«L'expérience intime» au Festival International de Danse de Montréal | Bible urbaine

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«L’expérience intime» au Festival International de Danse de Montréal

«L’expérience intime» au Festival International de Danse de Montréal

Simplicité et variété au rendez-vous

Publié le 24 novembre 2020 par Florence Leclerc

Crédit photo : Photos tirées du spectacle en webdiffusion

Alors que l'air se refroidit et que les activités se font plus rares cet automne, le Festival International de Danse de Montréal (FIDMTL) nous propose un appréciable moment d’évasion. Et L’expérience intime, présentée en webdiffusion jusqu'au 25 novembre, ne fait pas exception à la règle.

Une richesse d’univers pour un public varié

C’est donc en restant bien au chaud chez moi que j’ai pu profiter de la représentation de ce spectacle, le vendredi 20 novembre dernier. Présenté dans le cadre de cette première édition majoritairement numérique du FIDMTL, ce spectacle semble être à l’image du tout nouveau festival… et de son essence-même. 

En effet, L’expérience intime a à cœur l’accessibilité de la danse pour les publics de tous âges, ainsi que la représentativité de tous les danseurs, autant amateurs que professionnels, tous âges et cultures confondus: c’est ainsi qu’elle nous accueille dans un univers très varié. Enregistrées en salle à la Place des Arts devant une cinquantaine de spectateurs, les chorégraphies ont été prévues pour une petite scène, dans un contexte plus intime que d’habitude. La scène est épurée, l’éclairage aussi, et un plan global est majoritairement utilisé à la caméra.

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Photo tirée de la page Facebook du FIDMTL.

La musique est aussi variée que les styles de danse présentés: le contemporain, le ballet, le street jazz, le popping, le krump, l’afrobeats, le waacking, la danse latine, la danse contemporaine asiatique et la fusion composent notamment le spectacle. Un beau cocktail pour se frotter à une panoplie de genres! On sent donc bien que le public visé par ce tour d’horizon est très large.

Les dix chorégraphies sont présentées sous forme de solos ou de duos et s’enchaînent sans lien apparent. J’en viens d’ailleurs à remettre en question le choix du titre, qui semblait annoncer une expérience plus intime au niveau du spectateur: le spectacle me paraît décousu et sans dramaturgie. Cette absence de ligne directrice me donne l’impression de regarder un spectacle de fin d’année d’école de danse. Ce qui s’annonçait être un spectacle artistique ressemble plutôt à un visionnement d’une émission telle que Révolution ou So You Think You Can Dance.

Je comprends, en relisant l’annonce du spectacle, que l’expérience intime était en fait pour les spectateurs en salle qui avaient l’occasion d’assister à ces performances dans une proximité et intimité rares. Cependant, cette expérience aurait pu être transmise à travers l’écran grâce à un simple travail de caméras: quelques angles, quelques rapprochements et un éclairage plus adapté à chaque pièce auraient pu changer la donne et nous inclure, en tant que spectateurs en ligne.

À chacun sa signature

Malgré cela, la diversité et le talent des danseurs sont notables. Brandi Baker, danseuse aux Ballets Jazz de Montréal, lance le bal avec une pièce contemporaine soignée, mais un costume plutôt simple avec la présence de multiples cravates autour de ses membres sur un juste-au-corps beige. Freakwen-C et Sin’Cere nous présentent un duo de popping et krump avec une histoire intéressante, mais le niveau technique des deux danseurs semble différent, l’un étant mis à l’avant plus que l’autre sans que cela ne semble être en lien avec le propos.

Mateo Picone, premier danseur du Ballet Ouest de Montréal, quant à lui, nous charme avec une pièce contemporaine à saveur jazz. Sa douceur, sa fluidité et ses jeux de chapeau sont agréables à regarder. Melo Omat vient, à son tour, nous proposer du afrobeats sur un montage de quelques pièces musicales. Son attitude sérieuse au départ fait penser qu’une danse agressive sera présentée, mais on le retrouve dans une ambiance dynamique et festive juste après. Le retour au sérieux à la fin laisse un doute planer. Ne connaissant pas ce style, il m’est difficile de savoir si cela est une particularité de cette danse au niveau de l’interprétation, ou alors un message du danseur qui n’a peut-être pas traversé l’écran.

Charmants et précis, les danseurs de la Compagnie Danse Alejandro nous partagent par la suite une salsa-mambo où la connexion entre eux est palpable. Une belle chorégraphie qui sait garder notre attention du début à la fin. Vixen est la suivante et nous présente du waacking. J’apprécie dès le départ son attitude, son intensité, et sa façon d’habiter son corps et la scène de façon franche et assumée. Cependant, son intensité prend parfois le dessus, laissant paraître moins de stabilité et de précision dans sa danse. Son passage m’a tout de même donné envie d’aller voir d’autres performances de sa part et a piqué ma curiosité en ce qui a trait à ce style!

Tai Wen Charo Foo est probablement celle qui incarne un des numéros les plus artistiques du lot. On sent une recherche gestuelle et chorégraphique dans son solo contemporain asiatique. Fortement influencée par ses racines chinoises et toute son expérience de la danse classique chinoise, du butoh et de son expérience en théâtre, elle nous offre une pièce plus originale et se démarque par cette signature singulière. La chorégraphie street jazz dansée par Alicia Blair-Cigna et Joëlle Bourdeau est énergique et très féminine. Le duo semble avoir habitué à danser ensemble, une belle complicité se ressent et la qualité du numéro en est augmentée.

Photo tirée du spectacle en webdiffusion.

À celle-ci succède la pièce fusion scientifico-théâtrale de Yannick Moisan et Emilie Wilson, qui est captivante et intrigante à la fois. L’utilisation du décor et des costumes est très bien exécutée et ajoute à la chorégraphie sans contredit. L’aisance de leurs deux corps est fascinante. La représentation d’à peine une trentaine de minutes se termine avec Maude Sabourin et Melih Mertel des Grands Ballets Canadiens. Ils nous présentent un ballet à saveur contemporaine avec des costumes et une musique non-traditionnelle pour ce style. Ils terminent en force le spectacle avec leur niveau technique élevé, leur précision et la singularité de leur pièce.

Le danseur comme voix singulière

En tout et pour tout, L’expérience intime est surtout un spectacle de découvertes des styles, un spectacle varié et tout en simplicité. On ne peut s’attendre à un spectacle qui nous touche profondément, mais on peut dire que l’attention est tout de même portée sur le danseur comme voix singulière et sur la manière dont il occupe son monde propre qu’est son style de danse. Puisque le mouvement est expression de soi et expérience de soi, on assiste au bout du compte à une expérience réellement intime.

Le spectacle L’expérience intime sera présenté en webdiffusion jusqu’au 25 novembre 2020. Pour avoir plus d’information sur la programmation 2020-2021 du FIDMTL, vous pouvez cliquer ici

«L'expérience intime» en images

Par Photos tirées du spectacle en webdiffusion

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