout aux tripes): «I’m gonna break into your heart / I’m gonna crawl under your skin.» 

Épaulé par des musiciens de grand talent, qui se greffent aisément à lui, Iggy Pop effectue, avec Post Pop Depression, un retour convaincant et, contrairement au titre, il est bien loin d’être en dépression! Concis, efficace et bien senti, l’album ne réinvente rien, mais nous présente un mariage réussi permettant au rockeur de 68 ans de se ressourcer et de faire revivre l’Iguane en lui! Ça fait du bien de le voir aussi inspiré.

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