The National à l'Esplanade du canal Lachine de Montréal: prestation d'une grande intensité malgré quelques inégalités | Bible urbaine

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The National à l’Esplanade du canal Lachine de Montréal: prestation d’une grande intensité malgré quelques inégalités

The National à l’Esplanade du canal Lachine de Montréal: prestation d’une grande intensité malgré quelques inégalités

Publié le 14 juin 2013 par Laurence Lebel

Le groupe américain The National était de passage hier soir sur l’Esplanade du canal Lachine pour nous présenter les chansons de son plus récent album Trouble Will Find Me. Le groupe canadien The Barr Brothers assurait quant à lui la première partie du spectacle.

The National

Le groupe brooklynois est monté sur scène vers 20h45, soit un peu après qu’un court extrait vidéo qui montrait les coulisses du spectacle soit présenté aux spectateurs. Dès leur entrée sur scène, la foule surexcitée a acclamé Matt Berninger et sa bande par une tonne de cris et applaudissements. Les premières notes de «We Should Live in Salt» se sont faites entendre, et donnaient d’emblée le ton à une soirée haute en émotions.

The National a offert une bonne brochette de ses plus grandes chansons telles que «Bloodbuzz Ohio», «Conversation 16», «Fake Empire», «About Today», «England» et même «Abel», une chanson tirée de l’album Alligator.

Les fans des premières heures ont été ravis, mais les nouveaux n’ont pas non plus été laissés en reste. Le groupe a servi plus de neuf chansons de Trouble Will Find Me, dont «Don’t Swallow the Cap», «Pink Rabbits», «I Need My Girl», «This is the Last Time», «Humiliation» et «Graceless». D’ailleurs, il était très intéressant d’observer à quel point les nouvelles compositions du groupe se mariaient très bien avec leur plus vieux répertoire des albums Boxer et High Violet. Toutes se complétaient à merveille et rien n’était décousu.

Là où l’atmosphère se gâtait parfois, c’est dans l’inégalité de la performance vocale de Matt Berninger. À certains moments, sa voix ténébreuse venait vibrer au plus profond de nous, mais à d’autres moments, elle se perdait complètement dans l’ensemble. Ce qui fait la force de The National, en plus de la composition musicale texturée et recherchée, est bien entendu la voix caverneuse de Berninger, mais lorsqu’elle est absente ou se perd dans la foulée, c’est le spectacle au grand complet qui en écope un peu. D’ailleurs, suite à la chanson «Pink Rabbits», Berninger a présenté Marcus Paquin, l’ingénieur et producteur associé de Trouble Will Find Me, et racontait à la foule qu’à chaque mauvaise note, celui-ci avait l’habitude de frapper Matt à la rigolade. Aaron Dessner, guitariste du groupe, s’est empressé d’ajouter que si ça avait été le cas, il aurait mérité quelques claques lors de l’interprétation de «Pink Rabbits». Oups…

Si le reste du groupe s’est fait assez discret lors du spectacle, Matt Berninger, quant à lui, a brillé par son intensité et sa fougue animale. Tel un lion en cage, il se promenait de long en large sur la scène en se frappant parfois le torse, parfois les hanches, ou en se cognant même la tête sur son micro. Il y est même allé d’une ballade au parterre lors de son interprétation de «Mr. November». L’interprétation de ses compositions le prend tellement aux tripes qu’il n’est pas rare de le voir s’époumoner en criant de toutes ses forces, par exemple, lors de «Squalor Victoria», qui était l’un des moments forts de la soirée. Ce regain d’énergie et d’urgence de vivre ajoute littéralement un pan supérieur au spectacle, et c’est là que la musique de The National prend véritablement tout son sens.

En spectacle, le groupe mise beaucoup sur la sobriété de la scène. Pas de décor ni d’éclairages trop pompeux et étourdissants, seulement le nécessaire pour laisser toute la place à la musique. Deux ou trois petites caméras étaient dissimulées sur la scène ici et là afin de projeter l’image du groupe sur grand écran. Quelques images se mêlaient aussi à travers le tout pour apporter un support visuel intéressant et en relation avec la chanson interprétée.

Un invité-surprise a aussi fait son apparition sur scène lors de l’interprétation de «Sea of Love». Richard Reed Parry (Arcade Fire) est venu, accompagné ses amis à la guitare, et a aussi joint le groupe à plusieurs reprises durant la soirée. Un atout intéressant et surtout pertinent étant donné l’esprit de collaboration qui existe entre les deux groupes.

Au moment du rappel, The National nous a offert les chansons «Humiliation», «Mr. November», «Terrible Love» et même «Sorrow» qu’ils ne semblent pas être lassés de jouer, malgré le marathon d’une durée de plus de six heures qu’ils avaient présenté lors d’un projet d’art contemporain il y a quelques mois de cela. Au final, la foule a pu entamer en cœur la chanson «Vanderlyle Crybaby Geeks», jouée cette fois-ci de façon acoustique et unplugged, qui a su aussi bien clôturer le spectacle d’hier soir que leur merveilleux album High Violet.

The Barr Brothers

Le blues-rock des frères Barr a bien réchauffé la foule et celle-ci était d’ailleurs ravie de revoir le groupe sur scène après une petite absence. Quelques chansons de leur premier album homonyme ont été jouées au bonheur de tous, dont «Beggar in the Morning», «Lord, I Just Can’t Keep From Crying» et la merveilleuse «Ooh, Belle» en guise de chanson de clôture. Le public a eu aussi droit à de nouvelles compositions pour le prochain album à paraître d’ici 2014. Brad Barr a discuté quelques fois avec la foule, la remerciant de s’être déplacée si tôt pour les voir jouer, mais aussi pour leur rappeler que le groupe serait en spectacle gratuit au Festival international de Jazz de Montréal le 29 juin prochain. Il a d’ailleurs promis une panoplie d’invités spéciaux au programme. À suivre…

Appréciation: ***1/2

Crédit photo: www.facebook.com/thenationalofficial

Écrit par: Laurence Lebel

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