«Dans la peau de...» Catherine et Thomas, co-fondateurs du festival SOIR | Bible urbaine

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«Dans la peau de…» Catherine et Thomas, co-fondateurs du festival SOIR

«Dans la peau de…» Catherine et Thomas, co-fondateurs du festival SOIR

Le goût du risque

Publié le 4 août 2017 par Michelle Paquet

Crédit photo : Lily Pinsonneault

Chaque semaine, tous les vendredis, Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d’en connaître un peu plus sur la personne interviewée et de permettre au lecteur d’être dans sa peau, l’espace d’un instant. Cette semaine, nous avons interviewé les co-fondateurs du festival multidisciplinaire SOIR, Catherine Bilodeau et Thomas Bourdon, en vue de la prochaine édition qui se tiendra le 11 août.

1. Vous êtes deux jeunes personnes qui ont décidé de se lancer dans l’aventure qu’est celle d’organiser un festival multidisciplinaire d’un jour à Montréal. Pouvez-vous nous parler un peu du parcours qui vous a menés à la première édition de SOIR en 2016?

T: «Le désir de créer un évènement culturel hors des circuits traditionnels, qui présenterait le travail d’artistes émergents et très émergents, dans une ambiance moins formelle que les festivals que nous voyons ailleurs.»

«Ça a démarré tranquillement d’une idée qui ressemblait à peu près à ça, et plus on avançait dans le projet, plus ça a pris de l’ampleur, de l’importance, du temps, jusqu’à ce qu’on décide de s’y mettre pour vrai, voyant le potentiel que ça avait. On a donc travaillé comme des petits fous, pris des chances et créé un évènement sur lequel nous-mêmes on n’avait pas complètement le contrôle (tellement de gens impliqués, de chances qu’on a prises, etc.)»

C: «C’est le fruit de plusieurs longues discussions parfois critiques, parfois non, sur le milieu culturel à Montréal, et en général. On avait envie d’offrir quelque chose d’accessible à tous qui ne plaçait pas nécessairement l’œuvre sur un piédestal par rapport au spectateur. On voulait que tout le monde se sente à l’aise d’assister et de se confronter à l’art. Nous cherchions aussi à bâtir un réseau d’entraide entre les disciplines, de forcer un impact et un décloisonnement entre chaque forme artistique.»

2. Le festival s’inspire des célébrations communautaires First Fridays d’Oakland aux États-Unis. Pourquoi avez-vous eu envie d’adapter ce concept pour les Montréalais?

T: «Plutôt Catherine que moi, comme je n’ai jamais visité l’évènement. Je crois que ce qui m’a charmé de ce concept, c’est l’aspect communautaire, DIY et spontané de cette manifestation artistique. Il faut qu’il y ait une part de hasard et d’imprévu pour que des choses vraiment significatives se produisent dans un évènement.»

C: «C’est une expérience et un moment magique que j’ai vécus lorsque j’ai assisté à l’un des First Fridays à Oakland. De porte en porte, on tombait dans un univers artistique complètement différent, et lorsque nous déambulions dans la rue, on se confrontait à un artiste tatoueur, un rappeur et/ou encore à un artiste folk.»

«On parle souvent d’avoir une ligne directrice claire et artistique, et pour la première fois, cette effervescence de disciplines donnait droit à tout en même temps, ainsi qu’aux festivaliers qui peuvent errer entre chacune des prestations. Bien entendu, SOIR est très différent des First Friday, de par un certain contrôle (parité hommes — femmes, représentation de toutes les disciplines, etc.) que nous appliquons. Et, de par le fait que la rue ne soit pas bloquée et que nos prestations ne prennent pas place dans des galeries d’art ou des centres d’artistes, mais dans des locaux commerciaux.»

3. Avec SOIR qui arrive à grands pas le 11 août prochain, il y a sûrement des choses que vous prévoyez faire différemment de l’an dernier. Quelles sont les plus grandes leçons que vous avez tirées de la première édition du festival?

T: «Sur le plan organisationnel, un million. Plus de préparation, essayer de faire les choses de façon un peu plus sérieuse (mais pas trop), surtout pour les aspects sécuritaires et financiers.»

C: «En fait, c’est que notre premier festival, c’était littéralement le premier évènement que nous organisions (même à petite échelle). On n’avait jamais touché à rien d’organisationnel ou de culturel auparavant, alors la liste serait longue en TA.»

4. La programmation 2017 est ambitieuse: de l’art visuel à la musique en passant par des performances artistiques en tout genre, tout ça en une soirée seulement! Qu’est-ce qui motive votre sélection d’artistes qui participent au festival?

T: «Sur le plan artistique, je crois que c’était très important pour nous d’ajouter un volet danse, de travailler autant que possible à créer un parcours mettant sur un pied d’égalité toutes les disciplines (pas nécessairement la musique en avant-plan), de présenter le travail d’artistes mieux établis, mais toujours dans l’optique de faire dialoguer les générations et de faire profiter de la visibilité à tout le monde.»

«On a fait un appel de projets gratuit et ouvert à tous aussi pour essayer d’aller chercher le plus de monde là-dedans. Présenter le travail de nouveaux artistes ou de pratiques que l’on voit moins souvent, de gens audacieux, et essayer d’édulcorer le moins possible le contenu présenté.»

C: «On a aussi fait l’effort d’avoir une parité hommes-femmes la plus équitable possible. Sinon, ce qui motive souvent notre sélection, c’est le match poétique entre l’artiste et le commerce au sein duquel il veut présenter son travail.»

5. Vous avez également collaboré au tout nouveau festival Santa Teresa, ainsi qu’à l’espace multidisciplinaire éphémère que fût l’Espace des Mêmes sur Saint-Laurent. En plus d’avoir le projet de transporter SOIR dans Hochelaga-Maisonneuve dès octobre, pourquoi est-ce important pour vous de mener à bien ces projets artistiques indépendants?

T: «Pour plusieurs raisons: augmenter la portée de notre mission (faire rayonner la relève et les formes d’art émergentes, créer un réseau multidisciplinaire, présenter l’art dans des contextes alternatifs et non traditionnels), essayer de créer plus de ponts entre les disciplines artistiques, surtout la musique et le reste. Toujours sur un pied d’égalité et dans une optique de partage. Nous occuper à l’année aussi, en attendant que le festival prenne son vrai envol. Notre rêve, ça serait une édition de SOIR par saison, dans quatre quartiers différents de Montréal.»

C: «Je pense que c’est aussi parce qu’on aime ça rencontrer de nouveaux artistes et participer à de nouveaux projets. Alors, tant qu’à avoir le temps, pourquoi pas?»

Pour consulter nos précédentes chroniques «Dans la peau de…», visitez le www.labibleurbaine.com/Dans+la+peau+de…

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