Cat Power au Métropolis lors du Festival international de Jazz de Montréal 2016 | Bible urbaine

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Cat Power au Métropolis lors du Festival international de Jazz de Montréal 2016

Cat Power au Métropolis lors du Festival international de Jazz de Montréal 2016

Comme une seule femme

Publié le 30 juin 2016 par Marie-Eve Linck

Crédit photo : www.facebook.com/CatPowerSun

C’est peut-être avec un peu d’appréhension que certains se sont rendus au Métropolis, mercredi soir, pour voir la chanteuse américaine qui n’est pas reconnue pour ses spectacles. À ses débuts, elle regardait le plancher pendant 90 minutes en enchaînant ses chansons, puis il y eu sa période où elle était un peu dans les vapes, disons... Alors, on ne savait jamais à quoi s’attendre, sauf à quelques délires de sa part. Depuis, elle a délaissé toute substance pouvant altérer sa pensée. C’est avec soulagement que l’auditoire, hier, a accueilli une Cat Power certes gênée, mais en pleine possession de ses moyens. Enfin, presque jusqu’à la fin.

C’est toute seule sur scène qu’est timidement arrivée Cat Power, de son vrai nom Chan Marshall. Plantée au milieu, c’est armée de sa guitare et d’un micro qu’elle a entamé la première chanson. Il est de notoriété publique que la chanteuse est totalement effrayée par la scène malgré ses années d’expérience.

Alors, bien que sa voix puissante et son interprétation intense résonnent dans le Métropolis, la femme de 44 ans avait l’air d’une enfant timorée en prestation devant son école. Pendant la majorité du spectacle, elle a donc enchaîné les chansons sans s’arrêter. Aucune interaction avec la foule. Après quelques morceaux, elle a délaissé sa guitare pour maladroitement se rendre en dansant au piano où elle a encore enchaîné sans interruption plusieurs chansons, dont certains succès tels que «3, 6, 9». Elle a quand même réussi à créer une ambiance intimiste dans une salle relativement grande. Et le public s’est senti choyé.

L’interprétation solo des chansons voulait peut-être créer une distanciation d’avec son dernier album Sun, où les arrangements sont très présents. Car, hier, on a vu une Cat Power sans artifices, sans prétention, qui a chanté plusieurs de ses anciennes compositions. La voix était mise de l’avant en révélant toute la beauté et les nuances. L’éclairage minimaliste collait bien à la performance, et l’auditoire a bien répondu à cette atmosphère intime, en écoutant attentivement l’artiste et la laissant tranquillement se dégêner.

Redisons-le: Montréal est un excellent public. Cat Power l’a compris et a lancé un «You’re amazing».

Tout se déroulait assez bien, à part un petit accrochage au piano qui nous a valu les premiers mots de la chanteuse, s’excusant de sa bévue. Marshall se sentait plus à l’aise au fur et à mesure que le concert progressait et, après qu’elle ait repris sa guitare au son rempli de reverb, un peu trop peut-être, elle s’est enfin adressée aux gens pour raconter la fois où elle a joué dans le métro de Paris. Pour ensuite entamer ladite chanson. Le public, perplexe, se demandait si c’était une blague ou si c’était sérieux… Quand elle eut fini, elle a vite disparu à l’arrière-scène, laissant la foule un peu médusée.

Elle est rapidement revenue, avec un lutrin, pour interpréter des chansons un peu plus blues. Et c’est là que tout s’est gâté. Juste à la fin. Cat Power a entamé les premières mesures d’une chanson puis s’est arrêtée net. Elle a ensuite dit qu’elle ne serait pas capable de la faire, alors elle en a commencé une autre. Puis s’est arrêtée de nouveau. Elle s’est excusée, a dit à la foule que ce n’était pas professionnel. En effet. Alors elle en a entamé une autre. Puis elle s’est encore arrêtée. Les spectateurs, bons joueurs, ont commencé à l’encourager: «Let’s go Cat, you can do it!». Elle en a alors recommencé une autre. Puis s’est ENCORE arrêtée. La salle commençait alors à se vider. Elle a abandonné sa guitare pour se rendre au piano où elle a commencé une autre chanson… pour s’arrêter de nouveau (!!!) Elle s’est exclamée qu’elle devrait probablement juste s’en aller. Euh… Oui. Ça devenait gênant.

Elle a fini par en faire une avant de quitter une salle à moitié vide, mais devant laquelle elle paraissait toutefois émue. On aime l’insécurité et la vulnérabilité de Chan Marshall. Mais il faut aussi savoir quand s’arrêter, pour le bien de tous.

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