«Dans la peau de...» Hubert Mansion, enseignant au CASE | Bible urbaine

Sorties_

«Dans la peau de…» Hubert Mansion, enseignant au CASE

«Dans la peau de…» Hubert Mansion, enseignant au CASE

Vivre pour l’art c'est une chose, mais comment vivre de l’art?

Publié le 31 août 2018 par Éric Dumais

Crédit photo : Emilia Tamko

Chaque semaine, tous les vendredis, Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d'en connaître un peu plus sur la personne interviewée et de permettre au lecteur d'être dans sa peau, l'espace d'un instant. Cette semaine, nous avons interviewé Hubert Mansion, enseignant au CASE depuis 25 ans.

*Cet article a été produit en collaboration avec Le CASE.

1. M. Mansion, avant d’être enseignant au CASE, Le Carrefour des Arts de la Scène et de l’Entrepreneuriat à Verdun, vous avez exercé la profession d’avocat spécialisé en droit des artistes et en propriété intellectuelle. Résumez-nous les grandes lignes de votre parcours professionnel jusqu’à aujourd’hui. On est curieux!

«J’ai commencé par me spécialiser dans l’aspect purement financier du droit d’auteur, puis je me suis intéressé aux contrats du milieu artistique. Mais peu à peu, je me suis rendu compte que la question qui obsédait mes clients était simplement… le succès. Ceux qui l’avaient voulaient le maintenir, ceux qui l’avaient connu voulaient le retrouver, et la plupart des autres souhaitaient l’atteindre. J’ai donc beaucoup travaillé à ce sujet en faisant le maximum de deals pour mes clients, mais aussi en tentant de comprendre ce qui menait au succès. J’en ai déduit des conclusions vraiment étonnantes, par exemple, celles du rapport entre le talent et le succès, le travail et le succès, etc. Je suis passé du droit d’auteur au droit (plus complexe…) d’accomplir ses rêves!»

2. À partir de quand avez-vous eu le déclic de l’enseignement et c’était pour répondre à quel besoin précis? Parlez-nous aussi du contexte l’année de la fondation du Case!

«J’enseigne depuis toujours, en fait. J’ai toujours donné des formations, des conférences ou des séminaires en Europe, en Amérique du Nord ou en Afrique. Le livre que j’ai publié sur le show-businessTout le monde vous dira non, était également une forme de transmission.»

«Fondamentalement, le CASE a été créé pour construire une passerelle entre le monde de la création et le marché. Vivre pour l’art c’est une chose, mais comment vivre de l’art? C’est la question qui se pose pour tous les artistes. Bien souvent, ceux-ci se sentent comme des étrangers dans le monde, ils vivent un quotidien très dur, angoissant et précaire. Nous leur disons d’abord qu’ils sont précieux pour nous tous et nous leur donnons des outils concrets pour trouver leur public, comprendre ses attentes,  sans les transformer en gens d’affaires ni en vendeurs, car nous respectons ce qu’ils sont, la différence qu’ils apportent. Il y a, par ailleurs, déjà assez de vendeurs dans ce monde.»

3. Cet automne, à compter du 11 septembre, vous enseignerez le cours «Représentation» au CASE. À qui exactement est-il destiné et quels sont les grands axes qui seront abordés?

«Le CASE est destiné aux artistes et aux entrepreneurs culturels qui veulent vivre de leur art. Nos étudiants proviennent de partout dans le monde, de générations et de disciplines différentes. Au CASE, des peintres colombiens rencontrent des slameurs québécois, des photographes français, des poètes de la Guadeloupe… C’est un brassage extraordinaire de disciplines et de cultures. Nous abordons plusieurs axes principaux: les techniques de réseautage, la gestion du temps adaptée aux artistes (un gros morceau!), les aspects économiques et financiers de leur pratique (droit d’auteur, subventions, contrats…), et le marketing culturel. Beaucoup de temps est accordé, dans le cours, à la partie sur l’identité artistique, l’une des plus exigeantes au niveau personnel et émotionnel.»

