Daughter au Café Campus: phénomène musical en devenir | Bible urbaine

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Daughter au Café Campus: phénomène musical en devenir

Daughter au Café Campus: phénomène musical en devenir

Publié le 7 mai 2013 par Éric Dumais

Jeune sensation britannique dont les ballades pop atmosphériques ont fait le tour du globe depuis la parution de If You Leave (Glassnote), leur premier album studio, Daughter se produisait à guichet fermé hier soir au Café Campus devant une faune montréalaise qui les a littéralement dévoré des yeux.

La formation, menée de front par la voix énigmatique et vaporeuse d’Elena Tonra, nous a offert près d’une heure et demie d’intensité pure et dure, alternant les meilleurs titres de leur album studio et de leurs maxis, Wild Youth et His Young Heart, tous deux parus en 2012.

Le groupe new-yorkais Wilsen, qui s’est produit au début de la soirée, a servi d’amuse-gueule à une soirée qui s’annonçait riche en découvertes. Alternant les ballades atmosphériques à coup d’accords au ukulélé et d’envolées lyriques, le quatuor, dont les influences s’étendent d’Austra à Nick Drake jusqu’à Cat Power, nous a littéralement charmés avec sa folk raffinée située à deux doigts de celle de Daughter.

Après une salve d’acclamations bien ressenties, la formation britannique a finalement réussi à rétablir le silence avant d’entamer «Shallows», pièce qui clôture leur album If You Leave. Jouée au début du spectacle, cette chanson a donné le frisson à un public qui n’avait encore rien vu. «Candles» et «Love» ont donné un bel aperçu des premiers extraits du quatuor, mais c’est décidément «Still», le single, qui a cassé la glace.

La timidité évidente d’Elena Tonra a détendu l’atmosphère tout au long du spectacle, la jeune femme ne s’attendant certainement pas à provoquer une réaction aussi intense, aussi bien ressentie. Le public était réellement aux anges et, il n’y a pas à dire, Daughter a touché une corde sensible qui a atteint les gens droit au cœur.

Un décor sobre, ponctué d’éclairages alternant des teintes rouges et bleues, a servi de support à de jeunes musiciens plutôt professionnels dont le succès est arrivé plus vite que l’expérience. Ressemblant à deux gouttes d’eau au trio The XX, avec la puissance vocale de Florence + the Machine et l’ambiance de Cat Power, Daughter est ni plus ni moins une jeune sensation en devenir.

Les chansons «Amsterdam», «Landfill» et «Run» nous ont fait vivre d’agréables envolées lyriques, mais le bloc suivant, qui comprenait les succès «Human», «Smother», «Winter» et «Tomorrow», a provoqué l’hystérie chez certains, qui ne manquaient pas de siffler et d’applaudir à tout casser cette formation qui nous a promis de revenir prochainement.

La soirée s’est clôturée avec l’excellente «Youth», pendant laquelle Elena Tonra a dû recommencer les premiers accords, trop gênée et émue d’avoir à assumer une réaction aussi vive de la part du public montréalais. «Home» a calmé quelque peu les ardeurs, malgré le fait que c’était la dernière chanson au programme, mais décidément les Montréalais obtiennent toujours ce qu’ils désirent: Daughter est revenu l’espace d’une dernière pièce, calmant ainsi les fans qui en redemandaient encore et encore.

Outre quelques petits accrochages au niveau des accords de guitares et de légères distorsions provoquées par les micros, Daughter a fait preuve d’une maturité convaincante malgré leur bas âge, en plus de faire montre d’une polyvalence déconcertante. Elena Torna alternait, selon les chansons interprétées, la guitare électrique et la basse, alors que le batteur, un peu plus tard, a réussi à jouer de la basse tout en tapant sur son tambour, de sa main libre.

Promesse de scout, les membres de Daughter seront de retour à Montréal très bientôt, leur succès d’hier soir accotant presque celui du groupe Half Moon Run lorsqu’il avait illuminé le National aux côtés de Kandle en décembre dernier.

Appréciation: ****1/2

Crédit photo: Laurence Lebel

Écrit par: Éric Dumais

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