«La Valkyrie» de Wagner à l'OSM | Bible urbaine

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«La Valkyrie» de Wagner à l’OSM

«La Valkyrie» de Wagner à l’OSM

Grandiose clôture de saison à la Maison Symphonique

Publié le 28 mai 2015 par Charlotte Mercille

Crédit photo : Frédéric Lauzier-Young

C'est avec un programme ambitieux, signé Wagner, que l'OSM et son chef-d'orchestre Kent Nagano ont choisi de terminer la saison 2014-15 hier soir à la Maison Symphonique de Montréal. L'orchestre ainsi que les trois chanteurs invités, Heidi Melton, Torsten Kerl et Petri Lindroos, ont certes épaté la galerie grâce à une interprétation remarquable du premier acte de la pièce d'opéra «La Valkyrie». Le concert compte encore deux représentations aujourd'hui et demain avant que l'OSM ne tire sa révérence pour l'été.

Au milieu d’un orage, le héros Siegmund trouve refuge dans la hutte de Hunding où il sera recueilli par la femme de ce dernier, la belle Sieglinde. Dès le premier contact, une tendresse se développe entre les deux personnages meurtris par les épreuves, une idylle qui sera vite freinée par l’arrivée de Hunding.

C’est sur ces prémisses que l’un des opéras les plus connus de Wagner, «La Valkyrie» ou «Die Walküre» débute. La pièce fait partie de l’impressionnante tétralogie opératique de Wagner, qui dure plus de 15 heures, et compte une quarantaine de personnages. Le compositeur aura travaillé sur l’oeuvre pendant plus d’un quart d’un siècle en plus d’écrire lui-même le livret, des chiffres qui expliquent en partie l’immortalité de l’opéra à travers les siècles.

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En termes de grandeur, seule la distribution d’hier soir rivalisait avec l’oeuvre de Wagner. Véritable étoile montante, la jeune soprano Heidi Melton a livré une performance remarquable de la pauvre Sieglinde. Le chanteur allemand Torsten Kerl est également un ténor dramatique de renommée internationale qui s’est produit dans les plus importantes maisons d’opéra dans le monde, dont la Scala de Mila, le MET de New Yok ou encore Covent Garden à Londres. Le talentueux baryton Petri Lindroos complète ce petit panthéon dans le rôle de l’odieux Hunding. Une note presque parfaite pour les trois artistes dont la prononciation et le phrasé était méticuleux tout en ayant une voix portant jusqu’au fond de la salle. 

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Dès les premiers accords, on comprend mieux pourquoi l’opéra a tant marqué l’histoire. Wagner avait non seulement des tendances un peu mégalomanes, mais aussi un esprit d’avant-garde. Son cycle mythologique rappelle (ou prédit?) des musiques de films épiques comme Le Seigneur des anneaux ou même La Guerre des étoiles. L’excellente basse des cordes est inquiétante et dramatique, la tension se perd, puis revient entre les effusions romantiques. Les vents créent une atmosphère à la fois fantastique et mélancolique, avec mention spéciale pour les clarinettes et la clarinette basse dont la rondeur du son était parfaite.

Mis à part quelques enterrements, l’équilibre entre les solistes et l’orchestre était généralement bien préservée. Toute la difficulté du programme se trouvait dans le premier acte de «La Valkyrie», si bien que l’interprétation de l’incontournable «Chevauchée» faisait office d’échauffement pour les musiciens, même pour les trombonistes dont la partition est particulièrement exigeante. 

Bref, l’OSM s’est surpassée pour donner un concert dont les mélomanes présents risquent de se rappeler au moins jusqu’au lancement de la prochaine saison à l’automne. L’immense ovation que reçurent les musiciens était décidément à la hauteur du talent et du travail qui fut déployé sur scène. 

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