Emma Frank à l'Astral dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal | Bible urbaine

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Emma Frank à l’Astral dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal

Emma Frank à l’Astral dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal

La douceur incarnée

Publié le 28 juin 2015 par Charlotte Mercille

Crédit photo : Mathieu Pothier

Le Festival International de Jazz de Montréal à peine entamé, Emma Frank a enveloppé l'Astral de sa voix satinée en compagnie de son fidèle quatuor de musiciens. L'artiste soulignait ainsi la sortie de son nouvel album The People We're Becoming sorti ce printemps sous l'étiquette The 270 Sessions. Jazz, soul, folk... il est difficile de définir la musique de la jeune Montréalaise d'adoption tellement elle puise dans toutes sortes d'harmonies et d'influences. En revanche, ses compositions laissent rarement indifférent le spectateur qui veut bien se laisser bercer dans son monde.

Le spectacle d’Emma Frank ne réinvente pas la roue. Les arrangements, la configuration, l’enchaînement des pièces, tout s’est fait dans le dénuement, sans artifices. La musique prenait toute la place, et l’artiste a usé brillamment de tout cet espace. Les pièces font penser à des routes sinueuses, empruntant une avenue folk, un chemin jazz et même des détours soul. À travers ses textes, la chanteuse se réapproprie la tradition jazz en explorant des thèmes qui ressemblent davantage à son vécu. Elle aborde l’amour, le divorce, le bonheur en toute transparence dans sa propre démarche introspective.

Le quintette s’est débarrassé de la nervosité avec quelques pièces de «For Being Apart», le premier album de Frank paru l’année dernière, telles qu’«Age of Doubt» et «It’s Not Ours». Dans sa longue robe à motifs, Emma Frank paraissait faite de porcelaine, aussi délicate que la voix qui lui vaut tant de comparaisons à Joni Mitchell. L’ensemble a dévoilé le nouveau matériel vers la moitié de la prestation avec «Scale», «Omma» composée par le trompettiste James Millar et la touchante «In Separation» qui raconte la séparation des parents de l’artiste.

Frank s’est dit heureuse de se produire à Montréal et a complimenté son auditoire, tout en gardant sa discrétion charmante. La gratitude se lisait encore mieux sur les traits détendus de son visage et dans la chaleur de sa voix. Les autres musiciens (Isis Giraldo au piano, Marc Béland à la batterie et Gabriel Drolet à la contrebasse) ont tissé une belle symbiose autour des élans lyriques de la chanteuse. Le trompettiste James Miller est connu pour son style feutré, mais on avait peine à l’entendre pour plusieurs pièces, mis à part les magnifiques partitions pour trompette de «Clouds» ou encore la pièce-titre «The People We’re Becoming», en toute fin de spectacle.

C’est sur une note d’espoir que le quintette a salué l’Astral en concluant avec «Life Flows In» et le rappel «Patience». En somme, Emma Frank a donné une prestation timide, mais si attachante dans l’ambiance tamisée de l’Astral. Si l’auteure-compositrice-interprète native de Boston a définitivement adopté Montréal, la métropole l’a également chaleureusement accueillie hier soir à l’occasion du prestigieux Festival International de Jazz de Montréal. L’ancienne serveuse au Café Résonance et son house band ont une belle carrière en jazz vocal et risque de continuer à nous épater dans les années à venir.

L'événement en photos

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Par Mathieu Pothier

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