«The 2nd Law» de Muse: aventure épique au pays de l’électronique | Bible urbaine

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«The 2nd Law» de Muse: aventure épique au pays de l’électronique

«The 2nd Law» de Muse: aventure épique au pays de l’électronique

Publié le 3 octobre 2012 par Éric Dumais

Depuis la sortie de Black Holes & Revelations (2006) et The Resistance (2009), ses albums les plus accomplis en carrière, le trio britannique Muse a rapidement été affublé de l’étiquette «opéra rock», qui symbolise un genre épique destiné aux arénas. Avec The 2nd Law, son sixième album en carrière, l’épithète prend ici tout son sens puisque Matthew Bellamy et sa bande n’ont pas fait les choses à moitié.

L’opus démarre sur les chapeaux de roues avec «Supremacy», un morceau pompeux dans lequel le chant de Matthew Bellamy et l’orchestration du groupe atteignent un summum: chant langoureux, claviers dramatiques, guitare électrique brutale et percussions douces mais ultrarythmées, jamais les mélodies de Muse n’ont atteint un tel apogée au niveau de l’émotivité. Après cinq minutes pour le moins épiques, c’est le single «Madness» qui vient modérer nos battements de cœur avec une mélodie minimaliste où l’on reconnaît les influences de U2, Depeche Mode, Prince et Queen.

Le reste de l’album, pour le moins éclectique et très électronique, explore des sentiers jusqu’alors déjà exploités par la formation originaire du Devon, dans le sud-ouest de l’Angleterre. L’apport classique de Matthew Bellamy, qu’il avait jadis exploré en grand avec les morceaux «Exogenesis: Symphony Part 1 to 3» sur The Resistance a été drastiquement atténué (on retrouve un tel esprit classique uniquement sur «Prelude», qui dure moins d’une minute) au profit de morceaux électroniques variés à influence minimaliste («Madness», «The 2nd Law: Isolated System») et dubstep («Follow Me», «The 2nd Law: Unsustainable»).

Muse a certes adopté un virage drastique depuis la création des albums Black Holes & Revelations et majoritairement The Resistance, qui l’a catapulté, symboliquement parlant, vers un univers rock électronique riche et diversifié. Mais, en tant que maîtres du genre, Matthew Bellamy et ses comparses, après 18 ans d’expériences communes, ne semblent pas avoir épuisé leurs ressources d’énergie.

The 2nd Law est un album parfois un peu trop grandiose – l’exagération n’offre pas toujours l’effet escompté – mais, au final, les fans seront séduits par son éclectisme et sa touche électronique ultramoderne. C’est un disque qui aurait gagné à être davantage dubstep, puisque ce style leur va à merveille, mais il gagne néanmoins sa place dans votre bibliothèque musicale.

Appréciation: ****

Crédit photo: Warner Music

Écrit par: Éric Dumais

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