Un «Blizzard» souffle sur la TOHU au solstice d’hiver | Bible urbaine

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Un «Blizzard» souffle sur la TOHU au solstice d’hiver

Un «Blizzard» souffle sur la TOHU au solstice d’hiver

Jusqu’au 5 janvier, Flip Fabrique raconte l’hiver aux petits et grands

Publié le 23 décembre 2019 par Gabrielle Lebeau

Crédit photo : Frédérique Ménard-Aubin

Le 21 décembre, à l’occasion du solstice, quoi de mieux que de se réconcilier avec l’hiver en assistant à un spectacle familial à la TOHU! Dans Blizzard, les artistes circassiens nous rappellent les coups durs, mais aussi les joies de cette saison, qui «n’est pas une saison, mais un mode de vie». Avec une musicalité précise, des changements de décors créatifs, une douceur enfantine et l’amour du ridicule, Flip Fabrique a su mettre le sourire aux lèvres des spectateurs enneigés (de confettis), fin prêts à retourner au grand froid!

Il faut l’avouer, le spectacle est fort bien ficelé: aucun temps mort n’alourdit la présentation. Les scènes filent l’une après les autres, et les décors se transforment chaque fois d’une façon créative sous l’œil fasciné du spectateur. Ou à son insu, lorsque son attention est captée ailleurs! Pour nous surprendre, Flip Fabrique amène même la coulisse en scène, dissimulée derrière un piano mobile, afin de permettre un changement de costume. Or, cette fois, un mauvais calcul de la disposition de la salle – en demi-lune autour de la scène rectangulaire – révèle le dispositif à certains spectateurs…

Reste que Blizzard impressionne par sa musicalité, à la fois jouée et dansée. La totalité des trames sonores sont jouées en direct sur la scène par le multi-instrumentiste Ben Nesrallah, dont le registre flirte entre musique classique et électronique. Chaque pas, chaque toucher se déposent en même temps qu’un son, qu’une note… Cette extrême précision est d’ailleurs l’une des qualités de la pièce. L’usage de chansons enregistrées a été privilégié pour certaines chorégraphies plus lyriques, mais la musique live, à bien y penser, aurait tout aussi bien pu soutenir l’ensemble de l’œuvre.

Il faut l’admettre, l’ensemble des numéros acrobatiques sont réussis: mains à mains, solos et duos avec les sangles, trampoline, trampo-mur… Lors de certaines acrobaties plus risquées, la proximité et la clarté de la scène permettent de percevoir, sur le visage de l’artiste, toute la concentration, toute la tension exigées… jusqu’à l’ultime soulagement, marqué d’un sourire-soupir, à l’atterrissage. Ces mimiques rendent le spectacle plus intime, mais aussi moins mystérieux.

En comparaison, le regard de marbre de l’un des artistes masculins lors des premières scènes du spectacle a su captiver l’auditoire: il est impossible de percer le mystère de ce corps puissant qu’aucun tressaillement ne traverse malgré la force dont il fait preuve en balançant une acrobate dans les airs. Celle-ci, comme sa consœur, déploie jusqu’au bout de ses orteils ses jambes parfaitement tendues. En contrepartie, l’ensemble des artistes, davantage acrobates que danseurs, ne projettent pas autant de tension et d’émotion avec le haut du corps, où le mouvement semble parfois bloqué avant d’avoir atteint le bout de leurs doigts.

Le spectacle Blizzard réchauffe les cœurs lors d’intermèdes comiques où les fous rires sont provoqués la plupart du temps par l’artiste-bouffon et souffre-douleur des chroniques sur l’hiver. Comment s’habiller en couches d’oignon, ou comment personne ne sait résister à la tentation de coller sa langue sur une surface glacée! Notre bouffon, mine de rien, a plus d’un tour dans son sac: acrobate avéré, il est aussi bon comédien et saura surprendre par la mobilité de ses hanches lors d’une danse tropicale!

Blizzard réchauffe aussi les cœurs en faisant appel aux souvenirs d’enfance de tout bon Québécois: par exemple, hurlements de joie lorsque, durant les jours de tempête, à l’écoute de la radio au petit matin, notre commission scolaire était enfin nommée…

Doux, léger et bien ficelé, ce spectacle fait exploser le quatrième mur pour embarquer les spectateurs, tous très participatifs, dans la grande aventure qu’est l’hiver québécois!

«Blizzard» de Flip Fabrique en images

Par Frédérique Ménard-Aubin

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