«L’affadissement du merveilleux» de Catherine Gaudet au FTA | Bible urbaine

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«L’affadissement du merveilleux» de Catherine Gaudet au FTA

«L’affadissement du merveilleux» de Catherine Gaudet au FTA

L'univers en boucle

Publié le 29 mai 2019 par Cristina Birri

Crédit photo : Mathieu Doyon

Catherine Gaudet présentait, le 28 mai dernier, sa plus récente création, L’affadissement du merveilleux, dans le cadre du Festival TransAmériques (FTA). Mettant en vedette les interprètes Dany Desjardins, Francis Ducharme, Caroline Gravel, Leïla Mailly et James Phillips, la proposition de Gaudet explore le comportement de l’univers en affichant sa complexité, son chaos et ses infinies répétitions. Pour les intéressés, le spectacle est présenté au Théâtre Rouge du Conservatoire jusqu'au 31 mai.

La circularité, d’un bout à l’autre

Ouverture sur les cinq danseurs alignés, vêtus d’une simple culotte, les yeux fermés. Ils se mettent à marcher à l’unisson, synchronisés par les doux battements de la musique, ayant comme unique guide spatial l’écoute du mouvement de chacun. Dans cette marche, leur ligne décrit des cercles sur scène en se rapprochant de plus en plus du public.

Ce déplacement hypnotisant évolue dans l’espace et le calme initial des interprètes mute dans un large éventail d’états de corps.

La pièce semble être structurée par une suite de progressions cycliques. Plusieurs cercles dessinés par les corps, mais aussi plusieurs idées qui se suivent, se répètent et donnent une impression d’infini. Bien qu’une évolution s’opère, on sent rapidement que celle-ci laisse place à une variation sur un même thème; on atteint un plateau en se demandant quel nouveau cycle se présentera sous nos yeux.

Cette impression installe une certaine monotonie, mais peut-être fait-elle partie de la visée artistique de l’œuvre, les cycles de la vie finissant toujours par se répéter sans vraiment changer.

L’œuvre de Catherine Gaudet est cohérente, et malgré l’abstraction de son sujet, elle réussit à illustrer avec précision le fruit de ses réflexions. Toutefois, la composition se fait plutôt prévisible pour un œil aiguisé quant aux codes de la danse contemporaine, ses passages d’un état à l’autre ou d’une forme à l’autre étant perceptibles.

L’affadissement du merveilleux est riche en images fortes, toutes portées par des interprètes dont la dévotion est inspirante. Les fluctuations d’états et de dynamiques de mouvements sont nombreuses et requièrent une grande polyvalence. On voit que le travail les habite et qu’ils incarnent quelque chose qui les transcende.

En conclusion

Dans son œuvre, Catherine Gaudet propose une réflexion sur le fonctionnement de l’univers et met en mouvement le sentiment intrigant et infernal qu’on peut éprouver face à cette roue qui tourne sans cesse. L’affadissement du merveilleux remplit son mandat, sans plus; elle répond à la promesse du programme, mais ne lance pas de questions, ne laisse pas d’échos.

La personne souhaitant se faire envoûter par le mouvement circulaire des danseurs et leur expressivité physique y trouvera son compte, alors que celle qui cherche à se faire déjouer ou surprendre restera sur sa faim.

«L’affadissement du merveilleux» en images

Par Mathieu Doyon

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