La 5e tournée canadienne de Lizt Alfonso Dance Cuba à la Place des Arts | Bible urbaine

Sorties_Danse

La 5e tournée canadienne de Lizt Alfonso Dance Cuba à la Place des Arts

La 5e tournée canadienne de Lizt Alfonso Dance Cuba à la Place des Arts

Au plaisir de revoir la Cubaine, sans gêne, sans retenue, sans hésitation

Publié le 27 février 2019 par Gabrielle Lebeau

Crédit photo : Tous droits réservés

Au Théâtre Maisonneuve pour une représentation unique de Lumières sur Cuba, Lizt Alfonso Dance Cuba (LADC) entame sa cinquième tournée canadienne jusqu’au 20 mars 2019. Fondée par la Cubaine du même nom alors qu’elle avait 23 ans, la compagnie diffuse à l’international son style où se fusionnent le moderne et la tradition: ballet, danse contemporaine, flamenco, danses populaires cubaines et rythmes afro-cubains. Des musiciens accompagnent les danseurs; c’est d’ailleurs l’un des points forts du spectacle! Mais pour les Cubains de sang ou d’âme, cette nouvelle production peut sembler en deçà du potentiel que nous reconnaissons à leur pays et nous donner faim de moins de clichés au profit de plus de racines, d’afrocubain, de spiritualité, de Santeria, d’histoire, de sang, de puissance, de technique et de passion… l'idée que nous nous faisons de Cuba, finalement!

«Tout le monde veut en savoir plus sur qui nous sommes et où nous allons. Ils sont à la recherche de voitures anciennes, d’architecture éclectique, de tabac, de rhum, de plages… Un pays apparemment figé dans le temps. Mais nous sommes bien plus que cela». C’est le propos que défend la créatrice au coeur de sa nouvelle production.

Lizt Alfonso est reconnue comme leader d’opinion à l’international, ayant reçu en 2016 le Prix international Spotlight du Comité présidentiel des arts et des sciences humaines des États-Unis, décerné par Michelle Obama, pour son travail éducatif et social auprès de milliers d’enfants et adolescents. La mission de Lizt Alfonso est louable et toujours d’actualité.

Cependant, au fil des tableaux, une impression de déjà-vu s’instaure: les trames sonores, les costumes, les styles et les histoires racontées sont plus ou moins ce que tout bon touriste québécois aura pu voir sur une scène de cabaret à Cuba ou dans le vidéoclip Bailando (2015), où la compagnie a dansé admirablement bien. La fusion est intéressante, mais le spectacle entier, de même que les danseurs, semblent manquer de rodage. Mais surtout, la volonté de montrer Cuba autrement que comme un pays «figé dans le temps» n’est pas réalisée.

Oui, juste avant l’entracte, un tableau nous permet un court voyage dans l’univers de la Santeria cubaine, religion dérivée du culte africain Yoruba. Mais même cette apparition ne semble pas tout à fait assumée, car au milieu des personnages mystiques, un couple de danseurs «modernes» détourne l’attention. Un mélange hétérogène qui semble traduire une volonté de plaire à tout le monde, de montrer un peu du vrai Cuba, mais pas trop, car cela pourrait effrayer, cela pourrait déplaire.

Gastronomie, musique, danse, littérature, éducation, médecine, dentistes, sens de l’entraide, de la communauté, de l’égalité sociale, du métissage… Cuba a tant à offrir et le Québec a tant à recevoir. Tout ce que l’on peut souhaiter, c’est de recevoir de nouveau Lizt Alfonso à la Place des Arts, mais cette fois sans gêne, sans retenue, sans hésitation.

En attendant, nous ne pouvons qu’inviter les Québécois à voyager à Cuba hors resort et à commencer par Montréal: manger au Café Cubano, apprendre la salsa cubaine chez Titosalsabor, aller écouter le groupe Trabuco Habanero, danser l’afro-cubain au rythme des tambours avec Afrocuban Association of Montreal ou Ynamso, suivre le danseur finaliste de Révolution Yoherlandy participer aux activités de la Chambre de commerce et d’industrie Canada-Cuba…

Et puis, pour les passionnés: visitez La Havane! Et, pourquoi pas, participer au stage intensif en danse fusion, du 1er juillet au 11 août 2019, qu’offre l’école de danse Lizt Alfonso! Au programme, ballet, flamenco, folklore, préparation physique, chorégraphie, conférences et bien plus.

L'avis


de la rédaction

Nos recommandations :

Vos commentaires

Revenir au début