«The Origin», le premier album de Peter Henry Phillips | Bible urbaine

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«The Origin», le premier album de Peter Henry Phillips

«The Origin», le premier album de Peter Henry Phillips

Replonger dans ses origines pour mieux se retrouver

Publié le 4 septembre 2015 par Alice Côté Dupuis

Crédit photo : Coyote

Après avoir accompagné de nombreux artistes sur scène, réalisé les projets de collègues, fait partie de quelques groupes, chanté sur deux albums de Champion et signé la trame sonore de plusieurs téléfilms et celui du long-métrage Le Règne de la beauté de Denys Arcand, Pierre-Philippe Côté, alias Pilou, est enfin prêt à sortir de l’ombre et à se dévoiler entièrement… pourtant sous un pseudonyme! Lançant The Origin, son premier album solo en anglais, Pierre-Philippe Côté devient Peter Henry Phillips, et ça lui sied d'ailleurs fort bien.

Oubliez Voldemort qui voit sa puissance diminuer à mesure qu’il se dédouble en créant des Horcruxes; Peter Henry Phillips, le double de Pierre-Philippe Côté, lui, n’a rien perdu de son talent. Même qu’on serait portés de croire que sa force ne fera que s’accroître avec le temps, les spectacles et les sessions de jam. Après un premier EP de trois chansons, l’album complet se révèle peut-être moins planant et aérien, mais offre une grande variété d’influences et de sonorités, ce qui permet de découvrir toute l’étendue de ce que l’artiste peut faire.

Dès les premières notes de «The Wind», avec les douces cordes pincées et la guitare électrique pesante créant une ambiance éthérée et apaisante, on ne peut s’empêcher de pénétrer dans l’univers feutré proposé, même si on sent déjà, avec l’envolée vers la fin et le crescendo vocal enlevant, qu’on se fera bousculer. Entre la pop «I Wanna Go» où le chanteur confirme son envie d’évasion et de grands espaces, le cri du cœur plutôt électronique qu’est «Hold That», le côté très bluesy, soul de la lente «Be The Light» et la plus rock et chargée «Tempest», l’auditeur n’a effectivement pas l’occasion de s’ancrer dans une ambiance qu’il en est aussitôt ressorti.

Si on pourrait reprocher ce manque de cohérence et de fil conducteur à l’album The Origin, il faut en revanche admettre qu’il est plaisant de découvrir l’artiste dans cette multitude de genres, et de sentir le plaisir et la liberté avec lesquels il crée. L’excellente «Dreamcatcher» en est sans doute le meilleur exemple, ayant été entièrement improvisée – paroles et musique – avec le batteur Benji Vigneault lors d’un jam, et ayant été conservée dans sa forme intégrale, avec le bruit de la pluie battante en arrière-plan.

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The Origin est un produit fini, bien fignolé et arrangé, mais Pierre-Philippe Côté a lui-même réalisé son album, à l’aide de coréalisateurs, et ça se sent; il s’est permis quelques libertés créatrices. Après tout, le titre de l’opus ne fait-il pas référence à tout ce qui a fondé l’artiste, toutes les histoires, les personnes, les lieux, mais aussi les styles musicaux?

La palme de la chanson la plus étonnante dans sa diversité revient à «Almost Died», un morceau qui débute avec des sonorités électroniques, puis qui comprend un revirement tout à fait inattendu: un bon vieux rock électrique se fait soudainement entendre, laissant tout de même entendre ici et là des moments plus sensibles où le chanteur effectue de belles envolées en voix de tête. Un bijou, tout comme la dynamique «Walking Fast», avec ses hands claps, et la douce «Henry», une sorte d’hommage à son grand-père; des incontournables de l’album.

Mention tout de même à la pièce «Young Warrior» en fin de parcours, où la voix, appuyée par de douces et longues notes d’instruments à cordes – instruments à la présence marquée tout au long de l’opus et à la contribution non négligeable –, laisse entendre de très jolies paroles, dont la magnifique ligne «I’ll fight for you / So the end of time / Won’t get close to you». Lente et apaisante, la chanson revient davantage dans les sonorités des débuts du projet Peter Henry Phillips, comme quoi replonger dans ses origines nous ramène toujours à la bonne place.

L’album The Origin de Peter Henry Phillips, pseudonyme anglophone de Pierre-Philippe Côté, est paru le 4 septembre sous étiquette Coyote Records.

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