Émile Proulx-Cloutier au Gesù à l'occasion des FrancoFolies de Montréal | Bible urbaine

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Émile Proulx-Cloutier au Gesù à l’occasion des FrancoFolies de Montréal

Émile Proulx-Cloutier au Gesù à l’occasion des FrancoFolies de Montréal

La poésie est partout

Publié le 14 juin 2015 par Charlotte Mercille

Crédit photo : Mathieu Pothier

Émile Proulx-Cloutier donnait hier la 120e représentation du spectacle Aimer les monstres et on aurait pourtant cru être invités à une première tant la salle était fébrile. C'est devant un public conquis qu'Émile Proulx Cloutier a présenté les fruits de son premier album dans le cadre des FrancoFolies de Montréal. Derrière ses airs de premier de classe, l'auteur-compositeur-interprète a dévoilé dans l'intimité du Gesù tout l'éventail de sa personnalité à travers ses compositions. Pour ceux qui auraient manqué le concert, l'artiste offrira une ultime prestation ce soir au même endroit.

Chaque chanson, chaque personne a son histoire. C’est ce qu’Émile Proulx-Cloutier a tenté d’insuffler à ses pièces, qui forment un véritable recueil de fables transposées en musique où monstres, enfants et peuples oubliés se succèdent sur les notes du piano. Comédien, chanteur et conteur, l’artiste a élaboré un spectacle à l’image de ses multiples talents. Slam, ballade, stand-up comique, tout y passe. Si le nombre de genres musicaux explorés en un concert est impressionnant, ce sont surtout les textes tantôt engagés, tantôt personnels qui brillent à travers l’accent brut de l’artiste.

Accompagné de Pascal Racine-Venne à la batterie, Mathieu Désy aux cordes et Benoit Rocheleau au poste de musicien à tout faire, l’artiste installe rapidement une atmosphère de complicité, comme si on s’était rassemblés autour d’un feu de camp. La carrière parallèle de comédien qu’il mène est également facile à reconnaître et lui donne une belle présence sur scène. Toujours éloquent, il a lâché son fou avec la même aisance qu’il a lors des passages plus dramatiques de son répertoire. L’interprète a passé la majeure partie du spectacle campé au piano à queue, sauf pour un intermède plus comique et pour «Madame Alice» où il a amplifié l’atmosphère de cabaret en s’emparant de son accordéon.

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Le concert se démarque pour son sens impressionnant de la continuité. Émile Proulx-Cloutier s’est adressé à l’auditoire comme s’il se parlait à lui-même, dans un flot de conscience incessant, ponctué par la musique. Les jets de phrases savent aussi ralentir pour mieux peser le poids de certains thèmes, comme la solitude, le deuil et la fragilité de l’existence. Mis à part «Aimer les monstres», qui a été déplacée, et l’inclusion de quelques reprises, l’ordre de l’album était intact, de sorte que le public pouvait apprécier l’oeuvre telle qu’elle doit être écoutée, chose devenue rare à l’ère du numérique.

On pouvait sentir la salle entière frissonner lorsque l’artiste a emprunté la pièce très touchante «Mommy», popularisée par Pauline Julien, pour faire entendre la cause des autochtones du Québec. La même douce énergie a été retrouvée durant «Le Tambour de la dernière chance» puis au rappel avec «Mayday».

À la fin, Émile Proux-Cloutier a créé la propre morale à ses contes, étant que «la poésie est partout». Nous avons tous une histoire qui ressemble plus ou moins aux créations de l’auteur et c’est pourquoi celles-ci sont à la fois si douces et douloureuses à nos oreilles.

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L'avis


de la rédaction

Grille des chansons

1. Votre cochon se couche

2. Les mains d'Auguste

3. Joey se lève et court la nuit

4. Maman (reprise de la chanson «Mommy» écrite par Marc Gélinas et Gilles Richer)

5. Aimer les monstres

6. Nana

7. Madame Alice

8. Le Ttambour de la dernière chance

9. Le Grillon et la Luciole

10. Race de monde

11. Les cités grises

Rappel

12. Mayday

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