Anne Teresa De Keersmaeker présente «Rain» et clôture la saison de Danse Danse | Bible urbaine

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Anne Teresa De Keersmaeker présente «Rain» et clôture la saison de Danse Danse

Anne Teresa De Keersmaeker présente «Rain» et clôture la saison de Danse Danse

Il pleut des cordes

Publié le 6 mai 2017 par Élise Boileau

Crédit photo : Anne Van Aerschot

Danse Danse accueille cette semaine la compagnie Rosas pour clore la saison. Créé en 2001, Rain pourrait être l’analogie d’une grande ascension d’un sommet puis de sa désescalade. En un seul et unique souffle, la musique de Steve Reich (Music for 18 Musicians) et la chorégraphie d’Anne Teresa De Keersmaeker emportent dix jeunes danseurs pour plus d’une heure de mouvement sans arrêt.

Très «années 60» – pour reprendre les mots de la chorégraphe flamande -, la danse puise ses fondements dans la qualité de gestion du poids du corps. Suspensions, chutes et remontées, élans et grands déplacements… Le vocabulaire de base est clair dès les premières minutes, lorsque le groupe s’élance dans des marches et des courses – souvent engagées par le dessus du crâne – dans un momentum commun. Perçant l’espace avec des longues lignes de jambes et de bras, les danseurs font preuve de grandes qualités techniques, même dans l’endurance de la pièce. Plus le fil de Rain se déroule, plus la chorégraphe joue avec la prise de risque physique dans des portées acrobatiques, dans la vitesse d’exécution et dans un tricot complexe de l’espace.

Le rapport à la partition

En cohésion avec la musique répétitive de Steve Reich, la partition chorégraphique est composée, elle aussi, par un système d’accumulation, qui la rend très claire et lisible pour le public (probablement trop pour certains spectateurs?) Chaque nouvel élément dans le mouvement est amené assez subtilement, ce qui rend à l’ensemble une composition organique et fluide, malgré la répétition du matériel gestuel. Et lorsque le curseur du temps atteint la moitié de la durée de la pièce, tous les éléments de Rain danse, musique, lumières, costumes – culminent ensemble pour passer au travers des cordes et dérouler le fil à l’envers. On se souvient alors des étapes qui nous ont menés jusqu’au magenta ultime, en les redécouvrant d’un nouvel œil.

Excessivement mathématique et géométrique, la danse est impitoyable en matière de précision. Elle offre cependant quelques moments d’abandon chez certains interprètes, qui profitent des élans pour relâcher réellement le poids et le transformer en fougue. Fait notable, une légèreté se dégage des corps, essentiellement grâce à la chorégraphie même – nombreux sauts et verticalité forte – mais peut-être aussi par la juvénilité des interprètes, sourire aux lèvres dès qu’un regard en croise un autre.

L’esthétique visuelle

L’espace de jeu est délimité par un immense arc de cercle suspendu d’où il pleut des cordes, au sens propre comme figuré. Tout au long du grand mouvement dansé, l’univers visuel agira subtilement comme un arc-en-ciel dans l’espace. Par un jeu de changement de costumes «invisible», le beige laisse progressivement sa place au rose fuchsia jusqu’au point culminant de la pièce, pour se transformer alors davantage vers des tons pastel de gris, beige et blanc dans la descente du sommet. Les couleurs font partie intégrante de la proposition artistique, tant au niveau des costumes que des lumières, et aident à la compréhension de la partition.

Le tout est d’une cohérence presque déroutante, tant la partition est intelligente. En termes d’appréciation, il faut aimer l’abstraction, bien sûr…

L'événement en photos

Par Anne Van Aerschot

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