La 12e édition du World Press Photo Montréal au Marché Bonsecours | Bible urbaine

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La 12e édition du World Press Photo Montréal au Marché Bonsecours

La 12e édition du World Press Photo Montréal au Marché Bonsecours

La crème de la crème du photojournalisme

Publié le 12 septembre 2017 par Emilie Matthews

Crédit photo : Mathieu Pothier

Le World Press Photo Montréal se déroule au Marché Bonsecours depuis le 30 août et fermera ses portes le 1er octobre 2017. C’est l'un des prix les plus prestigieux du photojournalisme. Ce prix ainsi que l’exposition qui en résulte instruisent le public à propos de l’actualité, du rôle des médias et, plus précisément, de la photographie.

La fondation World Press Photo a été créée à Amsterdam en 1955. Cette compétition annuelle surnommée «les Oscars de la photographie» a lieu dans 100 villes et 45 pays. Quatre millions de personnes assistent à l’exposition chaque année. Présentement, elle se déroule à Montréal, la ville de Mexico, Palermo, Perpignan, Erfurt, Saitama et Jakarta.

Cette année, 5 034 photographes se sont présenté et ont soumis 80 408 photos; 152 d’entre elles ont été retenues et exposées. Le jury international qui a choisi les finalistes compte de grandes personnalités telles que Susan White, Christian Ziegler, Yumi Goto, Stuart Franklin, Andrei Polikanov, et Helen Gilks. Matthieu Rytz est le producteur de l’édition montréalaise.

Lors de cette exposition, on fait un tour du monde et on revoit les instants les plus frappants de l’actualité de l’année. Les photos sont classées dans différentes catégories: photo de l’année, problèmes contemporains, vie quotidienne, informations générales, projets à long-terme, nature, personnes, sports et faits divers.

Lorsque l’on commence l’expo, on voit d’emblée une célèbre photographie prise par Jonathan Bachman d’Iesha Evans, la tête haute, face à des policiers à Baton Rouge. Cette photo est devenue symbolique des violences policières aux États-Unis.

Le World Press Photo est l’occasion d’en apprendre plus sur le monde et ses nombreuses coutumes. Par exemple, grâce aux photos d’Elena Anosova, on apprend qu’au nord de la Russie, on décongèle des têtes d’élans pour manger leurs lèvres lors des festivités du Nouvel An.

Les photos prises par Amber Bracken des manifestants contre le projet du Dakota Access Pipeline (DAPL) sont également mémorables. Nombreux étaient ceux qui bravaient le froid et la neige pour défendre leur terre. Mme Bracken a gagné le premier prix dans la catégorie «Problèmes contemporains» grâce à ses photos.

Les spectateurs sont facilement émus par les émotions crues immortalisées par les appareils photo, comme dans une photo prise par Laurent Van der Stockt pour Le Monde d’une petite fille terrifiée lorsque les Forces d’opérations spéciales irakiennes fouillent les maisons de son quartier.

La photo prise par Burhan Ozbili de l’assassinat de l’ambassadeur russe Andrey Karlov dans une galerie d’art d’Ankara a été votée la photo de l’année par le jury. Le meurtrier, l’officier de police turc en congé nommé Mevlut Mert Altintas, brandit son bras gauche vers le ciel en hurlant «Allahu akbar», son pistolet dans sa main droite, alors que le corps d’Andrey Karlov git par terre. Le photographe a tellement bien saisi l’intensité et la colère du moment qu’en regardant la photo et en lisant le texte descriptif qui l’accompagne, le spectateur a la chair de poule et l’impression de vivre ce moment catastrophique.

Les photographies impressionnantes de Daniel Berehulak illustrent la guerre sanglante contre la drogue aux Philippines lancée par le président Rodrigo Duterte. En janvier 2017, on estime que la police a fait 2 000 victimes et des milices obéissant aux ordres du président en ont fait 5 000.

Parmi tous ces clichés, pour la plupart graves et qui sont parfois difficiles à regarder plus de quelques secondes, il y en a cependant qui font sourire. Par exemple, ceux de Giovanni Capriotti portant sur le Club de rugby Muddy York, qui est la première équipe de rugby de Toronto accueillant des homosexuels. Ils jouent au rugby et organisent des spectacles de drag queen pour récolter des fonds. Et encore, on ne peut qu’être impressionné par la série de Darren Calabrese sur Lindsay Hilton, une sportive de CrossFit d’Halifax sans bras ni jambes.

La série «Jours noirs de l’Ukraine» de Valery Melnikov représente les victimes du conflit entre la Russie et l’Ukraine depuis 2014. L’une des photos est particulièrement spectaculaire: à l’arrière-plan, on voit une maison détruite où le toit s’est effondré et des tas de terre. Au premier plan, un homme qui arrose avec une certaine tendresse et détermination la seule plante fleurie de la photo, qui semble sortir du ciment de la route, de ce paysage désolant. 

Mathieu Willcocks a su parfaitement immortaliser les conditions de vie extrêmement difficiles et dangereuses des migrants qui tentent de faire un voyage de trois jours vers l’Italie à partir de l’Afrique du Nord.

L’exposition continue au deuxième étage où on trouve d’abord une petite salle où il y a des tableaux avec des questions inscrites telles que «Les médias perdent-ils le contrôle?», «Les médias changent-ils le cours de l’Histoire?», «Les médias en montrent-ils trop?», «Les médias se laissent-ils utiliser?» Les visiteurs peuvent télécharger une application pour visualiser une vidéo qui apparaît sur un tableau.

Un peu plus loin il y a une «mini-exposition» intitulée «Karibu, bienvenue en République du Congo» d’Éric St-Pierre, portant sur la vie de femmes au Congo qui n’ont pas accès aux mêmes soins médicaux lors de leur grossesse et de l’accouchement que les Québécoises.

Par la suite, on se retrouve entouré par des photos et illustrations du Marché Bonsecours ainsi que des textes expliquant son histoire.

Enfin, on trouve une autre sorte de «mini-exposition» au sein du World Press Photo qui porte sur Radio-Canada et certains de ses correspondants à l’étranger, comme Raymond Saint-Pierre et Jean-François Bélanger, parmi bien d’autres. Des balados accompagnent la description écrite de ces journalistes.

En sortant de l’exposition, on est épaté par la qualité des photos et les émotions qu’elles font ressentir aux visiteurs. Nombreux sont ceux qui ressentiront le poids de la gravité des évènements immortalisés, mais qui comprendront que le photojournalisme, cru et honnête, est nécessaire, car il fait vivre et contempler l’Histoire d’une façon incomparable.

L'événement en photos

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Par Mathieu Pothier

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