L'oeuvre grandiose de Patrick Watson sur la scène du MTELUS | Bible urbaine

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L’oeuvre grandiose de Patrick Watson sur la scène du MTELUS

L’oeuvre grandiose de Patrick Watson sur la scène du MTELUS

Une soirée apaisante, touchante et absolument magnifique

Publié le 12 décembre 2019 par Virginie Chauvette

Crédit photo : https://www.evenko.ca/fr/evenements/29570/patrick-watson/mtelus/12-12-2019

Mardi soir, Patrick Watson s’installait sur la scène du MTELUS pour la première de trois représentations consécutives présentées à guichets fermés. Remplir trois soirs de suite cette salle ayant une capacité de 2300 personnes, c’est assez impressionnant pour un gars qui doit passer incognito à l’épicerie la plupart du temps. Malgré son anonymat auprès du grand public, Patrick Watson est assurément l'un des meilleurs artistes de sa génération, comme il nous l’a d’ailleurs prouvé ce soir-là, avec son spectacle au sein duquel beauté et émotion ont envahi le public.

De puissance à intériorité, de grandiose à simplicité

C’est Thus Owls, groupe suédois-canadien installé à Montréal, qui avait le dur mandat de divertir la foule en attente du grand Patrick Watson. Le groupe, composé par le couple que forment Erika et Simon Angell, ainsi que par une bande de musiciens invités, a interprété quelques chansons à saveur rock-expérimental auxquelles s’entremêlent quelques tendances pop, indie et folk.

Le tout prend forme à travers une intéressante musicalité, mais se démarque surtout par l’impressionnante voix de la chanteuse, capable de grande puissance comme de beaucoup de douceur et de sensibilité.

Celui pour qui nous étions entassés dans le MTELUS ne s’est pas trop fait attendre et est rapidement monté sur scène après la première partie, au plus grand bonheur de tous. Alors que lui et Joe Grass (guitares), Mishka Stein (basse), Evan Tighe (batterie), Pietro Amato (cor, claviers), Karine Pion (voix, percussions) et Ariel Engle (voix) se sont installés sur scène, nous avons pu constater, ô surprise, que la voix d’Erika (Thus Owls, en première partie) allait continuer de nous charmer, puisque la chanteuse se retrouvait maintenant au poste de choriste.

Dès les premières sonorités de «Dream for Dreaming», chanson avec laquelle Watson lança la soirée, le MTELUS se transforma en un genre de monastère. Dans le silence, le calme et le respect le plus complet, le public s’est laissé envoûter par la voix et l’ambiance unique que propose l’œuvre de l’artiste, et ce, pour l’entièreté du spectacle.

Un spectacle tout en équilibre

Venu interpréter les morceaux de son plus récent album Wave, création en grande partie inspirée d’une série d’évènements difficiles qu’il a récemment vécus, l’auteur-compositeur-interprète n’a toutefois pas laissé la soirée sombrer dans la tristesse. En entrecoupant ses performances par de brèves confessions comiques lancées au public, en faisant chanter celui-ci à quelques reprises, et en acceptant de modifier son setlist pour faire plaisir à un fan qui réclamait une chanson improvisée, Watson a pris le soin d’amener quelques touches de légèreté, et ainsi, empêcha son concert de s’embourber dans la lourdeur.

Si, pour lui, ce spectacle devait sans doute être un exutoire thérapeutique, il était pour nous un magnifique rassemblement où régnaient douceur et beauté, un moment grandiose et apaisant où il faisait bon se laisser bercer par la voix enivrante de Patrick Watson, par les superbes harmonies, ainsi que par les arrangements musicaux planants et oniriques, voyageant entre le doux et le puissant.

Tout au long de la soirée, Watson fit des allers-retours entre son piano et son pied de micro en avant-scène, entre le français et l’anglais lorsqu’il s’adressait à nous, entre l’humour et l’intériorité, créant ainsi un spectacle équilibré, capable de nous faire rire un moment, puis de nous faire monter des larmes de beauté quelques instants plus tard.

J’étais, pour ma part, extrêmement touchée d’être présente au MTELUS devant cet artiste qui accompagne musicalement ma vie depuis de nombreuses années. En live, l’émotion, extrêmement présente au sein de sa musique est encore plus percutante tellement elle prend une dimension grandiose.

J’ai personnellement été émue d’avoir la chance d’assister à son interprétation de «Melody Noir», qu’il livra dans la plus grande des simplicités, partageant l’avant-scène avec son guitariste et sa choriste, tous deux collés dans le même micro, sans effet dans la voix. J’ai également été envahie par l’émotion lors de «Broken», chanson qui débuta dans l’intimité, alors qu’on retrouvait d’abord le chanteur seul au piano, et qui, tranquillement, avec l’ajout graduel des arrangements musicaux, se transforma en un morceau extrêmement puissant. Patrick Watson termina, avant le rappel, avec «Here Comes the River», pendant laquelle, encore une fois, j’ai été totalement submergée par la beauté de la chanson.

Un généreux rappel

Alors que le public en redemandait, Patrick Watson est revenu sur scène pour un long mais ô combien apprécié rappel. Il interpréta cinq chansons de ses albums précédents, terminant ainsi la soirée sur une note d’heureuse nostalgie.

Il débuta dans la joie avec «Big Bird in a Small Cage», interprétée à la bonne franquette, de façon acoustique et authentique, où tout le groupe, réuni autour d’un pied de micro, tapait candidement du pied et se passait le flambeau pour livrer quelques envolées vocales. C’était magnifique. Il poursuivit le rappel avec «Places You Will Go», la très intime chanson «Je te laisserai des mots», la classique «Great Escape» (pour faire plaisir à un fan qui la demandait), avant de terminer avec «Turn Into the Noise».

Au final, j’ai assisté à un spectacle qui fait du bien, qui touche par l’immensité de sa beauté, et qui s’apprécie pleinement en se fermant les yeux de temps à autre. Patrick Watson: un artiste unique et renversant.

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