Le Patin Libre présente «Threshold (Seuil)» à l'aréna Saint-Louis | Bible urbaine

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Le Patin Libre présente «Threshold (Seuil)» à l’aréna Saint-Louis

Le Patin Libre présente «Threshold (Seuil)» à l’aréna Saint-Louis

La ligne où tout bascule

Publié le 5 avril 2018 par Élise Boileau

Crédit photo : Rolline Laporte

Sans s’enfermer dans une ou plusieurs étiquettes artistiques, le collectif du Patin Libre nous propose de les rejoindre sur la glace le temps de quatorze représentations à l’aréna Saint-Louis, en collaboration avec l’arrondissement Plateau Mont-Royal et Danse Danse. Rechercher autour de la ligne où tout bascule: tel est l’enjeu créatif de Threshold (Seuil), qui sera présenté du 11 au 22 avril 2018.

Loin de l’imaginaire collectif du patinage artistique traditionnel, la compagnie Le Patin Libre tente de se distinguer par sa recherche contemporaine sur la glace. «Notre collectif est composé de cinq artistes, Alexandre Hamel, Samory Ba, Jasmin Boivin, Taylor Dilleyet et moi-même», me détaille Pascale Jodoin. Quatre d’entre eux se sont formés dans le milieu du patinage traditionnel alors que Jasmin Boivin est autodidacte et également compositeur de la trame sonore du spectacle.   

«Depuis Vertical Influences, nous avons opté pour le même genre de processus créatif. Directement sur la glace, nous faisons des essais chorégraphiques, dans un groupe où chacun donne ses idées, ses impulsions, sans idées préconçues. Ensuite, nous poursuivons le travail avec la dramaturge Ruth Little.» Avec le recul et l’expérience de l’Australienne, qui compte notamment Akram Khan parmi ses collaborateurs, le premier travail de recherche est passé au peigne fin pour en faire ressortir les lignes directrices de la création. «Ruth vient faire une lecture, une analyse du travail sur la glace, et à travers nos discussions, nous avons trouvé un intérêt pour cette ligne qui crée le changement», ajoute la patineuse Pascale Jodoin.

Intéressant de voir s’inviter un spectacle d’un nouveau genre dans la saison de Danse Danse, il est notable aussi d’entendre de Pascale Jodoin que ce serait finalement «le milieu de la danse en Europe qui a décidé qu’[ils] s’en [allaient] plutôt dans la branche danse.» Car pour la plupart d’entre eux, il a fallu se défaire des codes esthétiques du patinage traditionnel – lignes rigides et parfaites, sans montrer d’effort – pour s’ouvrir davantage vers une gestuelle plus brute, davantage inspirée du hockey ou du patinage de vitesse. «Une semaine de travail avec la chorégraphe et interprète Anne Plamondon a été très enrichissante. Elle est venue confirmer des conceptions de mouvements qui étaient déjà là et qui méritaient simplement d’être poussées et affirmées. Nous travaillons beaucoup sur la déconstruction du haut du corps, qui réagit au déplacement et à la glisse.» Aussi, Pascale Jodoin me confie qu’il n’est pas naturel pour les patineurs traditionnels de se toucher, simplement. «Nous avons réappris à patiner en groupe, en interagissant. Anne nous disait: «n’ayez pas peur de vous attraper».

Photo © Rolline Laporte. Interprètes Jasmin Boivin, Alexandre Hamel, Samory Ba, Pascale Jodoin, Taylor Dilley.

Photo © Rolline Laporte. Interprètes: Jasmin Boivin, Alexandre Hamel, Samory Ba, Pascale Jodoin, Taylor Dilley.

Threshold pourrait être une invitation à l’image plutôt qu’une narration d’un groupe «qui vit un choc, une catastrophe. La glisse, les déplacements créent les émotions, nous ne racontons pas d’histoire.» Avec des transitions fluides, le spectacle est composé en deux parties, entrecoupées d’une pause pour que chacun puisse se reposer et/ou se réchauffer. Car l’une de ses qualités potentielles est le placement des spectateurs sur la glace même. «Dans les arénas pour le hockey, il peut y avoir des vitres entre la patinoire et les estrades, ce qui crée une distance, une coupure avec le public.» En descendant le public au plus proche des artistes, le collectif du Patin Libre s’assure de tisser un lien avec les spectateurs et notamment en offrant une expérience sensorielle assez unique: «ils pourront sentir nos courants d’air, entendre mieux le bruit des patins sur la glace – qui fait partie de la bande sonore – , tout est plus proche, plus clair.» Le plaisir semble partagé pour les artistes, qui se «sentent moins dans un aquarium», ajoute-t-elle en riant. 

Le Patin Libre, au-delà de sa recherche artistique, est aussi un collectif actif dans les activités de médiation culturelle et de diffusion de leur pratique avec le grand public. «Notre intérêt est de partager la glisse avec les gens. Six spectacles sont donc suivis d’une fête dansante, où les invités peuvent amener/louer des patins, pour patiner avec nous. Nous donnerons également de petits ateliers d’initiation.» Également, si vous souhaitez partager un moment en famille avant les spectacles, des activités animées sont organisées à l’aréna. «Par des activités libres, il s’agit pour nous d’amener le public culturel, oui, mais aussi les familles, les personnes qui ne se sentent pas forcément concernées» à découvrir leur vision du patinage.

C’est sans décor, mais avec une conception d’éclairage signée Lucy Carter, que les cinq interprètes de Threshold vont offrir leur création dans quelques jours. Ce sera l’occasion de (re)découvrir Le Patin Libre, qui attire ma curiosité à bien des égards… Comment vont-ils nous surprendre dans l’espace glissant?

Le spectacle «Threshold (Seuil)» se tiendra du 11 au 22 avril 2018. Achetez vos billets à partir de 34 $ dès maintenant au www.dansedanse.ca/le-patin-libre-threshold.

*Cet article a été produit en collaboration avec Danse Danse.

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