«Per te» de Daniele Finzi Pasca au Théâtre Outremont | Bible urbaine

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«Per  te» de Daniele Finzi Pasca au Théâtre Outremont

«Per te» de Daniele Finzi Pasca au Théâtre Outremont

«Pour toi»: un spectacle touchant et poétique

Publié le 28 octobre 2019 par Olivia Gomez

Crédit photo : Compagnie Finzi Pasca

Daniele Finzi Pasca, directeur et metteur en scène des spectacles Corteo et Icaro, est de retour à Montréal pour nous présenter son plus récent spectacle Per te («Pour toi»). C'est une œuvre abstraite et intime dédiée à Julie Hamelin, son épouse et cofondatrice de la Compagnie Finzi Pasca, décédée en 2016. Ce spectacle nous transporte dans le monde de Julie, au coeur de son jardin secret, de ses créations et de ses pensées. En même temps, Per te nous emmène à nous questionner sur la signification de la vie et sur la façon de continuer son chemin lorsqu’un être cher nous quitte à jamais.

«On est à trois mois de la première!»

Sur la scène, on voit un banc rouge et une grande toile qui donne l’effet d’un ciel infini avec des nuages. Evelyne Laforest entre sur la scène et crie: «On est à trois mois de la première!»

Elle s’assoit sur le banc et nous raconte la création d’un spectacle de la Compagnie Finzi Pasca, qui avait créé une résidence au Théâtre du Lac à Lugano. À trois mois de la première, Julie est décédée d’une maladie cardiaque.

L’artiste continue à nous parler et nous conte des histoires, des anecdotes et, petit à petit, elle nous emmène à découvrir l’univers et le jardin secret de son amie disparue. «Julie disait qu’on devrait tous avoir un jardin secret où l’on peut se ressourcer et où l’on peut créer».

Puis, on s’est rapidement retrouvé immergé dans cet univers de création, et on a même pu ressentir un doux vent qui faisait bouger les toiles colorées présentes sur la scène au rythme de la musique angélique de Maria Bonzanigo. On a vu des artistes qui portaient de grandes armures en métal et qui bougeaient avec difficulté. J’ai eu la sensation que l’armure était lourde et qu’elle empêchait le mouvement des artistes; on aurait dit que chaque pas était une épreuve en soi. Heureusement qu’ils n’ont pas porté l’armure tout au long du spectacle!

Par la suite, on a aussi pu apprécier des moments rigolos, des danses cocasses, et quelques performances d’acrobaties et de cerceaux. Il y avait aussi des scènes théâtrales fort intéressantes, interprétées par les artistes de la compagnie. Cependant, il était difficile d’entendre les textes, car les armures généraient beaucoup de bruit. C’était dommage, car on perdait la notion et la signification des textes qui, sûrement, étaient bien touchants.

La scénographie, pour sa part, était composée de projections et d’éléments signés Daniele Finzi Pasca. On a pu apercevoir des anges et des petits sacs volants qui ont taquiné notre imagination; était-ce des papillons blancs? Ou des petits oiseaux blancs? On a aussi vu de la neige et des boules rouges qui se comportaient exactement comme des feuilles d’automne.

On y  voyait les régisseurs, les changements de costumes et toute l’activité derrière la scène; c’était comme si l’on assistait à une répétition générale; c’était chaleureux.

Par contre, il y avait beaucoup de mouvements sur la scène, et parfois je ne savais pas où regarder.  Je perdais le fil conducteur d’une scène à l’autre, et j’avais l’impression d’être prise dans un sans fin d’idées intéressantes, mais qui n’étaient pas structurelles ensemble.

C’était comme une écriture automatique qui, parfois, n’offrait aucun sens, mais qui, paradoxalement, était riche en significations. Peut-être que cet effet a été créé ainsi par Daniele Finzi Pasca dans le but  précis de nous déstabiliser, de nous faire sortir de notre zone de confort, comme spectateur, et de nous immerger dans le monde intime de Julie, dans sa création et dans façon de voir les choses.

L’essence de Per te

Le moment le plus touchant et bouleversant de ce spectacle s’est déroulé lors de la deuxième partie, alors qu’Evelyne Laforest a questionné l’artiste Beatriz Sayad (qui portait alors des ailes d’anges): «Quel nom donnons-nous à la tristesse? Quel nom donnons-nous à la perte d’un être cher? Quand on perd un mari, on est veuve, mais quel nom donnons-nous quand l’on perd un enfant, un père ou un ami?»

Ces questionnements ont résonné dans mes oreilles, et j’ai alors réalisé la signification de cette œuvre. Julie n’est plus ici, mais la Compagnie Finzi Pasca nous a fait découvrir son monde, son jardin secret, et cela m’a permis de réaliser qu’il y a toujours de l’espoir, et que même si nos êtres chers sont partis, ils resteront à tout jamais avec nous.

Per te, c’est une œuvre d’une poésie immaculée qui vous fera vivre l’amour et la magie de l’univers de cette Julie disparue.

«Per te» de la Compagnie Finzi Pasca en images

Par Compagnie Finzi Pasca

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