Entre mélodies mélancoliques et rythmes joyeux: The Lumineers au Centre Bell | Bible urbaine

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Entre mélodies mélancoliques et rythmes joyeux: The Lumineers au Centre Bell

Entre mélodies mélancoliques et rythmes joyeux: The Lumineers au Centre Bell

Des émotions en montagnes russes

Publié le 8 mars 2020 par Douâe Ayach

Crédit photo : Thomas Mazerolles

Vendredi soir, le Centre Bell a accueilli le trio de folk américain The Lumineers. En tournée pour promouvoir son troisième album intitulé III, le groupe a marqué son neuvième arrêt nord-américain à Montréal. Avec pas moins de dix chansons tirées de l’album III, c’était l’occasion rêvée de découvrir ce projet qui, pour moi, est de loin le plus réussi de leur carrière. Dans cette œuvre plus sombre et plus mélancolique que ses prédécesseurs, on découvre à travers trois chapitres la vie de la famille Sparks, bercée par la tragédie et la dépendance. Je me suis donc laissé conter cette lourde histoire qui prend ses racines dans les catacombes de l’enfance du chanteur. Grâce à deux excellentes premières parties et au fin mélange des morceaux interprétés, la soirée fut marquée par de véritables émotions en montagnes russes!

L’ADN de The Lumineers décortiquée avec J.S. Ondara et Mt. Joy

Sur le choix des artistes qui allaient ouvrir son spectacle, le groupe a fait, à mon humble avis, un sans-faute. Tout d’abord, J.S. Ondara nous a livré une prestation en toute modestie, en simplicité et en grâce. Trois éléments que l’on retrouve chez The Lumineers.

Cet artiste, originaire du Kenya, a joué de superbes versions intimistes d’une sélection des chansons de son album Tales of America. Accompagné d’un violon, d’un alto et d’un violoncelle, il a su toucher mon âme sensible dès la première note. J’ai eu un gros coup de cœur pour sa voix puissante et tremblante (malgré quelques notes aiguës plutôt osées), dont la signature de vibrato rappelle bien celle de Tracy Chapman.

Je retiens particulièrement le titre «Saying Goodbye» qui reste dans la tête!

Ensuite, nous avons eu le plaisir d’écouter le groupe indie rock Mt. Joy, qui nous a livré neuf chansons toutes en couleurs et en joie. Rythmes entraînants, voix forte et cristalline, je ne pouvais m’empêcher de faire le lien avec l’ADN même de The Lumineers. Le quintette a ainsi fait danser le public dès sa première chanson, «Jenny Jenkins», et jusqu’à la fin sur «Silver Lining».

J’ai beaucoup apprécié le solo de guitare sur «Let Loose» et de piano sur «Dirty Love», pour laquelle le chanteur Matt Quinn a troqué sa guitare pour son ukulélé. Les reprises de «Ain’t No Sunshine» et de «Clint Eastwood» ont été bien exécutées, même si elles n’étaient pas très rafraîchissantes à mon goût. Mon morceau préféré de leur prestation reste «Astrovan», qui  transmettait une énergie positive à la Coldplay.

The Lumineers, en plus sombre

Après les premières parties qui ont bien chauffé la salle, les fans étaient très excités lorsque le groupe est entré sur scène sur les notes de «Gimme Shelter» des Rolling Stones (l’une de mes chansons préférées, soit dit en passant).

J’ai découvert une scène simpliste mais majestueuse, avec trois formes géométriques dressées à l’effigie de leur troisième album. Wesley Schultz et Jeremiah Fraites ont ouvert le bal avec «Sleep On the Floor», chanson tirée de l’album Cleopatra. Ils ont été rejoints par la violoncelliste Neyla Pekarek et par trois autres musiciens (basse, clavier et percussions), qui ne sont pas des membres à part entière, mais qui contribuent grandement lors des tournées.

