Nous y étions: le Canada Samba Congress par World Arts Connect à Toronto | Bible urbaine

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Nous y étions: le Canada Samba Congress par World Arts Connect à Toronto

Nous y étions: le Canada Samba Congress par World Arts Connect à Toronto

Meu samba é assim: l'art d'unir les peuples

Publié le 13 novembre 2018 par Gabrielle Lebeau

Crédit photo : Tyler Baker Photography

Les amoureux des danses brésiliennes se sont réunis lors du tout premier congrès canadien de samba organisé par World Arts Connect du 2 au 4 novembre 2018 à Toronto. Compte tenu du contexte politique, de l’expansion de la communauté brésilienne au Canada, et de la popularité sans cesse croissante de ses danses, les professeurs brésiliens ont insisté sur l’importance de «ressentir» et «d’incorporer» la samba dans le respect de ses racines et de son histoire. Le thème du congrès: «Meu samba e assim» ou «ma samba est comme ça».

L’évènement, qui consistait, en trois jours, d’ateliers – pour un total de plus de dix-huit heures de cours –, d’un spectacle offert par les professeurs, d’une compétition chorégraphique entre les troupes présentes et d’une soirée dansante, a rassemblé des participants de Toronto, de Montréal, d’Edmonton, de Vancouver, de Chicago, de Caroline du Nord, du Denver, de New York, de Californie et on en passe.

C’était un projet d’envergure mené par World Arts Connect, en partenariat avec les créateurs du Brasil Samba Congress de Rio de Janeiro. Un succès pour Adrianna Yanuziello et Marilyn Deguire, cofondatrices de World Arts Connect, qui se sont donné pour mission de soutenir les arts et la culture de l’international à travers des programmes d’éducation.

Elles préparent d’ailleurs déjà le second congrès pour l’an prochain et le voyage annuel à Rio de Janeiro à partir du 8 février 2019.

Les cours de danse débutaient le vendredi matin avec Rosangela Silvestre. Née au Salvador, Rosangela a étudié la danse et la chorégraphie à l’université fédérale de Bahia et étudié la musique et la danse au Brésil, en Inde, en Égypte, au Sénégal et à Cuba avant de fonder la technique Silvestre qu’elle enseigne aux Brésiliens et aux étrangers lors de cours intensifs annuels. Rosangela est une professeure de renommée internationale, comme tous les professeurs présents lors du congrès.

Patrick Carvalho, connu comme danseur à l’émission brésilienne Dança do Famosos et présent comme chorégraphe dans les meilleures écoles de samba qui se battent chaque année lors du Carnaval de Rio, a dévoilé le secret d’une bonne chorégraphie: «Le spectateur est dans le jugement, sauf s’il est trop occupé à essayer de comprendre ce qui se passe devant ses yeux. C’est ainsi que je chorégraphie.» Une chorégraphie si riche et si rapide que le spectateur ne peut comprendre ce qu’il est en train de voir.

Durant sa classe, Dandha da Hora, danseuse, vocaliste et percussionniste née à Salvador (Bahia), a reconnecté les participants aux racines de la samba à travers des chants et des danses afro-brésiliens. Elle a élevé l’énergie individuelle et collective en éclaircissant les rôles que chaque élève a envers lui-même et les autres danseurs, qu’il doit soutenir et protéger, comme sa famille. Chaque élève, a-t-elle insisté, doit faire confiance à son propre processus d’apprentissage, chercher de façon instinctive la compréhension intrinsèque du mouvement, sans essayer de reproduire le geste du son voisin. La danse n’a pas de couleur, pas de nationalité: seule l’essence de son âme importe.

Mayara Santos, danseuse fringante et talentueuse, a passé six ans à danser professionnellement à travers le monde, puis elle est rentrée au Brésil pour se consacrer à sa passion de toujours: parader et enseigner la technique de passista du carnaval brésilien. Si la danseuse de samba est perçue comme un sex symbol à travers le monde, une distinction est de mise lors de l’interprétation: «sexy is sensual, not vulgar», a-t-elle précisé.

Connu comme le «roi de la samba», Carlinhos do Salgueiro est particulièrement apprécié pour ses classes très techniques à l’image du ballet. Il a profité du week-end pour ramener les élèves aux bases de la samba et à ses racines, et ceci grâce à l’accompagnement des tambours.

La danse de salon Gafieira était aussi présente au congrès, avec Preta Nascimento et Rodrigo Marques. Ce dernier a fait observer l’importance de la transition: «La danse se termine lorsqu’on dépose le pied au sol. La danse est dans la transition, dans le mouvement».

Originaire de Rio de Janeiro, Danielle Lima a paradé plusieurs années avec l’école Beija-Flor de Nilopolis, tout en acquérant un bagage en ballet, jazz, danse moderne et folklore brésilien. Elle a intégré le thème du congrès, «Meu samba e assim» en mettant l’emphase sur le plaisir de la danse – le partage, l’échange de regards – ainsi que sur l’acquisition de nouveaux pas simples afin de créer sa propre recette, son propre style de samba. En effet, au Brésil, chaque danseuse (passista) se distingue par son style unique. 

Aninha Malandro, danseuse au double chapeau de psychologue, a fait découvrir le style malandro, une occasion parfaite de faire réfléchir chacun à la place de l’ego dans la danse.  Le danseur de malandro – un homme – n’a pas d’identité: il se cache derrière son chapeau. «Leave the heels!», «Samba is not feather and bikini!» a proclamé Aninha, qui a profité de son rôle pour travailler l’acceptation de soi, faisant répéter aux participants: «I am what I am!» Un exercice qui fait toujours du bien! 

Dill Costa, actrice, chanteuse et danseuse depuis 1990, a partagé ses nombreuses années d’expérience comme professionnelle de la scène. Elle a aussi assuré avec un grand talent et une belle touche d’humour l’animation de la soirée du samedi: prestations des professeurs et des troupes en compétition.

Bonne nouvelle: ce sont les deux équipes montréalaises (Levanta Poeira et Ina Dança) qui ont raflé à égalité (vingt-neuf points) la première position! C’est dire que nous avons de bonnes écoles à Montréal! 

Avant de vous rendre au Brésil pour étudier à la source, voici quelques écoles qui offrent, dans notre belle ville, des cours de samba, les danses de partenaire forró et gafieira, ainsi que l’art martial capoeira: Academia Samba Jeri, Coisas de Maloca, ESGaf, Levanta Poeira et Studio Danse Montréal.

Vous tomberez sous le charme, ça ne fait aucun doute. Et si c’est bien le cas, surveillez le prochain congrès et les voyages organisés par World Arts Connect. Bon voyage!

Le Canada Samba Congress de Toronto en 7 photos

Par Tyler Baker Photography

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