Festival Osheaga, jour 1 | Bible urbaine

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Festival Osheaga, jour 1

Festival Osheaga, jour 1

Un menu éclectique avec OutKast, Skrillex, London Grammar, Awolnation et plusieurs autres

Publié le 2 août 2014 par Éric Dumais

Crédit photo : Patrick Beaudry, Tim Snow et Eva Blue

Dame nature fut clémente envers les festivaliers, en cette journée d’inauguration de la 9e édition du festival Osheaga 2014, en offrant une journée chaude et ensoleillée qui a permis à la foule de se mettre à ses aises pour mieux profiter des prestations offertes. Parmi les nombreux groupes au menu, on applaudit la prestation énergique et intense de Skrillex, qui a carrément volé la vedette hier au Parc Jean-Drapeau, et le concert intimiste des Britanniques London Grammar, qui vont définitivement faire tourner les têtes dans un avenir rapproché.

BLEACHERS

Jack Antonoff, celui qui s’est fait connaître grâce à son jeu de guitare au sein de la formation américaine Fun., est venu présenter pour la toute première fois en sol canadien les titres de son projet parallèle, Bleachers, en compagnie de ses quatre musiciens. Très heureux d’être à Montréal, et loin de sa banlieue du New Jersey, l’artiste au look geek a relativement calqué l’ambiance qui règne sur Strange Desire, son premier album. De «Wild Heart», avec laquelle le quintette a dressé la table, puis «Rollercoaster» et «Shadow», Bleachers a réussi à offrir une prestation énergique, devant toutefois une foule clairsemée et adolescente, la preuve étant que sa reprise de la pièce «Dreams» des Cranberries a pratiquement passé dans le beurre, le public ne connaissant pas du tout les paroles. «Reckless Love» et «I Wanna Get Better» furent bien accueillies également, mais Antonoff, malgré de flagrants efforts, n’a pas réussi à transmettre l’envie d’aller le revoir en salle lors d’un prochain passage dans la métropole. www.bleachersmusic.com.

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ODESZA

Harrison Mills et Clayton Knight, qui forment le duo de Seattle ODESZA, ont offert une prestation linéaire mais rythmée qui a semblé ravir la foule dense qui était rassemblée devant la scène du Piknik Electronik. Avec une scénographie simpliste mais efficace, des rayons laser balançant leurs faisceaux lumineux bleus et mauves de haut en bas, ou des contours de grattes-ciel se dessinant à la manière d’un égaliseur numérique, le tandem de musique électronique a réussi son coup, à savoir captiver son public et le faire danser sur ses rythmes enjôleurs. Les nouvelles pièces d’ODESZA ont reçu un bel accueil, cependant l’album, intitulé In Return, ne sera en magasin qu’à compter du 9 septembre prochain. A final, il se dégage une belle énergie de leurs morceaux, avec cette base électro toujours très dansante et ces chœurs robotisés qui viennent former une strate de plus pour dynamiser l’ensemble. On déplore cependant le manque d’interaction avec le public et surtout la redondance des pièces, qui se ressemblent toutes, sans grandes variations. http://inreturn.odesza.com.

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MANCHESTER ORCHESTRA

Les gars de Manchester Orchestra, malgré l’acoustique qui enterrait la voix nasillarde d’Andy Hull, chanteur et guitariste de la formation, ont livré l’une des prestations les plus rock de la journée, avec un court programme qui comprenait autant de nouvelles que d’anciennes pièces. Ils ont ouvert le bal avec «Pride», qui figure sur Mean Everything to Nothing, avant de livrer le doublé «I Can Barely Breathe» et «The Ocean». Ils ont ensuite joué la fort attendue «Top Notch», pièce inaugurale de leur plus récent album COPE, le titre étant imprimé en grandes lettres blanches sur un drapeau leur servant d’unique décor. Sur album, l’énergie dévorante des musiciens est palpable, mais on a tendance à se lasser rapidement de leur style, très linéaire et passe-partout, et c’est exactement la même sensation qui a semblé gagner le public. La foule, clairsemée et distraite, semblait distante ou avait carrément la tête ailleurs. Manchester Orchestra mériteraient d’avoir en banque quelques pièces plus marquantes afin d’attirer davantage l’attention! http://themanchesterorchestra.com.

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AWOLNATION

Probablement l’un des concerts les plus décevants de la journée, Awolnation ne semblait pas carburer à plein régime hier en fin de journée. Et pourtant, leurs pièces électro-rock sont hyper entraînantes, les mélodies des claviers toujours aussi catchy, c’est à se demander si la mauvaise acoustique de la scène de la Montagne n’y était pas pour quelque chose. Car, fidèles à leurs habitudes, les musiciens ont marqué le coup d’envoi avec la pièce d’introduction «Megalithic Symphony», avant d’enchaîner avec les bons coups de l’album du même nom. Ainsi, «Not Your Fault», «Jump On My Shoulders» et «All I Need» ont reçu un accueil chaleureux de la foule, mais pas autant que le succès «Sail», qui a littéralement provoqué l’euphorie. Hier, on était certes loin de l’énergie qu’Aaraon Bruno et ses comparses avaient partagée en octobre 2011 au La Tulipe, on aurait demandé une meilleure proximité avec les artistes, qui ne font définitivement pas le poids sur la scène d’un festival d’envergure tel qu’Osheaga. http://awolnationmusic.com.

