6 bonnes raisons d’aller voir «L’immédiat» à la TOHU du 16 au 21 février 2016 | Bible urbaine

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6 bonnes raisons d’aller voir «L’immédiat» à la TOHU du 16 au 21 février 2016

6 bonnes raisons d’aller voir «L’immédiat» à la TOHU du 16 au 21 février 2016

Un spectacle unique que vous ne verrez nulle part ailleurs!

Publié le 8 février 2016 par Alice Côté Dupuis

Crédit photo : Vincent Beaume

Dès le 16 février, la TOHU accueillera dans son antre 360° l’équipe française de la compagnie L’immédiat, qui a donné son nom en 2010 à une création éponyme des plus originales, celle-là même qui sera présentée à Montréal durant six jours consécutifs. Accompagné de sept comédiens sur une scène surchargée d’objets de toutes sortes, le créateur Camille Boitel est confiant que son œuvre offre aux spectateurs une expérience singulière qu’ils ne verront nulle part ailleurs. Rejoint au Yukon où il donnait une série de représentations de L’immédiat il y a quelques jours, il nous a donné 6 bonnes raisons qui font que son spectacle est unique... et nous donner, par le fait même, envie d’aller voir sa création inédite à Montréal, du 16 au 21 février.

1. Parce que c’est un spectacle… qui ne s’explique pas!

«Au moment où on a commencé à construire ce spectacle, ça partait d’une intuition particulière, d’un rythme, d’une chose presque abstraite. Et donc… c’est vrai que la meilleure façon de le raconter, c’est de le voir!», nous a confié Camille Boitel, qui se plaît, finalement, à garder le suspense en nous disant que c’est assez difficile à expliquer, même peut-être impossible, et que s’il pouvait l’expliquer, il n’aurait pas eu besoin de créer le spectacle! À savoir s’il y a au moins un message lancé ou bien une intention derrière cette œuvre, il n’en est pas non plus certain: «il y a beaucoup d’intentions de notre part, mais encore plus des intuitions, des choses dont on est encore en train de comprendre de quoi il s’agit.»

Malgré le flou savamment préservé, Camille Boitel nous explique tout de même la signification derrière le titre «L’immédiat», qui nous donne quelques indices sur son contenu : «Il y a quelque chose de l’ordre de l’instant. En fait, c’est l’immédiat, mais du point de vue de ce qui est incontrôlable, imprévisible, et donc plutôt de l’accident et de la fragilité, incapable de prévoir à l’avance, incapable de pouvoir anticiper.»

2. Parce que le spectacle permet de porter un regard positif sur des éléments négatifs

Les moteurs et les inspirations derrière L’immédiat sont les accidents, les erreurs… Tout tombe: des comédiens aux objets! Mais ce qui nous semble d’ordinaire négatif et décourageant sera ici glorifié! «C’est comme si c’était une tentative de réhabiliter, de profiter de l’instant catastrophique et de l’instant prévisible. Comme si le fait de montrer ça sur scène, on en profitait. Alors que souvent, les accidents sont plutôt des choses tristes, difficiles à supporter… bien dans cet endroit-là, au contraire, c’est comme une sorte de fête de tout ce qui ne va pas bien!»

Comme l’un des désirs importants de l’artiste était aussi d’explorer l’esthétique du mouvement, Camille Boitel fait aussi le parallèle avec les ruines, qu’on trouve généralement belles et qu’on admire malgré leur imperfection et leur état détérioré. «J’ai l’impression que la charge particulière de voir quelqu’un qui s’effondre sur le sol, c’est un peu comme le charme des ruines, quand on regarde des choses qui sont toutes détruites ou une statue qui a perdu un morceau de son visage, par exemple. En fait, cette beauté-là particulière peut nous toucher, et c’est vrai que je pense qu’on la retrouve dans le spectacle.»

3. Parce que le spectacle nous interpelle… même sans dire un mot!

L’immédiat est un spectacle sans paroles, et pourtant, les artistes qui le présentent arrivent à communiquer avec le public et à provoquer des émotions. «C’est un peu comme quand on écoute de la musique, c’est une sensation un peu plus abstraite, mais sauf qu’ici, il y a vraiment des gens, il y a des morceaux de situations. Alors on voit bien, on comprend un peu ce qui leur arrive, et on pourrait un peu être à leur place, d’une certaine manière. C’est vrai que ça parle plus de la vie en général, en tout cas de certains moments de l’existence, plus que la musique qui se rapporte à toutes nos émotions plus intimes, mais il y a quand même quelque chose qui se raconte.»

Mais Camille Boitel est convaincu que chacun des spectateurs sortira de cette expérience en s’étant senti interpellé vivement, non pas que par des sensations abstraites: «En fait, je crois qu’on s’adresse plus qu’au spectateur, on s’adresse carrément à son corps, à ses sensations. Les gens bougent beaucoup dans leur siège. C’est un spectacle où on est assis, mais je pense que les gens, à la fin du spectacle, sont fatigués. C’est comme s’ils avaient vécu des choses dans leur ventre. C’est physique pour le spectateur.»

L'Immediat de Camille Boitel. ThŽatre du Merlan, Marseille. Mai 2009

L’Immediat de Camille Boitel. ThŽatre du Merlan, Marseille. Mai 2009

4. Parce qu’un style de performance a été inventé pour ce spectacle

Ayant une formation en cirque, Camille Boitel ne s’est pourtant pas contenté de cette discipline pour créer son spectacle. En travaillant, il s’est plutôt rendu compte que le cirque, le théâtre et la danse sont en fait indissociables et ne sont que des façons différentes de travailler avec le corps. «Ce sont juste des techniques qu’on peut utiliser. On utilise tout ce qui nous vient, tout ce qu’on a sous la main pour être dans un rapport avec le spectateur qui est particulier. Vraiment, le corps est central dans ce spectacle.»

