Pierre Lapointe à l'Usine C: «Pour déjouer l'ennui» en toute intimité | Bible urbaine

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Pierre Lapointe à l’Usine C: «Pour déjouer l’ennui» en toute intimité

Pierre Lapointe à l’Usine C: «Pour déjouer l’ennui» en toute intimité

Une soirée en douceur et en simplicité

Publié le 28 février 2020 par Virginie Chauvette

Crédit photo : Sébastien Buchy

L'auteur-compositeur Pierre Lapointe s'installait cette semaine sur la scène de l'Usine C pour cinq soirs consécutifs pour une résidence où il souhaite proposer un «spectacle tout doux» dont les pièces jouées sont majoritairement tirées de son plus récent album Pour déjouer l'ennui.

Celui qui a été honoré du titre d’officier des arts et des lettres par la République française il y a quelques jours à peine s’est présenté devant nous en nous lançant: «Je me sens beaucoup plus important qu’avant… Surtout quand j’étais dans le métro tantôt». Déjà, le ton honnête et humoristique qui allait habiter la soirée prenait place.

Après avoir débuté sa prestation en toute sobriété avec «Amour bohème», pour «Tatouage», le deuxième morceau du concert, les rideaux se sont ouverts sur une scène ornée de tissus pailletés et d’une imposante boule disco. À travers ce décor kitsch qui m’a fait sourire prenaient place les quatre musiciens, qui nous ont été présentés sans plus attendre.

Un lot d’anecdotes savoureuses

Philippe Brault, aux basses, Félix Dyotte et Joseph Marchand, aux guitares, et José Major, à la batterie et aux percussions, nous ont chacun impressionné par la maîtrise de leur art, mais aussi ému et-ou fait rire avec leur minute de prise de paroles que leur offrait Pierre Lapointe, où hommages et anecdotes savoureuses nous permettaient de découvrir une partie de l’humain derrière l’instrument.

À mon grand bonheur, nous avons eu droit à ce même genre de découverte en ce qui concerne Pierre Lapointe lui-même. Alors que je m’étais déplacée pour me laisser bercer au son de ses chansons douces et apaisantes, j’ai été heureuse de découvrir l’humain derrière le chanteur, soit l’homme sophistiqué, mais qui garde les deux pieds sur terre; l’homme sensible, tantôt coquin, tantôt drôle, qui se qualifie de punk parce qu’il se met parfois du vernis à ongles. «Moi la norme… pff!», a candidement lancé le sophistiqué rebelle. Vraiment attachant, ce Pierre Lapointe!

Le chanteur, tout au long de la soirée, nous a confié plusieurs anecdotes expliquant la naissance de certains morceaux. On y a appris, notamment, que Daniel Bélanger avait composé la musique des chansons «Vivre ma peine» et «Une lettre» (l’amalgame de leurs deux styles est d’ailleurs magnifique).

Il nous a aussi confié avoir eu peur de passer pour et je cite «un vieux criss de cochon», alors qu’il avait donné rendez-vous à l’hôtel à Hubert Lenoir et à son frère Julien (formant le groupe The Seasons) afin de composer un morceau. Sur un ton rieur, il nous a assuré que rien ne s’était passé, mis à part la magnifique chanson «Déjouer l’ennui», qui donna d’ailleurs le titre à son plus récent album.

De la musique qui console

Malgré ce lot de confidences drôles et savoureuses, ce qui prenait le dessus, ce sont surtout des histoires d’amour, qui malheureusement n’ont pas réussi à vivre indéfiniment. Ce sont ces histoires qui se retrouvent sur le nouvel album de Pierre Lapointe. Des textes de coeur brisé, mais accompagnés de mélodies qui bercent, qui consolent et qui rappellent par moments de vieilles chansons françaises où s’entremêlent quelques influences des Caraïbes, de bossa nova ou de samba.

Pleine, sans faille et la plupart du temps toute en douceur, la voix unique du chanteur nous a impressionnés à quelques reprises par sa puissance peu souvent exploitée, notamment lors des chansons «Amour ou songe», composée à la base pour David Marineau, l’un des finalistes de son équipe à La Voix, et «Le retour d’un amour», tirée de son précédent album.

Pour leur part, les musiciens ont eux aussi brillé, complémentant avec justesse la douceur omniprésente de la soirée, et soutenant habilement les moments puissants qui ont été livrés, en plus d’offrir de magnifiques harmonies complétant la voix singulière de Lapointe.

La soirée s’est terminée avec les succès «Nos joies répétitives» et «Deux par deux rassemblés». Sur cette dernière, le chanteur et son quatuor de musiciens se sont assis en avant-scène, jouant la chanson en formule acoustique, en invitant le public à chanter avec eux. Les spectateurs, qui étaient restés silencieux et contemplatifs pendant l’entièreté du spectacle, se sont alors joints aux artistes lors d’un moment qui nous a rassemblés, comme le propose le titre de la chanson!

Pierre Lapointe, avec son spectacle Pour déjouer l’ennui, nous ouvre son coeur et nous propose un moment intime, apaisant et magnifique. Je ne regrette aucunement d’avoir accepté son invitation à la douceur.

«Pour déjouer l'ennui» à l'Usine C en images

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Par Sébastien Buchy

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