Groenland et Folly & the Hunter au Théâtre Corona Virgin Mobile de Montréal | Bible urbaine

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Groenland et Folly & the Hunter au Théâtre Corona Virgin Mobile de Montréal

Groenland et Folly & the Hunter au Théâtre Corona Virgin Mobile de Montréal

Plaisir divin

Publié le 14 mars 2014 par Éric Dumais

Crédit photo : Gabryelle Côté

C’est sous le thème du plaisir que le sextuor montréalais Groenland a inauguré le premier anniversaire de son album The Chase sur la scène d’un Théâtre Corona Virgin Mobile plein à craquer. Il est rare qu’au Québec un groupe aussi jeune arrive à attirer les foules, mais il faut croire que la boule d'énergie Sabrina Halde et sa bande ont mis le doigt sur des mélodies qui leur collent à la peau et qui résonnent bien aux oreilles des mélomanes.

«Vous êtes une belle gang. Faque on va passer un petit moment ensemble!», s’est exclamée une Sabrina tout sourire, visiblement touchée de chanter devant autant de spectateurs. Pendant qu’elle parlait au micro, on pouvait déjà entendre, en arrière-plan, des sonorités de style 8-bit qui battaient la mesure et qui ont marqué le point de départ de la pièce «The Chase».

À six musiciens sur scène, Groenland impose le respect et le professionnalisme, et c’est justement cette diversité sonore qui donne à leur musique pop-indie toute cette dimension orchestrale qui caresse les tympans. Durant «Superhero», deux musiciens en extra sont montés sur scène, avec leurs instruments à vent pour donner tout le souffle à cette chanson qui a fort bien été reçue.

«Écoutez-vous la TV? Pas moi! C’t’une farce. On a une toune, de Groenland, qui a passé aux Beaux malaises, on était ben contents!», a affirmé Sabrina, avant d’enchaîner, ukulélé en main, avec la ballade «Daydreaming». Jusqu’à présent silencieux, Jean-Vivier Lévesque, l’autre membre fondateur de la formation, a manifesté sa présence en demandant au public: «Avez-vous du fun un peu?» Incitant la foule à taper des mains, le groupe a joué «Criminals» et ses mesures chantantes en «Ah ah ah ah ah!», tenant ainsi sa promesse de nous faire bouger.

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L’intense «Immune» a bien sûr permis à Sabrina de montrer de quel bois elle se chauffe, avec cette voix puissante qui donne le frisson, mais on a senti qu’elle n’était pas à son plein potentiel hier, comme si elle avait un peu de difficulté à atteindre les aigües. Mais tout est rentré dans l’ordre, après qu’elle ait atteint, seule avec son ukulélé, l’une des loges réservées aux membres Virgin Mobile afin d’interpréter «Some of Us», une chanson inédite enregistrée aux Îles-de-la-Madeleine à l’été 2013.

Après «The Things I’ve Done», Groenland réservait une belle surprise à son public pour le moins participatif: Lisa LeBlanc fut leur invitée d’honneur, se joignant au groupe l’instant de deux chansons. Durant les premières minutes, c’est à peine si on a entendu à la fois Lisa et son banjo, comme s’ils étaient complètement enterrés par le bruit de l’orchestre déjà en place. Puis l’auteure-compositrice-interprète acadienne a pris le lead pour présenter sa nouvelle pièce  en anglais «You Look Like Trouble But I Guess I Do Too», qu’elle avait jouée aux côtés de Scarlett Jane à L’Upstairs en janvier dernier.

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Au rappel, les musiciens de Groenland en ont surpris plusieurs en interprétant un cover de «Retrograde», l’un des principaux succès de James Blake. C’était définitivement un moment magique, le sextuor s’appropriant l’espace d’un instant l’univers mélancolique de l’artiste britannique. Puis ils ont joué la pièce inaugurale de l’album, «Our Last Shot», concluant dans la bonne humeur ce spectacle de 75 minutes qui a confirmé une fois de plus tout le talent de ces jeunes musiciens inventifs et originaux.

Folly & the Hunter

C’est la formation montréalaise Folly & the Hunter qui s’est occupée de briser la glace avec de sublimes morceaux en provenance des albums Residents (2011) et Tragic Care (2013), lesquels offrent un paysage musical assez différent, l’un étant très folk et rythmé, l’autre plus orchestral et introspectif. Ainsi, les titres «Tragic Care» et «How it Came Down» ont pu être entendus, plongeant les spectateurs dans un univers intimiste et paradisiaque, comme Bon Iver ou Band of Horses savent si bien le faire. Malgré une timidité évidente, peut-être à cause de son accent anglophone très marqué, le chanteur Nick Vallee a vraiment donné tout ce qu’il avait en réserve, poussant la note pour nous faire vivre tout un lot d’émotions, décuplées par la prestance de ses cinq musiciens. Un groupe folk orchestral à découvrir dès maintenant: www.follyandthehunter.com.

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