«Dans la peau de...» Léa Philippe et Olivier Courtois du Festival des arts de ruelle (#FAR2020) | Bible urbaine

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«Dans la peau de…» Léa Philippe et Olivier Courtois du Festival des arts de ruelle (#FAR2020)

«Dans la peau de…» Léa Philippe et Olivier Courtois du Festival des arts de ruelle (#FAR2020)

Préparez-vous à être (vraiment) surpris... en direct de votre ruelle ou sur le web!

Publié le 4 septembre 2020 par Éric Dumais

Crédit photo : Jasmine Allan-Côté

Chaque semaine, tous les vendredis, Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d’en connaître un peu plus sur la personne interviewée et de permettre au lecteur d’être dans sa peau, l’espace d’un instant. Cette semaine, nous vous présentons Léa Philippe et Olivier Courtois du #FAR2020, deux humains allumés et survoltés qui débordent d'imagination et d'inventivité. À l'occasion de la 4e édition du Festival des arts de ruelle, ils nous jasent des bons coups de leur édition précédente et nous titillent l'imagination avec ce qui va animer les ruelles dans Ville-Marie et Rosemont—La Petite-Patrie jusqu'au 13 septembre!

Léa et Olivier, on n’en est pas à notre premier échange, puisqu’on avait déjà discuté de votre festival l’an passé afin d’en savoir plus sur sa 3e édition, qui se tenait du 6 au 8 septembre 2019! Avec un peu de recul sur le #FAR2019, comment diriez-vous que cela s’est passé, et quel est votre meilleur souvenir?

Léa: «C’était effervescent! On passait de deux à trois jours de festival, on s’invitait dans une nouvelle ruelle, on programmait 172 artistes. Du vrai sport mais ô combien satisfaisant. J’ai passé trois jours à courir parmi les festivaliers, les bénévoles et les artistes, et ce qui m’a le plus marqué, c’est que j’avais mal aux muscles des joues à force de partager autant de sourires.»

«Mon meilleur moment, c’est quand j’ai constaté la qualité d’écoute qui régnait au spectacle du duo de marionnettistes Les Marcels, juste avant les tant attendus Bleu Jeans Bleu, qui ont fait littéralement exploser la capacité de la ruelle. Je me souviens de cette fraction de seconde où j’ai arrêté ma course, où j’ai respiré et où j’ai regardé un brin le spectacle, mais surtout les visages des spectateurs.»

«Je me suis dit que c’était exactement ça notre mission; initier une foule de citoyens à des formes d’art auxquelles ils sont moins habitués, dans ce cas-ci, la marionnette pour adultes. C’est ça, le FAR, au fond. Décloisonner les pratiques artistiques et inviter à la découverte, dans une ambiance chaleureuse et bienveillante.»

Olivier: «La 3e édition du FAR est vraiment mémorable pour moi. J’avais la chance d’oeuvrer sur le comité exécutif pour la première fois et de voir naître ce moment devant mes yeux. Beaucoup de stress, bien sûr, mais j’ai réussi à profiter du festival et à assister à de nombreuses performances pendant les trois jours de festivités. De très belles découvertes pendant tout le week-end.»

«Comme l’a si bien dit Léa, notre édition 2019 a été marquée par la présence de Bleu Jeans Bleu sur notre scène. Ils ont offert un mini concert de trente minutes devant une ruelle «à guichet fermé», et on a terminé en force avec une grande danse collective offerte par SHAKE. C’est le genre de moment qu’on ne peut pas oublier!»

Là, on doit avouer que vous nous avez drôlement surpris! Pour sa 4e édition, qui se tient actuellement et jusqu’au 13 septembre, le festival s’échelonne sur 17 jours, alors que la pandémie de COVID-19 a fortement ralenti le milieu culturel et ses activités en tous genres. On est curieux de savoir: comment avez-vous pu réussir l’exploit d’une telle expansion dans un contexte aussi difficile?

Léa: «En dehors de l’organisation du FAR, j’oeuvre pour la culture en espace public, autant comme artiste de rue que comme agente de diffusion. J’ai vu tellement de magnifiques propositions éclore à la fin du printemps. Les pop-ups artistiques spontanés se sont multipliés partout et sont devenus la norme en culture durant le confinement. Ça a été une période charnière où, soudainement, tout le monde a pris conscience que des artistes professionnels pouvaient se produire en extérieur. Et comme il s’agit du coeur de ma démarche artistique depuis plusieurs années, il était évident pour moi qu’il fallait saisir l’occasion d’offrir plus, étant donné que ce créneau est notre spécialité. Je souhaite que ce mouvement d’accessibilité culturelle laisse une trace indélébile dans l’imaginaire collectif et permettre des actions en espace public de manière pérenne, qu’il y ait pandémie ou non.»

