La danse vitale d’Hofesh Shechter à la Place des Arts avec «Grand Finale» | Bible urbaine

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La danse vitale d’Hofesh Shechter à la Place des Arts avec «Grand Finale»

La danse vitale d’Hofesh Shechter à la Place des Arts avec «Grand Finale»

Entre les murs, une danse vitale

Publié le 3 novembre 2017 par Élise Boileau

Crédit photo : Rahi Rezvani

Reconnu pour son intelligence chorégraphique et sa danse tribale à travers le monde, le chorégraphe Hofesh Shechter frappe à nouveau Montréal avec son cru 2017: Grand Finale. Depuis une petite dizaine d’années, où l’on découvrait alors Uprising / In your rooms, la compagnie ne cesse de voyager et de partager son travail. Une diffusion vitale dans nos programmations de danse.

Pour celles et ceux qui découvrent pour la première fois le monde d’Hofesh Shechter – sa danse et son art de composer avec tous les éléments -, la rencontre est bien souvent très intense. Entre les murs noirs, mobiles et évocateurs d’images, les dix danseurs bravent l’espace avec fougue, force et grande douceur à la fois. Le geste est un plein de rondeur et d’élans, surprenant dans ses changements soudains de vitesse, de direction et de caractère.

Fortement imprégnés de la technique Gaga développée par Ohad Naharin, les danseurs allient vitalité et nuances dans leur qualité de mouvement. L’espace change fréquemment de densité et nourrit le momentum de la horde à chaque instant. On note également la relation terre-ciel qui semble être moteur d’une grande majorité de la création gestuelle. Le corps s’élève et s’effondre.

L’art de composer

L’art de composer l’espace et le temps de Shechter doit beaucoup à l’aspect très cinématographique qui habite ses oeuvres. Le spectateur est plongé dans une ambiance profonde, aiguisée grâce à une conception d’éclairages fine et à une musique très narrative. Notre regard suit un véritable montage de cinéma.

En moins d’une seconde, on est ailleurs, dans un autre espace-temps. Puis on retourne au drame qu’on avait quitté quelques secondes plus tôt. Hofesh nous promène là où il veut.

Fait rare en danse contemporaine, la pièce dure 1h45. La première partie de Grand Finale est étirée et construite dans une longue succession de batailles, de blessures et de chutes. Traîner un corps mort, sauter dans l’épuisement, certaines images fortes reviennent comme des mantras. Pourtant, une lente évolution fait s’élever la pièce vers davantage de hauteur. Sur une valse de Franz Lehar, les regards sont tournés vers le ciel, déversant une pluie de bulles.

Sur cette note, une touche humoristique nous offre un entracte qui nous guidera dans une seconde finale. Davantage colorée – vestes léopard et jacket de sport remplacent les costumes beige, ocre et gris de départ, musique assez festive, liesse dans la voix des danseurs et musiciens – le retour de l’entracte nous offre une percée dans un coeur. Le saut, toujours présent, offre aux corps l’extase.

Être ensemble

Chaque danseur met sa danse au profit du groupe, avec humilité. C’est le vivre ensemble par excellence. Habiter l’espace en communauté. Partager une énergie commune. S’entraider dans l’effondrement. La force du groupe est sans aucun doute un des piliers de la signature Hofesh. Dix danseurs évoluent collectivement. Rares sont les instants où l’on laisse un corps esseulé.

À l’image des emprunts gestuels dans des danses plus traditionnelles, la musique est aussi imprégnée d’influences variées. On voyage du Gladiator de Hans Zimmer à des chants religieux, en passant par une rave party. Les percussions – caractéristiques des trames musicales d’Hofesh Shechter – se mélangent à la musique en direct de six musiciens sur scène. Encore une fois, le chorégraphe écrit brillamment la partition spatiale des instrumentistes et intègre complètement leur présence entre les murs de Grand Finale.

Difficile de tout couvrir tant l’expérience est riche d’images, de sensations et d’émotions. Je garde simplement la mémoire de chaque levée du public dès que la Hofesh Shechter Company passe à Montréal. Cinq secondes de silence dans le noir après la dernière note suffisent à sentir le pouls commun de la salle. Puis les cris, les corps debout, tous ensemble, nous faisons qu’un. Les murs s’ouvrent…

L'événement en photos

Par Rahi Rezvani

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