7 choses qu’on a vues à la première du spectacle «Temporel» à la Place des Arts | Bible urbaine

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7 choses qu’on a vues à la première du spectacle «Temporel» à la Place des Arts

7 choses qu’on a vues à la première du spectacle «Temporel» à la Place des Arts

Nouvelle technologie et cirque: un cocktail succulent!

Publié le 11 janvier 2018 par Élise Boileau

Crédit photo : Jean-François Gratton

Pendant trois semaines jusqu’au 27 janvier 2018, la Cinquième Salle de la Place des Arts présente Temporel en coproduction avec Lemieux Pilon 4D Art et en collaboration avec Les 7 Doigts. À la croisée des arts, le spectacle nous propulse dans un univers visuellement et techniquement très bien réussi. À voir!

Une poésie essentielle

Temporel marquera sans aucun doute le spectateur par l’aspect poétique et imaginaire de son univers. Un vieillard plonge dans son passé, dans le souvenir de l’être cher, dans sa mémoire. Par la lecture et les images, il redevient enfant, adolescent, jeune adulte. Au coeur de l’histoire poétique (et souvent drôle), une histoire d’amour… Onirique parfois, on plonge réellement dans les tableaux grâce à la profondeur de projections vidéo et bien sûr aux effets visuels en lien avec les trois corps sur scène. Le thème de la disparition est récurrent et toujours traité avec créativité et esthétisme : la femme s’envole, est engloutie dans le plancher (par un jeu de trappe bien ficelé), ou encore disparaît par des jeux de lumière.

Du cirque au service du propos

Quel plaisir de voir du cirque intelligemment chorégraphié et mis en scène pour être davantage au service des émotions et des images que de la virtuosité technique. Car le spectacle n’en est pas moins techniquement impressionnant. Isabelle Chassé, Patrick Léonard et Gisle Henriet se partagent la scène et offrent tous les trois des performances très réussies. Le cirque est très présent dans les corps. Par leur façon de se mouvoir, par leurs acrobaties et par le souci du détail, on oublie les techniques pour ne rentrer que dans ce qu’elles évoquent.

Le souci du détail

Temporel offre une réelle complexité et une belle recherche dans la chorégraphie à l’intérieur des tableaux. Shana Caroll, responsable de la chorégraphie acrobatique, a su mener les artistes vers une gestuelle à la fois drôle, touchante et inventive. Les personnages se manipulent, se portent, et interagissent sans mots: la danse est éloquente. On retient notamment une scène dans laquelle le personnage masculin est dans ses pensées et dans sa lecture et réalise une multitude d’actions quotidiennes sans se rendre compte que son «esprit» ou le «maître du temps» (personnifié dans le corps de Gisle Henriet) est l’auteur de toutes sortes d’actions qui le font bouger, le déplacent, le déconcentrent. Le tout est physiquement très bien exécuté et joué.

Une trame musicale cinématographique 

Si la composition est clairement construite à partir de scènes très distinctes – qui font référence à des moments de la vie du personnage – , la musique vient, elle aussi, appuyer complètement l’émotion de chacun des tableaux. Avec une partition de piano très puissante et des variations sur un thème, la musique amplifie et améliore le rythme. Elle reprend des sonorités du temps qui passe (horloge, vent), mais aussi accompagne l’histoire avec brio. «Avec le temps, va, tout s’en va (…) Avec le temps on n’aime plus», disait Léo Ferré en 1970. Le vieillard traversera la salle avec sa pile de livres, doucement, à la fin du spectacle, sur cet air classique mais au combien puissant. Julien Mineau (Fontarabie, Malajube) signe la conception musicale.

À la frontière du théâtre

Sans (ou presque) aucun mot, les acrobates savent nous plonger dans l’imaginaire de l’histoire. Une histoire d’amour, une vie d’homme du bébé au vieillard, l’exploration de souvenirs du passé… Ces thèmes sont portés sur scène avec beaucoup d’expressivité chez les interprètes qui rendent le propos crédible. Le plancher incliné et le décor (bibliothèque, fauteuil, canapé, bref un vrai salon) ajoutent également quelques éléments de mise en contexte, le tout mêlé à la technologie de projection vidéo.

Une technologie brillamment maîtrisée

Michel Lemieux et Victor Pilon co-réalisent le visuel de Temporel. Grâce à de la projection vidéo insérée dans l’espace, les personnages se retrouvent en interaction avec un visuel animé et jouent ainsi avec les images immatérielles. La technologie est complètement intégrée au spectacle vivant, on pourrait même dire que le mélange de cirque, théâtre et danse est intégré au visuel projeté. On retrouve alternativement des images du passé du personnage, lui enfant, et surtout avec sa bien-aimée disparue. Mais aussi des systèmes de projection interactive avec le réel, c’est-à-dire que les mouvements des acrobates ont un effet sur le visuel. Le tout est très réussi et on comprend à quel point la rencontre entre art vivant et art technologique prend tout son sens lorsqu’elle est au service des images et de leur poésie.

Un spectacle familial

Ce spectacle saura toucher les petits et grands par sa magie visuelle et sa mise en scène très bien construite. Le spectateur est étonné et touché dans son coeur d’enfant. L’accent est davantage mis sur l’émotion que sur l’action et c’est ce qui fait de Temporel un spectacle magique et sensible. Bon succès!

*Cet article a été produit en collaboration avec la Place des Arts.

L'événement en photos

Par Jean-François Gratton

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