Avec «Life in the City», issue de l’album III, j’ai été instantanément plongée dans l’univers mélancolique de celui-ci. Mais je dois avouer que j’en suis sortie aussi rapidement que j’y étais entrée, avec une interprétation très dynamique de plusieurs chansons du premier album, dont la fameuse «Ho Hey», chantée en chœur par le public. On a même eu le droit à une version endiablée de «Subterranean Homesick Blues» de Bob Dylan.

Pendant presque deux heures, je me suis laissée porter par un spectacle de lumière et d’images très dynamique, un jeu de scène intime et vivant, une voix puissante et gorgée de douleur par moments. Le mariage de tous ces éléments était calculé, mais restait tout à fait honnête, ce qui transmettait une émotion pure et intense à la salle.

Durant la représentation, Wesley s’est adressé à plusieurs reprises au public pour partager des anecdotes très poignantes, expliquant l’origine des chansons «Gun Song» et «Slow it Down», dont il nous a livré une interprétation intime aux côtés de «son frère depuis 15 ans», Jeremiah.

Le chanteur est allé encore plus loin dans son interaction avec le public quand il est descendu dans la fosse durant la chanson «Angela». Je n’ai pas eu la chance de lui serrer la main, mais il a traversé la salle entière allant d’un gradin à un autre au grand bonheur de ses fans hystériques. Puis, il a rejoint la scène juste à temps pour démarrer la chanson «Gloria», accompagné de Neyla qui a pris place au piano.

C’est à ce moment-là que j’ai senti l’ambiance du spectacle changer, car nous étions maintenant très loin des rythmes entraînants qu’on connaît du groupe.  J’ai vécu en direct, grâce aux écrans géants, l’histoire de la descente aux enfers de la famille Sparks sur trois générations, avec «Gloria» et «Jimmy Sparks», pour commencer.

Quand le leader, avant d’interpréter «Leader Of The Landslide», nous a partagé son témoignage personnel quant aux combats de sa famille contre la dépendance, mon émotion a pris une tout autre dimension et je me suis sentie petite devant le poids des paroles qu’il m’a servi avec une voix puissante et bouleversante.

Avant de clore son spectacle, The Lumineers a réussi à ramener son public à une ambiance beaucoup plus joyeuse avec la chanson «Cleopatra», suivie de «Big Parade». Respectant son équation d’ascenseur émotionnel, il nous a servi entre les deux une magnifique et émouvante reprise de «Democracy» de Leonard Cohen, en partageant la scène avec J.S. Ondara et Matt Quinn. J’ai trouvé la prestation de ce dernier à couper le souffle!

Pour le rappel, les musiciens sont revenus sur scène avec trois chansons tirées de leur plus récent album, me permettant de plonger plus profondément dans les mésaventures de la famille. Le groupe a interprété aussi leur grand hit «Ophelia», et a fini avec «Stubborn Love» avant de quitter la scène sous les acclamations assourdissantes d’un public en feu.

Ce fut une soirée de belles découvertes. J’ai personnellement une grande préférence pour l’album III, mais j’ai beaucoup apprécié le cocktail bien dosé que le groupe nous a offert entre mélodies mélancoliques et rythmes joyeux.

Un grand merci aux artistes pour ce beau voyage chargé en émotion!

The Lumineers au Centre Bell en images

Par Thomas Mazerolles

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L'avis


de la rédaction

Grille des chansons

1. Sleep on the Floor

2. Life in the City

3. Flowers in Your Hair

4. Submarines

5. Gun Song

6. Subterranean Homesick Blues (reprise de Bob Dylan)

7. Ho Hey

8. It Wasn't Easy to Be Happy for You

9. Slow It Down

10. Angela

11. Gloria

12. Jimmy Sparks

13. Gale Song

14. My Cell

15. Left for Denver

16. Leader of the Landslide

17. Cleopatra

18. Democracy (reprise de Leonard Cohen)

19. Big Parade

Rappel

20. Donna

21. Ophelia

22. April

23. Salt and the Sea

24. Stubborn Love

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