«Otello» de Verdi à l’Opéra de Montréal | Bible urbaine

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«Otello» de Verdi à l’Opéra de Montréal

«Otello» de Verdi à l’Opéra de Montréal

On ne sort pas des sentiers battus

Publié le 29 janvier 2016 par Alexandre Provencher

Crédit photo : Mathieu Pothier

La nouvelle coproduction de l’Opéra de Montréal et du Pacific Opera Victoria s’avère modeste. Rien n’est particulièrement exceptionnel et rien n’est particulièrement ennuyeux. C’est une production uniforme, dirigée artistiquement par Glynis Leyshon et musicalement par Keri-Lynn Wilson. On aurait préféré un peu plus d’intensité de la part de l’orchestre et un Otello plus crédible également.

Otello, c’est le véritable chef-d’œuvre de Verdi. C’est assurément son opéra le plus fougueux, le plus intense et le plus dramatique. Le livret, signé par Arrigo Boito d’après l’œuvre de Shakespeare, fâche les spectateurs qui deviennent les témoins d’une tragédie durant laquelle se mélangent mensonges, passion et jalousie.

Et l’histoire est simple: Desdémone et Otello s’aiment et règnent sur une cité vénitienne. Mais Iago, vil personnage, remet en question la fidélité de Desdémone envers son époux en usant d’un stratagème, tout cela pour étancher sa soif de vengeance.

Musicalement, l’opéra contient à la fois des prouesses vocales pour les interprètes et des défis quant au jeu. Il s’agit de rôles ardus pour les chanteurs, d’autant plus qu’aucun air n’est véritablement connu et que les phrases s’entremêlent souvent les unes aux autres.

Des interprètes bien différents…

On retient une interprétation magnifique d’Aris Argiris dans le rôle de Iago, malgré quelques entrées imprécises à l’Acte I. C’est plutôt au cours de l’Acte II que le baryton démontre sa maîtrise vocale. Il réussit à susciter, chez le public, un sentiment d’aversion envers Iago. C’est réussi. La soprano japonaise Hiromi Omura, dans le rôle de Desdémone, rayonne particulièrement durant l’Acte III lors de l’«Ave Maria» qu’elle livre agenouillée sur le prie-Dieu. Quoique trop souvent effacée dans ses interventions, elle n’hésite pas, à la fin de l’Acte III, a explosé dans les aigus; littéralement.

Kristian Benedikt surjoue un peu Otello. Oui, le personnage est intense et bouillonne de jalousie et d’orgueil. Cependant, il en met un peu trop, notamment dans les mouvements brusques envers Desdémone. D’ailleurs, quelques murmures étaient ouïs, hier, dans la salle lors des scènes particulièrement brutales… De plus, lorsque Otello désespère et implore Dieu de lui pardonner, c’est un peu trop piteux et surtout moins crédible. On ne sent pas la véritable colère, viscérale, du personnage. Puis, sur le plan musical, la voix de Benedikt est inégale. Son vibrato témoigne d’une maîtrise moins solide de sa voix et on a l’impression qu’il pousse un peu trop. Finalement, un problème de prononciation, du moins durant les deux premiers actes, rendait peu compréhensible le texte chanté.

Une direction musicale et artistique uniforme

Keri-Lynn Wilson dirige l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) pour l’occasion. Cette chef est souriante et dynamique dès son arrivée sur la scène, mais au cours des deux heures et trente minutes suivantes, la chef et l’OSM ne font que jouer la partition sans y ajouter la véritable intensité qui ajoute du piquant dans la pièce. L’orchestre aurait eu avantage à dynamiser l’opéra, notamment dans les deux premiers actes, mais ce n’est pas ce qui se produit. Seul un passage de violoncelles au troisième acte ressort du lot. Sinon, le reste est assez linéaire.

Glynis Leyshon propose donc une mise en scène classique. Les costumes et décors de Peter Hartwell sont magnifiques. Ils plongent les spectateurs dans une véritable cité vénitienne du XVe siècle! Les différents éclairages et projections de Guy Simard sont réussis. En somme, c’est une mise en scène appréciable, mais qui manque un je-ne-sais-quoi pour provoquer «l’effet wow».

«Otello» est présenté à l’Opéra de Montréal jusqu’au 6 février 2016.

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Par Mathieu Pothier

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