«L’Orient imaginaire» avec Kent Nagano et invités spéciaux à l’OSM | Bible urbaine

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«L’Orient imaginaire» avec Kent Nagano et invités spéciaux à l’OSM

«L’Orient imaginaire» avec Kent Nagano et invités spéciaux à l’OSM

Un voyage réussi

Publié le 9 mars 2015 par Alexandre Provencher

Crédit photo : Andréanne LeBel

Le 8 mars, c’était un public très enthousiaste qui assistait à la dernière représentation du concert L’Orient imaginaire de l’Orchestre symphonique de Montréal. Le programme varié et bien dirigé a permis aux spectateurs d’entendre des airs classiques et contemporains sous le thème de l’Orient. Ce périple musical a été bien exécuté par Kent Nagano et l’OSM.

Depuis toujours, l’Orient émerveille, séduit. Éloignés, autant culturellement que physiquement, les compositeurs ont souvent trouvé l’inspiration dans les poèmes, les danses et les musiques orientales. Saint-Saëns, Dukas et Strauss ont goûté à ce dépaysement culturel. De fait, quelques-unes de leurs pièces étaient présentées dimanche par l’OSM. Celles-ci s’entremêlaient avec deux pièces persanes et une composition originale, commandée à l’artiste irano-canadien Kiya Tabassian.

Il faut dire que ce programme éclectique tenait la route, et ce, malgré le scepticisme du départ. Toutefois, le thème ratissait un peu large. On s’en souvenait quelquefois difficilement, notamment au cours des œuvres de Dukas et Strauss.

Le concert

En ouverture, la très énergique «Bacchanale», tirée de l’opéra Samson et Dalila de Saint-Saëns, donnait le ton au concert. La grande qualité de la direction lors de l’apparition du thème mérite d’être soulignée. L’interprétation de dimanche surpassait celle que l’OSM avait livrée à l’Opéra de Montréal en janvier dernier. Est-ce la direction? Possiblement.

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C’en est suivi «Vers où l’oiseau migrera?» de Kiya Tabassian. Cette œuvre complexe contrastait avec sa précédente. L’introduction était solide. Cependant, la pièce s’essoufflait. Les différentes rythmiques et mélodies alimentaient cet effet. D’ailleurs, il s’agissait d’un défi pour Nagano. Il a porté à bout de bras cette pièce de douze minutes. La soliste Françoise Atlan, amplifiée, était peu sûre. Elle cherchait sans cesse le regard du maestro. Que dire du kanûn et de son interprétation par Didem Dermen? Rien. Il était inaudible parmi le bruyant orchestre. Dommage. Néanmoins, la composition témoignait de l’inventivité du compositeur. Le problème reposait plutôt dans l’interprétation et les nuances.

Le concerto pour piano No 5 en fa majeur «Égyptien» de Saint-Saëns était majestueux. Il faut mentionner que François-Frédéric Guy a remplacé au pied levé Jean-Philippe Collard. On y voyait que du feu! Sa partition n’était qu’accessoire de même que l’orchestre. En effet, le pianiste hypnotisait. Lors de l’Allegro animato, son agilité dans les arabesques lui laissait beaucoup de liberté pour les nuances. Puis il a enchaîné l’Andante et le Molto allegro. Chaque note était livrée précautionneusement. Un moment magique. Cette vibrante interprétation lui a valu une longue ovation. Pour Guy, c’est une première Montréalaise mémorable.

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Au retour de l’entracte, Nagano a dirigé «La Péri» de Dukas. Il s’agit d’une pièce intéressante, mais qui manquait de piquant, de sensibilité dans le rendu. Un peu trop mécanique.

Deux jolies pièces persanes, toutes les deux arrangées par Jamshied Sharifi, ont permis à Monika Jalili de rayonner. L’interprète était visiblement émue de la réception du public. Seul agacement: une présence trop marquée des percussions dans «Jaan e Maryam (Ma bien-aimée Maryam)».

En clôture du concert, Nagano a dirigé la «Danse des sept voiles» de l’opéra Salomé de Richard Strauss. Soulignons, la finale fracassante qui marquait une belle fin de concert, toute en beauté.

Le voyage vers l’Orient proposé par l’OSM n’était pas très dépaysant. On restait dans les lieux communs. Les pièces persanes et la composition de Tabassian n’ont pas ébahi le public. Elles étaient simplement agréables. Mais, il faut l’avouer, une fois à l’extérieur de la Maison symphonique de Montréal, les deux pieds dans la neige, c’était tout de même un voyage agréable.

L'avis


de la rédaction

Grille des chansons

1. Samson et Dalila, Bacchanale de Camille Saint-Saëns

2. Vers où l'oiseau migrera? de Kiya Tabassian

3. Concerto pour piano no5 en fa majeur de Camille Saint-Saëns

4. La Péri de Paul Dukas

5. Jaan e Maryam (Ma bien-aimée Maryam) de Kambiz Mozdehi (arr. Jamshied Sharifi)

6. Gol-e Gandom (Fleur de blé) de Anonyme (arr. Jamshied Sharifi)

7. Salomé, Danse des sept voiles de Richard Strauss

L'événement en photos

Par Andréanne LeBel

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