«Moi j’ai appris l’acrobatie quand j’étais enfant. Et après, je dirais quand même que la plus grande part de ma formation, c’est d’avoir essayé d’inventer des choses, plusieurs fois de suite, d’avoir exploré des techniques, aussi, par moi-même», nous a révélé celui qui a beaucoup travaillé, avec les autres interprètes de L’immédiat et complices depuis plusieurs années, à créer de nouvelles techniques qui leur sont propres. «À part moi, les autres sont un peu moins du cirque, on va dire, mais finalement, on a beaucoup travaillé, donc on a quand même appris des techniques ensemble. Ça fait dix ans qu’on se connaît avec certains, donc il y a vraiment eu un travail technique, aussi, on a essayé de créer nos propres techniques non pas de cirque, mais en tout cas qui peuvent avoir beaucoup un rapport avec le style.»

Dans ce chaos d’objets, de personnages et de techniques employées, au final, tout se confond assez bien: «À la fin, c’est vrai qu’on ne sait plus trop qui est qui, qui fait quoi, car tout se mélange tout le temps. Le technicien, même celui qui fait la lumière, il court partout, il lance des cartons, il ramène des trucs…et la lumière est tirée par des fils, il la déclenche en appuyant sur de grosses manettes, donc tous les techniciens jouent aussi.»

5. Parce que des objets sont les stars du spectacle

«Il y a quelques stars dans le spectacle!», nous a révélé Camille Boitel, avant de préciser qu’il ne parlait pas de ses complices comédiens et acrobates, mais bien d’objets! «On a surtout une armoire qui joue beaucoup dans le spectacle et qui sert à beaucoup de choses. Par exemple, il y a une porte qui est tombée en miettes, chaque fois, je pense. Presque mille fois depuis le début des répétitions! Elle tombe en miettes et on la reconstruit chaque fois. On a plein, plein d’objets. Il y a quelques meubles, quelques matériaux, des bouteilles… toutes sortes de choses, en fait, mais des choses plutôt normales, finalement! C’est juste qu’il y en a beaucoup trop pour que ce soit normal!»

Le créateur affirme même que lors d’un spectacle au Yukon un simple bouquet de fleurs a suscité de vives réactions! «Il y a eu un mouvement du bouquet de fleurs, et toute la salle s’est mis à rire d’un seul coup! C’est beau à voir.» Tous ces objets, pour la plupart ramassés dans la rue, sont si nombreux que les gens n’en croient pas leurs yeux! «Quand on voit un spectacle comme ça, on se dit ‘’Mais il faut être fou pour avoir fait un spectacle comme ça ou complètement idiot!’’. Je pense que ça, les gens ça leur plaît beaucoup, de se dire qu’on a été assez idiots pour faire une chose comme ça.»

6. Parce que c’est un spectacle raté… mais c’est un beau ratage!

«Quand on me demande, je décris toujours en quoi c’est raté, qu’on a vraiment essayé de faire quelque chose et puis que ça a complètement raté. C’est raté entre guillemets, mais c’est un très beau ratage.» Ce serait donc un ratage désiré, finalement? «On ne sait plus», se contente de répondre l’énigmatique Camille Boitel. «C’est ça qui est extraordinaire, c’est qu’ici, même rater ça fait partie d’une joie. C’est assez étrange, même les choses les plus tristes sont joyeuses, et même tout ce qu’on aurait honte de voir dans la vie, ici, c’est bienvenu. C’est un espace qui accueille la fragilité.»

Même les techniques employées ne serviront pas à impressionner, même si elles ont été apprises avec rigueur. «À la base du cirque, il y a beaucoup l’idée de montrer un savoir-faire ou quelque chose d’exceptionnel. Et ici, c’est plutôt l’inverse, on travaille plutôt sur des gens qui tombent, qui ne savent pas faire, donc c’est peut-être presque plus proche du clown, plus de l’ordre du fragile, du raté, de l’erreur, quoi.»

Mais qu’il soit voulu ou non, ce fameux «ratage» donne un spectacle qui ne ressemble vraiment à rien. «Je pense qu’ils ne reverront jamais ça, tout simplement, parce qu’il faut être complètement idiot pour faire une chose comme ça, personne d’autre ne fera ça.» Et en toute fin de conversation avec Camille Boitel, on finit par comprendre qu’un tel spectacle ne pourrait être possible s’il ratait effectivement et qu’il ne se déroulait pas selon un plan clair et précis. «C’est extrêmement très précisément raté. C’est l’écriture du ratage. C’est-à-dire qu’on dirait que c’est brouillon, et en même temps on voit bien que c’est précis. Tout est réglé, on n’a pas eu le choix, sinon on allait y passer, on allait se prendre un truc sur la tête.»

Mais alors, même si c’est planifié, avec tous ces objets qui tombent de partout, le public devrait-il craindre pour sa sécurité? «Il faudrait dire oui si on veut qu’ils viennent, quoi!»

Le spectacle «L’immédiat» de Camille Boitel, mettant en scène Camille Boitel lui même et sept autres comédiens, acrobates et techniciens, sera présenté à la TOHU (2345, rue Jarry Est) du 16 au 21 février 2016. Achetez vos billets au www.tohu.ca/limmediat.

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