«Phenomena» d'Ismaël Mouaraki à l'Agora de la danse | Bible urbaine

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«Phenomena» d’Ismaël Mouaraki à l’Agora de la danse

«Phenomena» d’Ismaël Mouaraki à l’Agora de la danse

La découverte d’un nouveau monde pour célébrer les 15 ans de création de la compagnie Destins Croisés

Publié le 18 mars 2019 par Emeline Descharles

Crédit photo : David Wong

C’est à l’Agora de la danse que le public s’installe, se regardant, prenant place en deux gradins face à face, lesquels sont séparés par un grand tapis de danse rectangulaire sur lequel vont évoluer les cinq interprètes: Audrey Bergeron, Geneviève Boulet, Félix Cossette Levasseur, José Flores et Geneviève Gagné. Nous nous observons les uns, les autres. Soudain, la salle plonge dans le noir, laissant apercevoir des corps au sol, dispersés le long de l’espace scénique. Au-dessus de chaque corps, une douche de lumière se dessine comme-ci ces derniers venaient d’être déposés depuis un vaisseau ou un ciel divin. Nous les observons; ils sont là, les yeux fermés, immobiles, devant nos yeux; vulnérables.

Une trame sonore évolutive englobe l’espace. Les interprètes se mettent à s’éveiller au bout de quelques longues minutes. D’abord, par de petites secousses, puis ils se mettent à ouvrir les yeux et à découvrir l’espace qui les entourent. Leur gestuelle devient alors très «robotique», introduite par des déplacements et des pivotements par à-coups.

De manière saccadée, ils évoluent dans l’espace, se déplacent de manière absurde, comme de nouvelles créatures que l’on découvre et qui nous découvrent également. Leurs yeux se rivent sur les spectateurs et emmènent leur corps encore hésitant à se pencher de plus près pour découvrir ce monde qui les observe. Une véritable relation entre le spectateur et l’interprète se fait alors ressentir lorsque l’on brise le quatrième mur.

De leurs grands yeux attentifs, ces créatures sont à la recherche d’une gestuelle plus fluide, plus souple. L’empathie est également un élément moteur de la pièce, car en effet, les interprètes s’influencent entre eux, mais aussi par le spectateur. La main est un élément symbolique; c’est par elle que les danseurs viennent ressentir l’énergie du spectateur; ils utilisent ce toucher qui laisse croire à son impact sur les mouvements des interprètes.

La fluidité s’est alors installée sur scène dans une douce poésie. La délicatesse est présente du début à la fin, que ce soit au sein du groupe de danseurs ou entre ces derniers et leurs observateurs. Cette relation triangulaire très empathique est très touchante.

Une fusion entre les danses urbaines comme le break ou le popping font leur apparition au fil du processus dans une belle virtuosité de la part des danseurs. D’un élan de légèreté, ils enchaînent les acrobaties au sol, sur les mains… tout en contrôle de leur mouvement.

Un souffle de légèreté sur le plateau s’immerge et fond doucement lorsque les interprètes redeviennent «créatures» ou «robots». Un immense nuage de lumière flotte au-dessus d’eux et les rayons réapparaissent sous forme de douche lumineuse les emportant de nouveau loin de ce monde qu’ils viennent de découvrir.

Pour ce spectacle, les danseurs sont vêtus d’un costume rose pâle mêlé à du blanc simple et épuré. Les mouvements sont fluides et en continuité permanente, l’énergie passant d’un corps à l’autre comme un transfert. Ce déploiement énergétique du mouvement est très bien accompagné par la trame musicale d’Antoine Berthiaume. Cette dernière se voile tranquillement dans l’univers, accompagnant les danseurs. Côté scénographie, rien de superflu, juste un éclairage guidant le regard du spectateur et permettant de petits effets de surprises lorsque les interprètes se retrouvent face à nous.

Phenomena, un langage contemporain épuré dans une diversité d’état de corps parfaitement interprété. Ismaël Mouaraki a su transporter le public de l’Agora de la danse dans un univers parallèle le temps d’une soirée.

«Phenomena» d'Ismaël Mouaraki en images

Par David Wong et Vanessa Fortin

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