Rhye et Haerts au Théâtre Corona Virgin Mobile | Bible urbaine

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Rhye et Haerts au Théâtre Corona Virgin Mobile

Rhye et Haerts au Théâtre Corona Virgin Mobile

Langueurs jazz sur fond mystico-électro

Publié le 9 juin 2015 par Marie-Hélène Proulx

Crédit photo : Marie-Claire Denis

Après une introduction bien menée par les sonorités vocales d'une puissance bien maîtrisée de Nini Fabi, la chanteuse indie pop du groupe Haerts, Rhye a fait le choix de baigner les spectateurs, dès ses premières notes, dans une atmosphère presque mystique, avec une prestation mêlant l'électro, les violons et le trombone sur fond de luminosité bleutée. Pourtant, même à travers ces jeux d'ombres et les nombreux moments d'improvisation par lesquels Rhye prolonge son court répertoire, tout n'est que justesse et précision sur le plan musical.

En ressentant les effets de l’harmonie si bien maintenue par le chanteur Michael Minosh et les musiciens qui l’entourent, difficile d’oublier une seconde qu’il baigne dans le jazz depuis l’enfance. Son principal partenaire de jeu et second membre du duo, Robin Braun, s’est fait plus discret. Mais cette discrétion, loin d’être un effacement derrière la rythmique électronique, a plutôt pris la forme d’ajouts, ici et là, de notes saisissantes et inusitées qui jamais n’ont fait ombrage à l’exceptionnel talent des accompagnateurs, et encore moins à la voix phénoménale de Milosh, dont l’étonnante proximité du féminin fait courir une grande partie des admirateurs.

Dans «Major Minor Love», qui constitua la quatrième pièce de leur prestation, Milosh chante «I’ll help you find gentle pain thats runs through your vein». En le chantant, Rhye ne nous a pas entraînés jusqu’à la douleur, mais y a tout de même poussé la langueur à son paroxysme, par ses explorations électro, auprès d’une foule déjà bien échauffée par l’utilisation nostalgique du violon et du piano, cela lors de la très attendue «Last Dance», juste avant. Et l’effet de la tension dramatique a semblé se maintenir puisque «Major Minor Love» se conclura par les hurlements de la foule. Mais l’intensité déjà remarquable de cette réaction n’a par atteint celle à laquelle s’est livré le public, au terme d’un silence presque sacré, au terme du succès «Open».

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Le seul moment où la suavité a semblé laisser les spectateurs inassouvis est la finale où, après «It’s Over», qui fut bien accueillie par le public, les applaudissements de rappels, devenus presque enragés, n’ont jamais porté leurs fruits. Finalement, malgré l’effet de transe que Milosh semble avoir sur son public, et même s’il a parlé de son affection pour Montréal au point de s’en inspirer pour une chanson, interprétée à grand renfort de tambours, celui-ci s’est révélé plutôt laconique et apparemment peu désireux de prolonger sa soirée sur la scène montréalaise.

Heureusement, Nini Fabi avait fait preuve d’un plus grand don d’elle-même en première partie. Et en plus d’être généreuse, elle devait être forte puisque toute l’identité de son groupe ne semblait passer que par la force qui habite son souffle. Mais Nini donne ce que l’on attend d’elle , et même plus qu’aucun enregistrement ne pourrait le faire. Chez les spectateurs venus pour Rhye, elle a su susciter une écoute attentive et même quelques cris d’éloge, ce qui est un bel exploit pour une première partie.

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