Les «Chants des Trois Cours» au Festival du Monde Arabe: un spectacle tout en majesté | Bible urbaine

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Les «Chants des Trois Cours» au Festival du Monde Arabe: un spectacle tout en majesté

Les «Chants des Trois Cours» au Festival du Monde Arabe: un spectacle tout en majesté

Un voyage musical vers le Moyen-Orient de l’âge classique

Publié le 6 novembre 2019 par Lucie Laumonier

Crédit photo : Lamia Yared et invités, Chants des Trois Cours

Ce dimanche au Gesù, lors de la 20e édition du Festival du Monde Arabe (FMA), Lamia Yared et un ensemble de musiciens et musiciennes ont transporté leur public dans l’Empire ottoman de l’époque classique. Retour sur un superbe voyage musical allant de la Turquie à la Syrie, de l’Égypte à la Perse.

Lamia Yared, Montréalaise née au Liban, est une habituée du Festival du Monde Arabe de Montréal. Cette année, la chanteuse et musicienne a proposé un concert tiré de son nouvel album signé Lamia Yared et «invités», et consacré aux traditions musicales ottomanes, arabes et persanes.

Accompagnée de musiciens et de musiciennes de talent, Lamia Yared a chanté et joué pendant deux heures des œuvres tirées du répertoire moyen-oriental classique, allant de la poésie profane à la musique savante. Pour ce magnifique projet, Yared s’est en effet entourée d’artistes hors-pairs qui ont contribué à l’élaboration des Chants des Trois Cours (six étaient au début sur scène, avant d’être rejoints par deux autres).

Une nuée d’étoiles et de talents

Les étoiles du concert étaient sans conteste Lamia Yared, meneuse de l’ensemble et chanteuse à la voix envoûtante, qui a interprété avec respect, émotion et virtuosité les pièces choisies, rendant hommage à ses invités pour leurs suggestions et livrant quelques informations sur les morceaux joués.

À sa droite se tenait Didem Başar, une musicienne à la renommée internationale en résidence au Centre des musiciens du monde de Montréal, réputée pour sa maîtrise du qanun. À la gauche de Lamia Yared, l’oudiste Nazih Borish, d’origine syrienne, jouait de son instrument avec passion.

Başar et Borish ont tous deux livré des solos dévoilant l’étendue de leur talent. Une belle complicité liait la chanteuse et ses invités, les uns et les autres échangeant des sourires, des hochements de tête, appréciant et saluant leur virtuosité réciproque, prenant un plaisir évident à partager leur art.

Sur les traces du passé

Ce voyage en terres ottomanes et persanes, s’étendant principalement du XIVe au XIXe siècles, n’est pas sans rappeler les entreprises musicales du violiste catalan Jordi Savall, directeur (entre autres) des ensembles Hespérion XX et XXI. Comme Jordi Savall, Lamia Yared plonge dans la musique médiévale, renaissante et baroque et ses différentes influences culturelles pour lui donner un nouveau souffle.

Mais si Savall, de part ses origines, favorise le bassin méditerranéen occidental—baigné de culture islamique pendant de longs siècles—Yared et ses invités se concentrent sur les rives orientales de la mer pour rendre hommage au talent de leurs prédécesseurs.

Un concert tout en majesté

Le concert a commencé par une brève allocution de Lamia Yared, présentant le projet des Chants des Trois Cours. Puis la violoncelliste Noémy Braun et le musicien Reza Abaee, au ghaychak (un luth persan), ont entamé les premières mesures de «Sabah Oldu Uyansana», une pièce ottomane à l’ouverture nostalgique, mettant à l’honneur la voix de Lamia Yareb.

Pendant les deux heures du concert, les musiciens et la chanteuse ont enchaîné pièces musicales et pièces chantées, dévoilant avec majesté le complexe répertoire des Chants des Trois Cours. Conquis par la beauté de la musique et la virtuosité des interprètes, les membres de l’audience ont exprimé leur reconnaissance par une longue standing ovation. Je suis pour ma part repartie extatique et l’ivresse de la musique au cœur.

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