Peter Hook & The Lights au Théâtre Fairmount de Montréal | Bible urbaine

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Peter Hook & The Lights au Théâtre Fairmount de Montréal

Peter Hook & The Lights au Théâtre Fairmount de Montréal

Accroché au passé?

Publié le 28 novembre 2016 par Marie-Eve Linck

Crédit photo : Marie-Eve Linck

Une salle pleine, pour un concert affichant complet, attendait impatiemment que Peter Hook, le bassiste des mythiques groupes Joy Division et New Order, fasse son entrée pour donner ce qui aura été un spectacle simple, humble mais très généreux. Ce dernier a semblé ravir les fans du célèbre bassiste de Manchester.

Pour ceux et celles qui n’ont jamais entendu parler de l’une de ses formations, Joy Division est né à la fin des années 70 et est maintenant considéré comme les parrains du rock gothique, par leur rock lent et lourd, mais surtout par les textes sombres et la voix d’outre-tombe du chanteur.

Cette étiquette s’est cristallisée après le suicide du jeune chanteur Ian Curtis en 1980. Ce qui restait du groupe a alors décidé de se réincarner en créant New Order qui, dans les débuts, demeurait très près musicalement de Joy Division. Rapidement, le trio devenu quatuor s’est tourné vers l’électro, pour ensuite faire danser les gens partout dans le monde.

Si vous vous demandiez où était le reste du groupe hier, il faut savoir que depuis la séparation de New Order, il existe une grande division, pas de joie celle-là, entre Hook et les autres membres, qui se sont même retrouvés à maintes reprises en cour, la dernière fois en 2015.

En ce dimanche soir, il n’y avait pas de première partie, pas de flaflas sur scène, pas de décor, pas de scéno, juste un éclairage minimaliste lors des premières chansons. Hooky est arrivé en jeans, avec le t-shirt de son band, accompagné de ses musiciens, presque tous issus de son ancien groupe Monaco, à l’exception de son fils Jack Bates, lui aussi bassiste.

Il fallait savoir que le concert en était un hommage, ou même concept, qui reprenait l’album Substance de New Order, paru en 1987, et l’album Substance (Joy Division 1977-1980), compilation parue en 1988. Pas sûre que c’était clair, certains spectateurs attendant du Joy Division semblaient un peu déçus au début… Les deux groupes sont quand même assez loin musicalement.

Quand Hook est monté sur la scène, il a salué la foule, mais a d’abord pris le temps de souligner la présence d’une dame âgée d’une soixantaine d’années parmi les jeunes à l’avant, en disant: «That’s a true rocker!» Puis il a joué trois premiers morceaux datant de la première époque de New Order, question de réchauffer la salle qui s’est réveillée au moment où les musiciens ont entamé la première chanson de Substance, «Ceremony», soutenue par des éclairages plus élaborés.

Ils ont offert, dans l’ordre, les douze chansons de l’album, transformant le Théâtre Fairmount en piste de danse. Les douze morceaux de l’album, comme les douze ans de sobriété que fêtait hier Peter Hook. Il avait d’ailleurs l’air très en forme. Et heureux, échangeant souvent des sourires avec son guitariste David Potts. Ce dernier a fait office de chanteur pour plusieurs des chansons de New Order, et malgré qu’il n’ait pas une voix incroyable, il chante mieux que Hooky et même que Bernard Sumners, le réel chanteur de New Order…

Néanmoins, ça semblait laborieux pour tous les musiciens en ce qui concernait le chant. Ce sont principalement des musiciens, pas des chanteurs, et ça paraissait. Leur prestation musicale était très solide, autant pour les morceaux de New Order que pour ceux de Joy Division. Mention au batteur qui a recréé à la perfection le son du groupe d’Ian Curtis. Et même le son (pas particulièrement le point fort de la salle) était en général très bon, surtout à l’avant.

Alors, après avoir joué l’album Substance de New Order au grand complet, avec ses hits tels que «Blue Monday», «Bizarre Love Triangle» ou «True Faith», finissant même avec «1963», issu du deuxième disque de l’album en version double, on a eu droit à un entracte d’une quinzaine de minutes avant la présentation de la compilation Substance de Joy Division.

Et là, on a plongé dans un autre univers. Exit les danseurs d’électro, place au rock lourd. Tout de Joy Division y était; musicalement, c’était excellent, mais Peter Hook ne sera jamais Ian Curtis; il n’a ni sa voix ni sa présence. Ce n’était toutefois pas une raison de bouder son plaisir. Encore une fois, l’album a été joué dans l’ordre, la salle réagissant aux classiques comme «Transmission», «She’s Lost Control» et «Dead Souls», entre autres.

Puis Hook a dédié la chanson «Atmosphere» au batteur des Inspiral Carpets, autre groupe important de Manchester, décédé il y a à peine une semaine. Et, finalement, tel un hymne chanté en chœur par la foule, la soirée s’est terminée avec «Love Will Tear Us Apart». Après plus de deux heures de musique teintée d’un brin de nostalgie, chacun est rentré chez soi, se trouvant chanceux d’avoir assisté à ce moment mythique qui, si on en croit Peter Hook, ne se reproduira plus jamais.

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Par Marie-Eve Linck

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