«Pour» de Daina Ashbee avec Paige Culley à l'Agora de la danse | Bible urbaine

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«Pour» de Daina Ashbee avec Paige Culley à l’Agora de la danse

«Pour» de Daina Ashbee avec Paige Culley à l’Agora de la danse

Un cri déchirant et puissant

Publié le 6 mai 2019 par Olivia Gomez

Crédit photo : Daina Ashbee

Pour est une œuvre captivante et déstabilisante qui nous confronte à la réalité des femmes, lesquelles sont tantôt vulnérables, tantôt violentes. Ce spectacle nous laisse heureusement entrevoir l'idée qu'il y a toujours une place pour le bonheur. La chorégraphie à laquelle nous avons assisté est une création de l’artiste et interprète Daina Ashbee, gagnante du Prix de la danse de Montréal et du prix du CLAQ pour la meilleure œuvre chorégraphique de la saison 2015-2016. Elle est également reconnue comme étant l’une des chorégraphes les plus prometteuses de sa génération. L’interprétation est de Paige Culley, gagnante du prix «DÉCOUVERTE» des Prix de la danse de Montréal. Pour est sans aucun doute une œuvre qui frappe de plein fouet nos émotions en les éveillant et en les transformant en réflexions et en questionnements.

La vulnérabilité, la force et l’inconfort exposés à leur état pur

L’Espace Bleu nous accueille dans une pièce obscure où on a peine à percevoir une silhouette qui bouge rapidement. Il n’y a pas de musique. Plutôt des cris aigus et stridents qui causent un certain malaise chez les spectateurs. Le noir s’approfondit, les cris cessent enfin et un silence imposant s’installe dans la salle.

Un instant après, les lumières s’allument rapidement, comme un effet de flash, aveuglant ainsi notre regard qui se rétablit petit à petit pour se positionner face au corps semi-nu de l’interprète Paige Culley. La scénographie minimaliste (une grande toile blanche et huileuse déposée au sol) fait focaliser notre attention sur la puissante performance de l’interprète. Portant seulement un jeans, elle se place près de la première rangée et nous inflige sa présence à travers un regard pénétrant et questionneur.

Ses yeux bleus, balayant l’espace de gauche à droite, confrontent et dévisagent les visages du public. On pouvait presque ressentir, à ce moment-là, un certain malaise qui nous forçait à éviter de croiser son regard.

Toujours en silence, l’interprète se glisse doucement sur le sol et enlève son pantalon, laissant son corps dans la simplicité de sa nudité. On y voit un être humain vulnérable qui souffre et qui exprime un certain malaise à travers des positions déstabilisantes. L’interprète fait une danse cyclique en se roulant avec son corps; chaque mouvement est une épreuve en soi, chaque respiration est une difficulté à surmonter, qui éveille la sensibilité du spectateur.

Après avoir fait tout le tour de la scène, Paige Culley se pose au milieu de la toile blanche et bouge brusquement; elle frappe le sol avec son dos, ses bras et son ventre, et ses jambes font résonner un son de violence qui perce les oreilles du public. Un son qui n’est pas très loin de la réalité… Après avoir repris son souffle, l’interprète crie autrement. Elle se met debout et marche dos au public, laissant entrevoir à nos yeux une danse remplie de réflexion et d’espoir.

Pour possède une noblesse de parole et une richesse de significations. On peut percevoir ces dernières à travers un corps dénudé qui se libère pour nous parler sans tabous de la douleur, de l’inconfort et des tourments auxquels les femmes sont confrontées dans notre société.

Paradoxalement, c’est une oeuvre où l’on y voit de la beauté; celle de la création pure, qui prend la forme d’une danse, d’un mouvement cyclique, qui nous transmet des messages puissants, pleins d’espoir.

«Pour» de Daina Ashbee à l'Agora de la danse en images

Par Daina Ashbee

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