Jean-Michel Blais avec Ólafur Arnalds à la Maison symphonique de Montréal | Bible urbaine

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Jean-Michel Blais avec Ólafur Arnalds à la Maison symphonique de Montréal

Jean-Michel Blais avec Ólafur Arnalds à la Maison symphonique de Montréal

Deux univers en parfaite symbiose

Publié le 30 juin 2018 par Éric Dumais

Crédit photo : Mathieu Pothier

Je préfère jouer la carte de l’honnêteté avec vous: en ce vendredi, deuxième soir des festivités à l’occasion de la 39e édition du Festival International de Jazz de Montréal, j’avais enfin mon rendez-vous privilégié avec Jean-Michel Blais, qui présentait son album Dans ma main pour la première fois à la Maison symphonique de Montréal. Une occasion en or pour le Montréalais de prouver qu’il a toutes les cartes en main pour devenir un prodige en son genre. D’autant plus qu’on lui a proposé un plateau double avec le compositeur islandais Ólafur Arnalds, dont la réputation n’est plus à faire. Une chance qu’on ne refuse pas!

«Faque, j’suis à la Maison symphonique !», s’est exclamé Blais, tout sourire, alors qu’il venait tout juste de nous livrer une version fort réussie de la pièce «Roses». Avant de nous raconter qu’il n’y a pas si longtemps de cela, c’est lui qui se retrouvait assis dans la dernière rangée de la salle en tant que spectateur, et qu’aujourd’hui il se retrouve sur scène, au centre de l’attention, il s’est permis une petite pointe coquine envers ceux qui ont oublié de régler leur montre à la bonne heure: «Bonsoir aux retardataires. Vous avez juste manqué le meilleur!» La glace était cassée, et le meilleur n’était pas encore consommé; il était à venir.

Avant même que Jean-Michel Blais n’entame les premières notes d’«Igloo», il s’est retrouvé, comme à l’ouverture du concert, baigné d’une lumière bleutée qui rappelait la signature visuelle de son second album. L’arrangeur et compositeur s’est levé de son banc pour se retrouver devant son attirail et nous plonger dans un univers texturé de nappes électroniques bien rythmées. Ont suivi «Outsiders» et «Nostos», durant laquelle cinq projecteurs diffusaient une lumière blanchâtre, voire angélique, convergeant vers le plafond. La pièce qui a suivi, «Blind», fut l’un des moments clés du spectacle. Juste avant, Blais nous a expliqué brièvement sa démarche musicale, qui consiste, entre autres, à extirper des sons de pianos et à les réarranger, de même que la dimension spirituelle qui traverse son œuvre. Un moment de toute beauté.

Sa signature apporte une dimension nouvelle aux concerts classiques. On entre avec fascination dans sa bulle, et on se plaît à vouloir y rester, tellement elle est confortable, caressante, reposante.

Derrière moi, un spectateur s’est penché à l’oreille de sa femme, et j’ai tout entendu. «Il ne se prend pas pour un autre, lui», lui a-t-il confié, et c’est tout à fait vrai. J’approuve. Et c’est peut-être même pour cette raison précise qu’on a adoré entrer dans la bulle de Jean-Michel Blais durant 75 minutes: il aime se confier à son public, il flirte avec l’humour pour bien faire passer le courant, et il pianote avec doigté des mélodies qui font battre les cœurs. Entre la finesse et la virtuosité de Yann Tiersen et Ludovico Einaudi, le pianiste a su trouver son juste équilibre, ou un mélange des deux.

Pour reprendre tes mots, Jean-Michel, bravo de t’être botté le cul pour lancer ton deuxième album lors du Festival International de Jazz de Montréal. Ce fut un début de soirée exceptionnelle en ta compagnie. On reviendra certainement.

Un moment grandiose avec Ólafur Arnalds

En deuxième partie de soirée, le public n’a pas été laissé en reste. C’est nul autre que le compositeur islandais de renommée internationale Ólafur Arnalds qui allait reprendre les rênes, cette fois avec un ensemble de cinq musiciens classiques. Celui qui a entre autres signé la trame sonore de la série télé britannique à succès Broadchurch s’est révélé un personnage lui aussi fort sympathique, s’exprimant assez bien en anglais, avec un humour qui confirmait que l’idée de ce plateau double était bien pensée. 

Visuellement, c’était plutôt réussi: avec ses cinq musiciens disposés tout autour de lui, ses pianos, ses claviers et ses onze colonnes de lumières qui, lorsqu’elles clignotaient, ressemblaient drôlement à des lucioles en mouvement, Arnalds en a mis plein la vue et les oreilles. Alternant entre des pièces classiques et d’autres plus électro d’une exquise beauté, l’Islandais nous a fait voyager en sa compagnie, mais il se dégageait légèrement moins d’émotivité que lorsque Blais était derrière le piano. Deux univers en parfaite symbiose, donc, mais à quelques différences près.

Reste que les pièces «Only the Winds» (où il a demandé au public de chanter la note C qu’il allait ensuite enregistrer et passer en boucle), «Beth’s Theme», «Ypsilon», «Nyepi» (durant laquelle on a eu droit à un vibrant solo de violon), «Near Light» et, en rappel, «Lag Fyrir Ömmu», une chanson dédiée à sa défunte grand-mère, ont donné lieu à de beaux moments d’introspection et de méditation contemplative.

Il nous a promis de revenir très bientôt. On espère bien qu’il tiendra sa promesse!

Le plateau double de Jean-Michel Blais et Ólafur Arnalds en photos

  • Jean-Michel Blais avec Ólafur Arnalds à la Maison symphonique de Montréal
    Jean-Michel Blais
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    Ólafur Arnalds
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Par Mathieu Pothier

L'avis


de la rédaction

Grille des chansons

1. Roses

2. Igloo

3. Outsiders

4. Nostos

5. Blind

6. Hypocrite

7. Sourdine

8. Dans ma main

9. God(s)

10. A Heartbeat Away

Rappel

11. Il

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