Entrevue-Jolene-Boily-Le-CASE-Bible-urbaine

Cliquez sur la photo pour découvrir le parcours de Jolène Boily Béliveau, chorégraphe, interprète et étudiante au CASE.

4. On a récolté quelques témoignages d’étudiants et d’ex-étudiants du CASE ayant suivi un cours avec vous et ils nous ont confié avoir été ébranlés, saisis, voire secoués, comme si vos paroles leur avaient donné le petit coup de pied qu’il leur fallait pour se lancer et devenir de vrais entrepreneurs qualifiés. Qu’y a-t-il de si «choc» dans votre approche qui puisse ébranler à ce point leur vision de l’entrepreneuriat et de la professionnalisation de leur art?

«Mon rôle n’est pas de leur apprendre à être artistes, ils le sont déjà, mais bien de les aider à trouver leur propre voie, la voie singulière, unique, qui est la leur. Ce chemin passe forcément par un carrefour de questionnements parfois douloureux et une déconstruction de multiples croyances. Il est douloureux pour un artiste de s’entendre dire que son talent ne suffit pas ni même le travail acharné sur son œuvre.»

«D’autre part, nous ne sommes pas une école d’entrepreneuriat comme les autres. Au CASE, l’intériorité est un sujet majeur, parce que c’est d’elle que proviennent les œuvres artistiques, c’est d’elle qu’elles parlent. Alors, on en parle, et pour beaucoup, c’est un soulagement et une révélation qui créent des liens extrêmement forts.»

«Les étudiants sont également positivement ébranlés, parce que le CASE les fait sortir de leur isolement. Ils trouvent dans le groupe une force puissante de soutien, d’échange et d’entraide. Ils voient qu’ils ne sont pas les seuls à se poser mille questions, à s’angoisser pour le lendemain, à chercher la beauté dans leur art, malgré la logique matérialiste qu’on veut leur imposer.»

«Et les résultats de cette formation sont là: des contrats qui arrivent, des changements de direction, des artistes qui décollent. D’autres qui abandonnent, bien sûr, parce que c’est dur et qu’il faut beaucoup de courage pour passer à travers tout ça. Mais ce que je lis le plus souvent de la part des étudiants, c’est que le CASE est le meilleur cadeau qu’un artiste puisse s’offrir.»

5. Vous n’êtes pas l’unique enseignant au Carrefour des Arts de la Scène et de l’Entrepreneuriat. De fait, votre collègue Pierre Pagé enseignera pour sa part le cours «Lancement d’entreprise» dès le 25 septembre. Pouvez-vous nous parler brièvement de ce cours, de ses bienfaits et aussi de la raison pour laquelle nos lecteurs qui désirent se lancer en affaires devraient s’inscrire au CASE sans plus tarder?

«La formation en Lancement d’entreprise au CASE se présente concrètement comme la création d’un plan d’affaires dans le milieu culturel. C’est unique, dans le sens que Pierre Pagé, avec la grande expérience qu’est la sienne (il a travaillé avec les plus grands noms de la scène québécoise), guide chaque artiste et entrepreneur culturel pas à pas pour lui permettre de transformer ses créations en «produits» dans le marché culturel.»

«Cette formation est basée surtout sur un suivi individualisé. Chaque étudiant travaille sur son propre plan d’affaires, son propre projet. Cela aide énormément les artistes. C’est un temps de réflexion, d’approfondissement qui est essentiel. Un plan d’affaires n’est pas fait pour être suivi à la lettre, surtout pour un artiste. Il est là pour offrir une direction et des réponses à certaines questions fondamentales.»

Artistes, artisans, entrepreneurs culturels, si vous désirez acquérir les outils nécessaires pour vivre de votre art, inscrivez-vous sans plus tarder à la cohorte d’automne au CASE d’ici le 11 septembre pour prendre en main votre carrière!

Pour consulter nos précédentes chroniques «Dans la peau de…», visitez le www.labibleurbaine.com/Dans+la+peau+de…

Nos recommandations :

Vos commentaires

Revenir au début