Bombino au Club Soda de Montréal | Bible urbaine

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Bombino au Club Soda de Montréal

Bombino au Club Soda de Montréal

Omara Bombino Moctar, le Jimi Hendrix de l’Afrique

Publié le 2 juillet 2014 par Éric Dumais

Crédit photo : Frédérique Ménard-Aubin

Vêtu de pied en cap de ses vêtements traditionnels blancs, avec un foulard noué autour du cou malgré la canicule à l’extérieur, Omara Bombino Moctar, alias Bombino, a livré, sourire aux lèvres, une performance solide et dynamique en compagnie de ses trois musiciens en revisitant devant public ses albums Agadez (2011) et Nomad (2013) pendant près de 75 minutes.

Après le Portugal il y a trois jours, Chicago il y a deux jours, Toronto la veille et maintenant Montréal, dans le cadre du Festival international de Jazz, le guitariste et accompagnateur du grand Bombino a tenu à remercier, en anglais, le public montréalais en lui manifestant son bonheur de jouer dans cette belle ville parmi autant de beautiful people. Compliment fort bien reçu, mais gageons qu’il partage le même à tous les publics qu’ils rencontrent!

Le concert d’hier s’est déroulé en deux temps. D’abord, Bombino a pris place sur la scène du Club Soda assis, guitare acoustique entre les mains, en démarrant sa prestation avec des pièces plus calmes mais néanmoins rythmées. Il faut dire qu’avec l’apport de la basse à cinq cordes, qui dynamisent les mélodies, et les percussions qui apportent leur lot d’exotisme, sa musique invite au déhanchement et à la découverte d’un autre monde, plus qu’à attirer la mélancolie ou la déprime.

Après trois chansons, Bombino s’est levé et a remplacé sa guitare acoustique pour sa guitare électrique, qu’il a maniée de main de maître, tel un Jimi Hendrix de l’Afrique, jusqu’à la tombée du rideau. De toute évidence, sa force réside dans son solide doigté, lui permettant de passer d’une corde à l’autre avec ses doigts pour produire, en toute aisance, des arpèges époustouflants, il n’y a pas d’autres mots!, à l’image de sa parfaite maîtrise de son instrument.

Vers la fin du concert, un spectateur a crié «Amidinine»!, ce qui a fait sourire Bombino, qui a néanmoins joué la pièce comme demandé, ce qui a provoqué son lot d’acclamations de la part du public. Parmi les titres les mieux reçus au cours de la soirée, on note «Ahulakamine Hulan» et «Azamane Tiliade», qui figurent toutes deux sur Nomad, un disque produit par Dan Auerbach des Black Keys.

Très redondantes, les mélodies de Bombino se ressemblent toutes, mais elles sont aussi tellement rythmées qu’il est difficile de rester de marbre devant autant de dynamisme et d’énergie. Mais il faut l’avouer, après 75 minutes de concert, on a fait le tour et on est bien satisfait que le concert se termine. Et surtout, comme Bombino est très réservé, il n’a pas communiqué beaucoup avec son public, laissant ses musiciens s’en charger, alors qu’il souriait en lançant de timides «Mercis!», ou en se tapant le torse avec la main.

Un peu avant le rappel, le bassiste a pris la parole pour la toute première fois, dans un français impeccable: «Vous savez ce qu’on imagine en Afrique lorsqu’on pense au Canada, et à Montréal? À la neige. Partout, partout. Mais là, il fait plus chaud qu’en Afrique, je vous le garantis», a-t-il lancé à la blague, faisant rire les spectateurs.

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