Olivier: «Au FAR, les artistes réalisent normalement des performances de cinq à vingt minutes dans une ruelle, sur une scène ou en mode déambulatoire. Ces formes peuvent facilement s’adapter. On a décidé de troquer nos scènes fixes pour des balcons, des cours ou des coins de ruelle un peu partout dans Ville-Marie et dans RosemontLa Petite-Patrie. On laisse de côté les kiosques et les installations afin d’offrir de petits bouts de bonheur aux voisinages et aux passants. C’est un grand soupir collectif de se croiser dans la ruelle et de se dire bonjour!»

Parlant du coronavirus, on se doute qu’il y a des enjeux et des défis particuliers à relever afin d’assurer le bon déroulement d’un festival extérieur comme le #FAR2020. Qu’avez-vous prévu pour que votre évènement ait lieu dans les meilleures conditions possibles, avec notamment le respect des règles édictées par la Santé publique, telles que la distanciation sociale?

Olivier: «Les lieux et les horaires des performances ne sont pas annoncés. Nous nous promenons dans les ruelles et surprenons les gens sur place. Nous évitons tout rassemblement en restant silencieux sur nos actions. Pour rejoindre un plus large public et pour faire rayonner les artistes de notre programmation, nous avons décidé de tout diffuser, en temps réel, sur notre page Facebook et sur les pages Facebook de nos partenaires. Pour garder l’esprit de notre festival, les vidéos seront uniquement disponibles au moment du direct. Un petit secret: regardez nos stories Instagram vers 16 h!»

Et côté programmation, pouvez-vous nous faire un tour d’horizon express des artistes, des univers et des activités qui vont rythmer le FAR cette année? Dites-nous qui est de la fête et la façon dont vous les avez sélectionnés!

Léa: «Depuis nos débuts, nous misons sur des artistes qui ont à coeur la transmission, le partage avec le public, le moment présent et le rassemblement. Nous programmons des artistes généreux, chaleureux et profondément humains. Les artistes avec lesquels nous nous entourons sont lumineux. Nous avons toujours eu un faible aussi pour les artistes qui oeuvrent dans le secteur pluridisciplinaire et qui s’amusent à créer des genres hybrides. On les aime atypiques!»

«Comme nous misons sur une vision très équitable quant à la façon dont on traite les artistes, j’ai de la difficulté à nommer des spectacles spécifiques à ne pas manquer… Il y en a vraiment pour tous les goûts! L’un de nos objectifs majeurs, c’est d’amener la culture aux citoyens dans une approche qui rappelle la médiation culturelle, donc nous misons sur la découverte! Je recommande donc à tout le monde d’ouvrir les yeux, les oreilles et de rester dehors à 100% durant les heures du festival!»

«Blague à part, peu importe à quel moment les spectateurs se connecteront sur Facebook pour saisir la captation en direct, ils vont passer un bon moment. Comme Olivier l’a dit précédemment, les heures des spectacles ne sont pas divulguées, seulement l’ordre de passage. Surprises en perspective!»

Voyant l’évolution rapide et florissante de votre festival d’une édition à l’autre, à quoi pourrait-on s’attendre d’encore plus fou et de novateur pour la 5e édition en 2021? Allez-y, tout est permis!

Léa: «On nous a répété que le milieu culturel devait se réinventer cette année. Ça nous a forcés à nous creuser les méninges, à sortir des sentiers battus et, encore une fois, à saisir une occasion de «décloisonner»; autant les disciplines artistiques que les limites géographiques et les cadres scéniques. C’est certain que le #FAR2021 sera particulièrement éclaté, mais assurément aussi rythmé et florissant que tous nos évènements.»

Olivier: «Pour la 5e édition, je crois qu’on visera un évènement hybride entre nos éditions précédentes et celle-ci. Certains projets sont déjà sur la table! Par exemple, nous souhaitons offrir un balado vidéo mensuel pour discuter avec les artistes et les artisans du FAR. Nous pourrons faire la promotion des artistes et de l’évènement à l’année, et rediffuser des segments marquants du festival. Au FAR, on souhaite envahir d’autres quartiers montréalais et même d’autres villes. Un projet estival, en collaboration avec un autre festival, devra attendre l’été 2021.»

Pour découvrir nos précédentes chroniques «Dans la peau de…», visitez le www.labibleurbaine.com/nos-series/dans-la-peau-de.

*Cet article a été produit en collaboration avec le Festival des arts de ruelle (FAR).

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