«Rose of Jericho» de Skeels Danse: sensualité des corps et sentiment de communauté | Bible urbaine

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«Rose of Jericho» de Skeels Danse: sensualité des corps et sentiment de communauté

«Rose of Jericho» de Skeels Danse: sensualité des corps et sentiment de communauté

Doux méli mélo de corps à la Cinquième Salle de la Place des Arts

Publié le 13 octobre 2017 par Léa Villalba

Crédit photo : Photo © Damian Siquieros. Interprètes Alisia Pobega et Brett Andrew Taylor

Le chorégraphe américain Andrew Skeels est de retour, en collaboration avec Danse Danse, pour présenter une nouvelle création originale qui s'intitule Rose of Jericho. Avec son bagage artistique qui touche à la fois au classique, au breakdance et au contact impro, l’artiste a construit une pièce envoûtante traitant de la pollinisation transculturelle. Sept talentueux interprètes se partagent alors la scène pendant un peu plus d’une heure et nous livrent habilement et devant nos yeux son propos.

Un hymne au partage et à l’amour

Pour sa pièce, Skeels s’est inspiré de la rose de Jéricho, une plante du Moyen-Orient, comme métaphore du mélange multiculturel qui s’est opéré il y a longtemps. Accompagné par la musicienne Sussan Deyhim et le designer Wilber Tellez, le chorégraphe a créé un décor semblable à une terre craquelée sur lequel les interprètes évoluent et dévoilent leur singularité dans l’appartenance à une communauté.

Dans une brume continuelle et des amas de tissus bruns, les interprètes, qui semblent démunis tout le long de la pièce, découvrent peu à peu le contact à l’autre ainsi que ses bienfaits. C’est alors à plusieurs qu’ils arrivent à se déplacer et à avoir une fluidité remarquable. Seuls, ils tombent dans l’ennui, la cachette ou la colère.

Ce sont alors des combinaisons de corps qui se sont créés sous nos yeux et qui ont construit une harmonie physique organique et sensuelle. C’est donc dans la douceur et le partage que les interprètes ont agi entre eux et ont transmis à l’audience ce caractère de communauté, de bienveillance les uns sur les autres et, certainement, de tolérance.

Une gestuelle tendre et finement interprétée

Dans son univers mystérieux et envoûtant, l’artiste a surtout voulu jouer avec les corps. On a alors pu savourer une gestuelle souple, circulaire et parfois plus violente et saccadée. Durant toute la performance, les corps s’entremêlent et laissent place à des formes originales où le mouvement est imaginé pour sept corps à la fois.

Sur une musique d’inspiration perse, la fluidité était à son apogée et les chemins de corps employés, fascinants. Andrew Skeels a proposé des formes classiques de compositions chorégraphiques où un groupe et un contre point s’opposent, par exemple. On a aussi pu admirer plusieurs canons intéressants, où les interprètes, très proches, semblaient former une sorte de serpent très précis dans ses directions et son rythme. Les corps des interprètes s’épousaient les uns les autres durant toute la pièce et n’ont fait qu’un avec le sol sur lequel ils glissaient, tournaient, s’étalaient avec une douceur sans pareil.

Malgré un décor peut-être sous-exploité et des moments de mouvements saccadés qu’on oublie plus rapidement, on a pu rentrer dans un univers où le rassemblement précis et extrêmement insaisissable des corps a fasciné le public et l’a fait se lever, en grande partie, au cœur de la Cinquième Salle.

L'événement en photos

Par Photo © Damian Siquieros. Interprètes Alisia Pobega et Brett Andrew Taylor

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