«PAPILLON» d’Helen Simard en direct de La Chapelle Scènes Contemporaines | Bible urbaine

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«PAPILLON» d’Helen Simard en direct de La Chapelle Scènes Contemporaines

«PAPILLON» d’Helen Simard en direct de La Chapelle Scènes Contemporaines

Métamorphose d'une danse improvisée en chorégraphie structurée

Publié le 10 novembre 2020 par Olivia Gomez

Crédit photo : Tous droits réservés @ Danse-Cité

Le 5 novembre, Danse-Cité présentait en direct son deuxième spectacle de la saison, PAPILLON, une œuvre inspirée de concepts divers, dont la théorie du chaos et la quête de la liberté durant le confinement, qui font écho à la période d’incertitudes et de changements que nous sommes en train de traverser collectivement. Co-réalisé par Frédéric Baune et Helen Simard, cette proposition nous invite à découvrir un processus de création inattendu qui s’illustre à travers une chorégraphie fusionnant la musique et la danse urbaine et contemporaine.

J’aurais bien sûr préféré être assise dans la salle de La Chapelle Scènes Contemporaines, mais en toute honnêteté, la fébrilité et l’enthousiasme étaient quand même au rendez-vous lorsque j’ai ouvert mon écran d’ordinateur pour assister au spectacle. C’est donc bien installée sur mon divan, cocktail en main, que j’allais découvrir, avec une certaine fébrilité, le travail d’Helen Simard et des danseurs-interprètes Nindy Banks, Victoria Mackenzie et Mecdy Jean-Pierre.

En attendant le programme principal, un espace virtuel nous permettait dans un premier temps de discuter et de laisser des commentaires aux interprètes. Cette initiative a contribué à me plonger davantage dans l’univers de PAPILLON; c’était comme si je pouvais saluer et échanger avec les spectateurs sans même les connaître!

Rapidement, le spectacle a commencé. Vêtus de costumes moulants, les interprètes ont effectué des mouvements allant du street dance à la danse contemporaine. Cette approche artistique a suscité d’emblée mon intérêt et toute mon attention était captivée, car il y avait une telle richesse dans les formes d’expression de chacun des interprètes. Chacun laissait entrevoir une écriture chorégraphique fluide et captivante.

On voyait en Nindy Banks une maîtrise de son corps qui se reflétait à travers sa danse; en Victoria Mackenzie, une interprétation puissante; et en Mecdy Jean-Pierre, une gestuelle énergétique. Ensemble, ils ont su créer un tableau intéressant et tout en mouvements.

La qualité sonore et l’interprétation des danseurs étaient sublimes, mais malheureusement les mouvements constants des caméras ont nui grandement à l’appréciation de la chorégraphie.

En effet, dès que j’entrevoyais une figure intéressante qui se dessinait à travers les corps des danseurs, mon appréciation était brusquement interrompue par les nombreux changements de prises de vue des caméras. Peut-être qu’il s’agissait là d’un effet voulu, visant à ajouter un certain dynamisme dans la présentation, mais ce choix artistique m’a fait perdre le fil conducteur de la représentation à plusieurs reprises.

S’adapter au changement

Évidemment, j’étais consciente, avant d’assister à ce spectacle, que la danse a été chorégraphiée et que l’improvisation faisait bien sûr partie de la chorégraphie. Cela apportait une touche d’authenticité et de spontanéité à l’oeuvre. Il m’a été facile de discerner cette quête de liberté comme si chacun des interprètes cherchait le prochain mouvement à exécuter ou bien le moment approprié pour prendre une respiration, pour ensuite continuer sa danse. Cette ambivalence entre la mise en scène et le ressenti a grandement contribué à bonifier la poésie du spectacle, qui démontre que la créativité et la liberté sont deux éléments intrinsèquement liés.

Un autre point fort du spectacle est sans aucun doute la conception de l’espace sur la scène. En effet, plusieurs éléments scénographiques ont su capter mon attention, comme ces grandes toiles en plastique qui avaient pour utilité de protéger les artistes. J’ai trouvé cet élément innovateur, puisque les danseurs pouvaient être proches l’un de l’autre, tout en respectant les mesures sanitaires et la distanciation sociale, deux concepts qui font désormais partie de notre jargon et de notre nouvelle réalité. Ce choix artistique a permis d’ajouter une touche d’humanité à la représentation, tout en soulignant, bien évidemment, le fait que nous sommes tous en train de vivre une pandémie.

En définitive, chapeau à Helen Simard pour cette belle initiative, elle qui a réussi à présenter une œuvre adaptée aux changements constants de cette année 2020 pour le moins imprévisible, et qui a pu voir le jour avec une nouvelle version diffusée sur le web.

C’était une belle occasion pour la chorégraphe d’élargir son public et de continuer de partager les arts vivants… même sur la toile!

Le spectacle PAPILLON, présenté par Danse-Cité, sera  rediffusé du 13 novembre au 15 novembre 2020. Ne manquez pas ça! Pour plus d’information, rendez-vous ici.

«PAPILLON» d’Helen Simard en images

Par Tous droits réservés @ Do Phan Hoi et Claudia Chan Tak

  • «PAPILLON» d’Helen Simard en direct de La Chapelle Scènes Contemporaines
    Photo: Do Phan Hoi. Interprète: Mecdy Jean-Pierre
  • «PAPILLON» d’Helen Simard en direct de La Chapelle Scènes Contemporaines
    Photo: Do Phan Hoi. Interprète: Nindy Banks
  • «PAPILLON» d’Helen Simard en direct de La Chapelle Scènes Contemporaines
    Photo: Do Phan Hoi. Interprète: Nindy Banks
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    Photo: Claudia Chan Tak. Interprète: Nindy Banks
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    Photo: Do Phan Hoi. Interprète: Victoria Mackenzie
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    Photo: Claudia Chan Tak. Interprètes: Mecdy Jean-Pierre, Victoria Mackenzie
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    Photo: Do Phan Hoi. Interprète: Victoria Mackenzie
  • «PAPILLON» d’Helen Simard en direct de La Chapelle Scènes Contemporaines
    Helen Simard. Photo: Roger White

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