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LONDON GRAMMAR

Le trio anglais London Grammar est quant à lui voué à un méchant bel avenir, comme il l’a prouvé en direct de la scène verte en début de soirée. La voix claire et puissante d’Hannah Reid, dont les intonations chargées d’émotions rappellent le coffre de Florence Welsh de la formation Florence + the Machine, y est pour beaucoup, les variations vocales étant toujours bien dosées. Avec London Grammar, on se retrouve en fait plongé dans un univers rock feutré, où les arpèges de la guitare nous dessinent de belles mélodies, toujours interprétées avec douceur et doigté. Ils ont d’abord réchauffé la place avec le titre inaugural «Hey Now», avant de se disperser à travers les morceaux de leur album If You Wait, notamment les excellents «Shyer», «Stay Awake», «Strong» et «Metal & Dust», avec laquelle ils ont clôturé leur prestation, avec une petite avance de cinq minutes. On leur pardonnera ce léger écart, car leur prestation était fort satisfaisante, prouvant une fois de plus qu’avec de bonnes mélodies, il n’est nullement nécessaire d’avoir une scénographie de qualité pour embellir le tableau. Parfois, la simplicité, c’est gagnant. www.londongrammar.com.

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SKRILLEX

Le maître du dubstep est décidément plus à sa place derrière ses platines qu’il ne l’était derrière le micro lorsqu’il était le chanteur de la formation emocore From First To Last. Skrillex, alias Sonny Moore, a en effet livré toute qu’une performance, où il a joué bon nombre de morceaux tronqués et de reprises. Il a évidemment offert «Bangarang», en fin de parcours, mais celle-ci fut de courte durée, tout comme le clin d’œil envoyé expressément à Kanye West. Avec ses lunettes teintées, son t-shirt de Metallica et ses gros écouteurs Beats, Skrillex avait du style et était en grande forme. Il s’est gâté avec les titres de son plus récent album Recess, mais il faut en convenir, sa musique est borderline agressante et après une heure et demie, il était temps de passer à autre chose. Heureusement, Moore s’est permis quelques intermèdes, interagissant avec la foule et l’encourageant, par exemple, à éclairer le site du Parc Jean-Drapeau avec leurs cellulaires. Mais, qu’on aime sa musique ou non, il demeure que Skrillex attire les foules, et celle rassemblée pour lui devant la scène de la Montagne a semblé avoir du plaisir, à voir les gens danser ou les quelques filles en soutien-gorge qui se dandinaient sur les épaules de leurs chums. Sa présence à Osheaga fut un bel atout cette année, mais on l’aurait également apprécier à îleSoniq dans deux semaines, comme la programmation bat légèrement de l’aile. Mais ça c’est une autre histoire.

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OUTKAST

Les populaires rappeurs américains Big Boi et André 3000 ont livré un concert haut en couleur hier soir devant une foule qui semblait hystérique à l’idée d’assister à la réunion de ces stars du rap, qui ont ni plus ni moins vendu plus de vingt millions d’albums depuis le début de leur carrière! Big Boi arborait le style urbain, avec sa longue chaîne en or et sa casquette noire à son effigie (on y retrouvait en effet les mots «Big Boi»), alors qu’André 3000 portait de son côté sa fameuse perruque blanche et son ensemble one piece noir où on pouvait lire «Life is short take more baths». Sur le côté pendait une large étiquette avec le signe «$» au recto et la mention «SOLD» au verso, comme s’il avait volé le morceau. Un vrai sac à blagues!

Autrement, et comme tout bon concert de musique rap, le tandem s’est fait attendre une bonne dizaine de minutes, avant de casser la glace avec «B.o.B», enfermé dans une grande boîte placée en plein cœur de la scène. Après quelques simagrées, ils sont sortis pour rapper et offrir bon nombre de leurs succès. «Ms. Jackson» fut évidemment l’une des premières à susciter l’euphorie généralisée, mais pas autant que «Hey Ya», durant laquelle de nombreux festivaliers, qui s’apprêtaient à quitter le site, sont revenus pour prendre position et danser quelques minutes de plus. Sur scène, une dizaine de danseuses plantureuses occupaient l’espace et se dandinaient au rythme de la musique. Mais après le morceau, la plupart sont repartis de plus belle, laissant OutKast devant un dernier quart restant et une foule clairsemée, ce qui est légèrement dommage pour un duo de rap aussi connu et respectable. www.outkast.com.

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Tout n’a pas été parfait, et les scènes secondaires sont fort éloignées des deux scènes principales, la distance entre elles suffit donc à nous faire rater certaines prestations, mais il faut s’entendre pour dire qu’on ne peut pas tout voir dans un festival de cet envergure et c’est bien correct ainsi. Certains des artistes présents seront effectivement en concert à Montréal au cours des prochains mois, comme London Grammar, qui joueront au Club Soda le 18 novembre prochain. Rendez-vous demain matin, même heure, même poste, pour notre couverture du jour 2 d’Osheaga 2014 avec notamment The Belle Game, Modest Mouse, Nick Cave and the Bad Seeds, Jack White et plusieurs autres!

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